Vincent Baudriller et Hortense Archambault
© Christophe Raynaud de LageRésultat: "une fréquentation record de 95%", selon le bilan de cette édition 2010.
Pour Vincent Baudriller, co-directeur de la manifestation avec Hortense Archambault, c'est là la preuve que "l'audace" et "l'esprit de découverte" paient après du public. Ce millésime a été marqué par "l'exploration de nouvelles écritures scéniques", explique-t-il.
Après une controverse en 2005, à propos de "l'artiste associé" flamand Jean Fabre, 2010 a vue un humour parfois décalé et des formes hybrides.
"On essaie de faire chaque année un festival différent. L'an dernier, il était très ancré dans l'épopée, cette année il a été axé à la fois sur l'écriture et la musicalité", avec l'écrivain Olivier Cadiot et le metteur en scène suisse Christoph Marthaler, a expliqué à l'AFP Vincent Baudriller.
"Beaucoup des artistes se sont intéressés au petit, à la marge, en proposant une certaine façon de regarder l'être humain, du côté de sa fragilité", a ajouté le programmateur.
Nouvelles écritures en appel
Cette année, les propositions ont notamment porté sur la danse, la musique, les nouvelles écritures. Le spectacle de Marthaler "Papperlapapp" a calé dans la cour d'honneur du palais des Papes, trop long et encore en gestation mais de sacrés comédiens, chanteurs et musiciens. Les critiques ont affutés leurs plumes, tout comme pour d'autres spectacles qualifiés d'innovateurs. Mais Baudriller et Archambault tiennent à leurs convictions. Ils ont mis l'accent sur les "propositions" qui "ont offerts un rapport au temps particulier, de nouvelles cérémonies théâtrales", citant les spectacles de Gisèle Vienne, Philippe Quesne et Josef Nadj.
Le théâtre de texte et les grands acteurs ont-ils été minorés, comme le pensent certains détracteurs du In ? Vincent Baudriller n'est pas de cet avis, citant Denis Podalydès dans "Richard II" de Shakespeare, Clotilde Hesme chez Brecht, Valérie Dréville pour Ionesco. Sans oublier "l'engagement très fort" de Laurent Poitrenaux auprès d'Olivier Cadiot.
Un des clous de ce festival a été la venue d'Angélica Liddell, adepte d'un théâtre de la souffrance qui vient des tripes. "C'était une des propositions les plus radicales, mais elle s'est révélée la plus fédératrice", s'est réjoui Vincent Baudriller. Lequel n'oublie pas "Schutz vor der Zukunft", le bouleversant requiem pour les victimes de l'eugénisme nazi de Christoph Marthaler, "un des plus beaux spectacles que j'ai vu dans ma vie".
2011, sera l'heure de Boris Charmatz,"artiste-associé" du 65e festival."On retrouve un chorégraphe, la danse a beaucoup à dire", fait valoir le codirecteur, qui promet toutefois "un équilibre entre les formes" (théâtrales, chorégraphiques, etc.).
Bientôt un nouveau lieu de répétition
Le festival a également, bruissé de rumeurs sur l'avenir du tamden formé par les deux co-directeurs. Leur mandat se termine en 2011.
"Nous avons exprimé le souhait de mener à bien notre projet de transformation du festival", indique tranquillement Vincent Baudriller, qui espère avec Hortense Archambault être reconduit jusqu'en 2015, notamment pour accompagner l'ouverture d'un nouveau lieu de répétition et de résidence pour les artistes.
"Ce festival rencontre un succès public et artistique, c'est ça le plus important", conclut-il.


