Face à l'amour, un couple frais et dispos, s'évertue à emprunter le chemin des écoliers pour trouver le bonheur

de Gerald Sibleyras

Mise en scène de Christophe Lidon

Théâtre du Montparnasse

31, rue du Montparnasse

75014. Paris

Une rencontre entre un homme et une femme, c’est une histoire banale. Enfin, cela devrait. Sur un quai de gare, Léon et Anita, assis, attendent leur tour pour acheter un billet. Premiers mots, premiers sourires, premières attentes. Rapidement, le rythme est pris, les rendez-vous ont lieu lors du passage de la jeune femme, dans les villes de province, où l’emmène son travail. Léon est  satisfait de cet arrangement. Leur relation, très physique,

est au pinacle.

 

Pourtant, un jour Léon s’égare. Sur les conseils de son ami, un célibataire malchanceux en amour, lui conseille de déclarer à Anita qu’il est marié. Ce mensonge va brouiller leur relation, créer un décalage, un creux, qu’Anita essaiera de combler. La partie de zig-zag, je reviens/ je ne t’attends plus, va commencer... Jusqu’à une nouvelle demande finale de rendez-vous amoureux, dans la même gare qu’au début.

Stéphane Freiss (Léon) affiche tout au long du spectacle, sauf lors de quelques rares épisodes où il sent le vent froid de la solitude sur ses épaules, un sourire charmeur et charmant qui donne le ton de cette comédie simple, pas toujours survoltée, mais convaincante. Il s'en exhale un parfum léger et suave. Une empathie immédiate peut naître pour les personnages. La jeune Elodie Navarre (Anita) joue sur le même registre que son partenaire: une grande facilité à être naturelle, tout en faisant preuve d’espièglerie, d’humour, parfois d’humeur.

 

Gerald Sibleyras a écrit, sous la forme de séquences courtes, l'histoire de cette rencontre plaisante  et agréable à suivre. Les seconds rôles sont bien plantés et joués par des acteurs -François Lépine, Stéphane de groodt, Didier Brice- de talent. L'auteur sait construire une intrigue, pimentée mais douce, légère mais consistante.

 

Toute les séquences n'ont pas la même intensité, mais le joyeux train lancé par l'auteur sur les rails sans fin des amours modernes mérite une mention bien. Le couple formé par Stéphane Freiss et Elodie Naverre, dont les avatars réjouissent, fonctionne avec l'efficacité d'un coucou suisse.  

 

La mise en scène de Christophe Lidon, agrémentée de vidéos où apparaissent les visages des acteurs, est moderne, juste à point. 

 

 

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