Reconstitution de combats de gladiateurs au spectacle du Puy du Fou (Vendée) en juillet 2001
AFP - Frank PerryQuelque 80 squelettes datant du Ier au IVe siècle après J.-C. avaient été mis au jour en 2003 dans le jardin d'un hôtel particulier du XVIIIe.
Plusieurs indices, notamment une enquête médico-légale, permettent de dire qu'il s'agit d'anciens gladiateurs, "sacrifiés pour le divertissement du peuple et des dirigeants romains" (Le Soir de Bruxelles).
Les gladiateurs sont des combattants professionnels qui s'affrontaient entre eux ou combattaient des fauves pour le divertissement des foules romaines. Ce qu'il faut au peuple, c'est "panem et circenses", "du pain et des jeux", avait coutume de dire le poète satirique latin Juvénal au IIe siècle de notre ère...
La majorité des squelettes sont ceux d'hommes jeunes, de constitution solide et d'une taille supérieure à la moyenne. Ils ont souvent été décapités. Les recherches médico-légales ont révélé la présence de traces de morsures sur l'un des squelettes. Il s'agit apparemment d'"une grosse trace de morsure par un carnivore, probablement infligée par un lion, un tigre ou un ours sans doute reçue dans le cadre d'une arène", estime Kurt Hunter-Mann, responsable de l'équipe d'archéologues du York Archaelogical Trust qui a mené les exhumations.
Les observations scientifiques ont montré que les hommes avaient souvent un bras plus musclé que l'autre, ce qui semble indiquer le maniement d'armes lourdes depuis leur plus jeune âge. Dans le même temps, les chercheurs ont identifié ce qui pourrait être des éléments caractéristiques des "jeux" de gladiateurs: certains des combattants de York auraient été tués par un coup de marteau sur la tête, connu pour être le "coup de grâce" dans les cirques romains.
Prudence
"Ce sont des découvertes d'une importance internationale. Nous n'avons pas d'autres cimetières de gladiateurs avec un tel niveau de conservation dans le monde", affirme Michael Wysocki, anthropologue à l'université du Lancashire-Centre et expert auprès des tribunaux,
Pour autant, les chercheurs restent prudents. Pour l'instant, la théorie des combattants de cirque "est la théorie principale mais pas définitive. Il faut aller plus loin", expliquent-ils. D'autres hypothèses sont émises, notamment celle d'une purge politique.
Mais Michael Wysocki ne démord pas de son enthousiasme: "Il semble peu plausible que l'individu" sur lequel on a retrouvé ce qui s'apparente à une importante morsure, "ait été attaqué par un tigre alors qu'il rentrait du pub à York, il y a 2000 ans !", explique-t-il.


