L'intérieur des arènes de Fréjus en cours de travaux
Pauline Michaud
Les travaux de rénovation menés par la mairie de Fréjus dans les arènes de la ville soulèvent une polémique
La mairie entend "stopper la dégradation" du monument romain, "disposer des équipements fonctionnels pour optimiser (ses) conditions d’utilisation" et accueillir 4500 spectateurs.
Pour les adversaires du projet, ce "chantier de travaux considérables" va en dénaturer "complètement le caractère". Le but étant de "doper" le tourisme à Fréjus.
Certains vont jusqu’à parler de "massacre patrimonial" et de "vandalisme".
En 1984, intervenant sur un précédent projet de restauration, la Commission nationale des Monuments historiques estimait alors qu’il n’était "pas question de ‘réinventer’ ce qui n’est plus", "pas question de ‘faire un faux historique’".
Vingt et ans plus tard, une chose est sûre : la Commission nationale des Monuments historiques a donné son aval au projet, dont le responsable est d’ailleurs un architecte en chef des Monuments historiques. Projet de 8 m d’euros financé à moitié par les collectivités locales (10 % par la ville de Fréjus, maître d’œuvre) et à moitié par l’Etat. Le chantier doit être achevé en avril 2011. Et une seconde phase de travaux est prévue. Objectif : accueillir 5000 spectateurs supplémentaires.
Pour autant, à la mairie, déjà sollicité par La Croix et Le Point, on ne communique pas (ou plus) sur le sujet. Et l’on renvoie vers l’architecte, Francesco Flavigny, qui renvoie vers la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) de Provence Alpes Côte d’Azur. Laquelle DRAC, après quelques relances, nous a finalement proposé d’interviewer son directeur, François Brouat (voir plus loin). Celui-ci insiste sur le fait que le dispositif en cours d’installation dans les arènes antiques est "réversible" et peut-être enlevé.
Enquête sur un sujet complexe. Et sensible…