La redécouverte des peintures de Giotto dans la basilique Santa Croce à Florence

La redécouverte des peintures de Giotto dans la basilique Santa Croce à Florence

France 2
Cachés depuis des siècles, les détails originaux de peintures de Giotto sont en train d'être redécouverts à Florence

Une redécouverte faite lors de la restauration aux rayons ultra-violets d'une chapelle de la basilique Santa Croce de Florence.

 

L'opération est d'autant plus intéressante que l'oeuvre de Giotto, peintre, sculpteur et architecte italien (1266 ?-1337), est mal connue en raison du nombre de ses oeuvres perdues ou dont l'attribution est incertaine.

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Ses peintures ont inspiré ses successeurs de la Renaissance, à commencer par l'un des plus grands d'entre eux, Michel-Ange. Elles n'en ont pas moins subi de nombreux dégradations et outrages au fil des siècles. 

Celles de la basilique Santa Croce, réalisées en 1320 suite à une commande de la famille Peruzzi, ont une superficie de 170 m2. Elles représentent des motifs religieux, notamment l'accueil de Jean-Baptiste au paradis ou des scènes de la vie de Saint Jean l'Evangéliste. Elles sont qualifiées improprement de fresques, alors qu'elles ont été dessinées "a secco" (à sec) sur le plâtre, au contraire des oeuvres faites sur plâtre frais, où les couleurs imprègnent la matière.

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Au XVIIIe siècle, les peintures sont recouvertes de chaux afin de laisser la place à une nouvelle décoration. En 1840, des ouvriers retirent la couche de chaux en les altérant considérablement. On
tente vaille que vaille de remplacer les parties manquantes. Une "rustine" qui est elle-même supprimée en 1958, donnant à l'ensemble son aspect d'aujourd'hui.

L'examen minutieux aux rayons ultra-violets des murs et plafonds de la chapelle Peruzzi de la basilique Santa Croce ont révélé aux membres de l'équipe de restauration des beautés insoupçonnables à l'oeil nu. "Ce fut quelque chose de vraiment stupéfiant", se souvient, encore émerveillée, Cecilia Frosinini, coordinatrice du projet. "Nous savions que notre diagnostic scientifique allait déboucher sur des résultats intéressants. Mais lorsque nous avons observé aux rayons ultraviolets ces peintures aux couleurs passées, abîmées par d'anciennes restaurations, elles ont repris vie tout d'un coup", raconte-t-elle.

"Les scènes sont à nouveau en trois dimensions, on a pu voir tout le clair-obscur, deviner les corps sous les vêtements, scruter les expressions du visage", ajoute Cecilia Frosinini. On peut ainsi admirer aujourd'hui les détails de l'oeuvre qui ont exercé une influence considérable sur Michel-Ange dans son travail sur le plafond de la Chapelle Sixtine de Rome, 140 ans après la mort de Giotto. Dans la scène où Dieu accueille Jean le Baptiste au paradis, on admire ainsi, lunettes ultra-violet sur le nez, les rides du front de Jean, les boucles de sa barbe, le blanc de ses yeux ou le regard bienveillant de Dieu.

Malheureusement, tout cela restera inaccessible au visiteur lambda. Car une utilisation intensive de cette technique signifierait à moyen terme la destruction de ces merveilles...

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