Des Tziganes arrivent le 28 avril 2007 à Montreuil-Bellay lors d'une marche silencieuse en mémoire des leurs.

Des Tziganes arrivent le 28 avril 2007 à Montreuil-Bellay lors d'une marche silencieuse en mémoire des leurs.

AFP PHOTO / FRANK PERRY
Des vestiges d'un ancien camp d'internement de Tziganes viennent d'être inscrits comme monument historique

L'ex-camp de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) vient d'obtenir cette distinction, une première en France, a-t-on appris lundi auprès de la direction régionale des Affaires culturelles des Pays-de-la-Loire.

L'arrêté d'inscription, signé le 8 juillet, rappelle que ce "lieu de mémoire" abritait "le plus grand camp d'internement de Tziganes en France".

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Il représente le "seul camp d'internement de tziganes en France", et représente le "seul camp dont il subsiste encore des traces de bâti".

Le classement porte sur la prison, le réfectoire, l'école, l'infirmerie, les sanitaires collectifs et les logements du camp de plus de 5 hectares où 2.500 à 3.000 hommes, femmes et enfants furent enfermés entre novembre 1941 et janvier 1945, et dont il ne reste aujourd'hui que des murs en ruines.

Histoire occultée
"C'est une formidable nouvelle. Le site se trouve aujourd'hui protégé et sauvé. On ne pourra plus y faire n'importe quoi", s'est réjoui Jacques Sigot, écrivain et historien local qui a exhumé l'histoire du camp au début des années 80.

Dans son livre "Les Barbelés oubliés de l'Histoire", cet ancien instituteur avait été le premier à révéler, documents historiques à l'appui, l'existence de ce lieu d'internement géré par l'administration française, et dont l'histoire avait été occultée depuis. "J'ai découvert les ruines du camp par hasard, en faisant des recherches minéralogiques dans une prairie. Jamais un Montreuillais ne m'avait parlé de cette histoire et les Tziganes l'avaient aussi enfouie en eux, sans l'écrire car ce n'est pas leur culture", a confié Jacques Sigot.

Un période portée à l'écran par Tony Gatlif
Ses recherches avaient été utilisées par le réalisateur Tony Gatlif pour le tournage de son film "Korkoro (Liberté)", sorti au printemps dernier en salle, et portant sur la répression des Tziganes sous le régime de Vichy.

Les Tziganes, comme les juifs, ont fait l'objet de persécutions systématiques durant le IIIe Reich et plusieurs centaines de milliers d'entre eux ont péri sous le joug nazi, selon les historiens.

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