Georges Wilson en 1990 au festival de Cannes

Georges Wilson en 1990 au festival de Cannes

AFP
Les obsèques de l'acteur et metteur en scène, Georges Wilson, qui est mort mercredi à 88 ans, auront lieu lundi à Paris

Une cérémonie religieuse se déroulera dans la matinée à l'église Saint-Roch. L'inhumation se déroulera ensuite dans la stricte intimité.

Né  en 1921, il avait joué dans plus de 80 films, du "Jour le plus long" aux "Trois mousquetaires", et dans de nombreux longs métrages d'Autant-Lara, Boisset, Michel Deville, Jacques Demy ou Henri Verneuil...

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Engagé par Jean Vilar, auquel il était resté profondément fidèle et à qui il succéda de 1963 à 1972 à la tête du TNP, il a interprété les grands rôles de la plupart des pièces montées par le  TNP ("L'Ecole des femmes", "Mary Tudor", "Antigone", "Turcaret", "Le Cid"), campant notamment un inoubliable "Ubu".

Musicien avant de devenir comédien, engagé par Vilar
Né le 16 octobre 1921 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), Georges Wilson,  orphelin à 13 ans d'un père pianiste, est d'abord musicien avant de devenir comédien. Son grand-père maternel est irlandais et il choisit le nom de sa mère. Après l'école de la rue Blanche, il débute au théâtre dans la compagnie Grenier-Hussenot (1947-1950). En 1952, il est engagé par Jean Vilar et Gérard Philipe au TNP.  Devenu directeur du TNP, il monte notamment "Maître Puntila et son valet Matti" de Brecht (1964), "La Folle de Chaillot" de Giraudoux (1965), "Le Diable  et le Bon dieu" de Sartre (1968).

Par la suite, il signe et joue "Sarah et le cri de la langouste" (1982),  avec Delphine Seyrig, "Léopold le bien-aimé" (1986) avec Jacques Dufilho, "Les  dimanches de Monsieur Riley" de Tom Stoppard (1992), "Henri IV" de Pirandello  (1994). 

Directeur du théâtre de l'Oeuvre, il reprend "En attendant Godot"

Entre-temps, Georges Wilson, qui est directeur artistique du théâtre de
l'Oeuvre de 1978 à 1995, reprend "En attendant Godot" avec Rufus et Michel Bouquet. En 2003, il interprète "Le vent des peupliers", et en 2008, il joue dans "Bérénice" mis en scène par son fils Lambert. A l'écran, le comédien campe l'aumônier du "Dialogue des carmélites" (1960),  le héros clochardisé d'"Une aussi longue absence" (1960), ou le capitaine  Haddock de "Tintin et la toison d'or" (1961), avant de tenir des rôles plus secondaires.

Pour sa dernière apparition au cinéma, dans "l'Ennemi public no 1" en 2008,  il a tenu le rôle de l'homme d'affaires Henri Lelièvre kidnappé par Jacques  Mesrine.

Personnage principal de plusieurs séries télévisées, il a été l'un des  patriarches de "Dolmen", série de l'été 2005 sur TF1. Chevalier de la Légion d'honneur, il avait reçu un Molière du meilleur  comédien dans un second rôle pour "La Chatte sur un toit brûlant" (2001).  Professeur à l'Ecole Charles Dullin à partir de 1957, Georges Wilson était  marié et père de deux enfants, dont le comédien Lambert Wilson qu'il a notamment dirigé dans son film "La Vouivre" (1989).

Réactions officielles
Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand
, a salué en Georges Wilson un "maître de l'art dramatique". "De Shakespeare à Anouilh, de Molière à Pirandello, de Jarry à Sartre, Beckett ou Thomas Bernhard, il a exploré le répertoire français et international avec une curiosité insatiable et généreuse", écrit-il dans un communiqué.

"Il restera dans toutes les mémoires, non seulement comme l'un des plus  grands comédiens et metteurs en scène français du XXe siècle, mais comme  l'emblème même d'une certaine idée de l'art de la scène, profondément humaniste,  fidèle au meilleur de la tradition française et toujours ouvert sur les  surprises venues d'ailleurs", a estimé le ministre. "Il sut être à la fois un classique et un visionnaire", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a rendu hommage dans un communiqué à la mémoire de Georges Wilson: "Avec la disparition de Pierre Vaneck, le théâtre français prend deux fois les couleurs du deuil. Georges Wilson n'a pas théorisé le théâtre, Georges Wilson a été le théâtre." Pour le président de la République, il fut "Compagnon de Gérard Philippe, de Jean Vilar, il a incarné un théâtre national, un théâtre populaire. Il a aussi habité de grands rôles de cinéma. Il était cher au coeur des Français."

L'ancien ministre socialiste Jack Lang a a salué un "comédien prenant et doué d'une présence inimitable et incomparable".

Le maire de Paris Bertrand Delanoë a salué un "immense comédien" qui a consacré son talent "à sa vision d'un art populaire  et exigeant". "Avec Georges Wilson, c'est un fragment d'histoire du théâtre et  du cinéma français que nous perdons", a-t-il ajouté.

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