Théâtre-Studio
de Mark Ravenhill
Mis een scène:
16, rue Marcelin Berthelot
94140 Alfortville
métro Ecole vétérinaire
jusqu'au 20 février et du 2 au 6 mars
Avec Marie-Laudes Emond, Christophe Caustier, Christophe Sauger et Jonathan Waite.
Un groupe d'artistes a traversé par mal d'épreuves. Ils ont exposé dans des petites galeries dans le quartier des artistes sur des sujets difficiles, liés par exemple au tiers monde. Unis jusqu'au succès sans devenir riches, telle est leur philosophie.
Pourtant, l'un des leurs est mort du sida et une autre membre du Collectif vit ses derniers moments à l'hôpital.
C'est alors que l'une du groupe joue en solo et va devenir internationalement connue. Quelques mois plus tard, elle invite le groupe dans sa piscine pour partager sa réussite. Et, c'est l'accident, qui pourrait changer leur vie à tous ....
Né en 1966, Mark Ravenhill, est l'un des "enfants terribles" de la scène anglaise. Passé par l'Université de Bristol, où il a étudié le théâtre et la littérature, M.Ravenhill dissèque avec une ironie mordante les travers de la société britannique, rabotée par des années de libéralisme à tout crin.
Dans cette pièce, la vague de nouvelles habitudes, de moeurs faisant allégeance à l'argent, produit ses effets dévastateurs au coeur même du monde artistique. Avec un art consommé de la psychologie, de la progression de l'action, il se sort brillamment de ce sujet quelque peu insolite.
Les plaisirs de la piscine servent de douce fascination, de révélateur pour le groupe qui va abandonner ses idéaux, se lancer à l'assaut de la notoriété tant critiquée, par des moyens les plus inattendus. Avant que l'inéluctable, la réalité la plus crue ne les rattrape et les mette hors-jeu.
Christian Benedetti donne parfaitement le rythme de ces voix (pouvant être joué par deux et jusqu'à huit acteurs) qui s'expriment face aux spectateurs alors que la salle est éclairée. Un mur de bandes de plastique, qui permet de multiples jeux, est à la base de la mise en scène. Il a choisit l'expressivité maximun, des styles différents pour les quatres acteurs, qui se font entendre chacun leur tour, à chaque phase de la pièce.
Les quatres acteurs, attifés en baigneurs, se changeant derrière le rideau de plastic, leurs visages jouant avec la hauteur de ce faux mur. Ils explorent, notamment, une belle envie de distraire, l'aspect ludique du texte, fausse-piste pour cette comédie caustique sur la gangrène du milieu artistique par l'état d'esprit de ces années post 1990.


