Photo Bastien Capela
La résistance des femmes face à la brutalité masculine et religieuse est un fastueux bain de jouvence

de Rayhana

mise en scène: Fabian Chappuis

Maison des Métallos

94, rue Jean-Pierre Timbaud

75011 Paris.

Jusqu'au 19 décembre puis du 6 au 16 janvier 2010

Samia détonne. Cette jeune femme prochaine approchant la trentaine n'est pas mariée. Elle ne se trouve pas belle mais porte des tenues provocantes, sait comment séduire à coup sûr les hommes. Masseuse dans un hamman d'Alger, elle doit rencontrer une marieuse. En parallèle, une affaire d'une toute autre gravité se déroule: Myriam, jeune fille enceinte, est poursuivie par son frère intégriste qui veut la tuer. Fatima, la responsable du Hamman la cache en secret. 

La pièce dresse un portrait de l'Algérie contemporaine; c'est une sorte de réquisitoire et un chant de résistance et d'espoir. Les différentes femmes, aux opinions fort diverses, sont solidaires et trouvent la force de bloquer la bêtise des hommes et de la religion qui, toujours les oppriment

 

Ce qui frappe le plus est l'étonnante facilité de la prise de parole de ces femmes: aucun sujet n'est tabou, les histoires de chacune sont partagées avec les autres. Une véritable mise à nu adns un langage  direct et cru. L'écriture vivante et rythmée. La liberté et l'intelligence de ces femmes du hamman, leur apprentissage de l'audace, leux échanges chaleureux, leur complicité et leur maturité sociale et politique impressionnent, même si rien n'est gagné.

 

La mise en scène, elle aussi claire, directe, souligne la prise de conscience, la force et le tendresse qui émane de ce groupe au fait des subtilités du monde. Face à la tragédie sanglante qui a frappé la terre algérienne, le bel espoir émanant de ces femmes est une magnifique réussite. Unies, ces femmes ressemblent parfois à un groupe sortant du bain, dans la tableaux des peintres classiques. En tout cas, elles donnent, comme l'auteur, Rayhana (dont c'est la première pièce en français)  un beau coup de pied dans la forumilière, parfois ronronnante, du théâtre. 

 

Parmi ces portraits très attachants de femmes, Linda Chaïb (Samia) -une fringale de jouer bouillonnante-  et Marie Augerau (Fatima, masseuse en chef), celle qui donne le la, ont une courte avance sur leurs complices.     

 

 

 

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