Des exemplaires de cette pièce, frappée au Pérou en 1803, pourraient se trouver dans le trésor découvert par Odyssey

Des exemplaires de cette pièce, frappée au Pérou en 1803, pourraient se trouver dans le trésor découvert par Odyssey

AFP - ministère espagnol de la Culture
La justice fédérale américaine a confirmé qu'une société privée allait devoir rendre à l'Espagne un fabuleux trésor

Le tribunal de Tampa (Floride) a "réaffirmé les droits de l'Espagne sur l'épave Nuestra Señora de las Mercedes et sur tous les objets illégalement soustraits par l'entreprise Odyssey ", a expliqué le ministère de la Culture à Madrid.

Cette société a trouvé dans l'Atlantique le plus grand trésor jamais découvert dans une épave.

Ce trésor comprend notamment 500.000 monnaies en argent et des centaines d'objets en or, remontant sans doute au moins au XVIIIe siècle, découverts, affirmait Odyssey le 18 mai 2007, "dans les eaux internationales de l'Atlantique".

Mais la firme américaine, spécialisée dans la recherche d'épaves en eaux profondes et cotée au Nasdaq, avait rapidement suscité la méfiance dans la péninsule ibérique. Car elle avait très vite rapatrié son butin sous-marin vers les Etats-Unis depuis la colonie britannique de Gibraltar. De plus, elle avait gardé secret l'emplacement exact de l'épave.

Dès le départ, les autorités de Madrid ont soupçonné Odyssey d'avoir trouvé le trésor dans ses eaux territoriales, ou bien dans l'épave d'un navire espagnol. En septembre 2008, elles avaient fourni des "preuves" sur le fait que l'épave pillée était "Nuestra Señora de las Mercedes", navire de guerre coulé par un navire britannique le 5 octobre 1804 au sud du Portugal, avec à son bord  une importante cargaison d'or et d'argent. L'évènement avait eu d'importantes conséquences: à la suite du naufrage, Madrid avait déclaré la guerre à Londres et s'était allié à la France napoléonienne.

Si le trésor provient bien d'un navire de guerre espagnol, celui-ci se trouvait en mission commerciale au moment de son naufrage, affirme l'entreprise. La majorité des pièces d'or était propriété de personnes privées et "n'ont jamais appartenu à l'Espagne", selon Odyssey. Le navire (militaire, sans doute pour éloigner les pirates...) rapatriait très probablement en Europe des richesses provenant des colonies espagnoles d'Amérique latine. 

La procédure
La décision de la justice fédérale américaine confirme un premier avis émis en juin 2009 par un juge de Tampa qui ordonnait déjà à Odyssey de rendre le trésor à l'Espagne, précise le communiqué du ministère espagnol de la Culture.

D'après la décision du tribunal fédéral, il est "indiscutable que l'épave Nuestra Señora de las Mercedes est un navire d'Etat espagnol et que son chargement, ainsi que les restes humains, sont patrimoine espagnol", indique le communiqué du ministère citant le jugement. Peu importe que le navire sinistré soit militaire ou commercial, précisent les autorités ibériques.

Odyssey peut à partir de maintenant déposer un recours, indique Madrid. La ministre de la Culture espagnole, Angeles Gonzales-Sinde, a fait part de sa satisfaction, qualifiant la décision de la justice américaine de "cruciale pour la défense du patrimoine historique espagnol".

L'entreprise américaine a réagi en indiquant qu'elle ferait appel. "Nous sommes certains que les aspects légaux jouent clairement en notre faveur", a-t-elle indiqué. Pour son PDG, Greg Stemm, le jugement n'affecte en rien les activités en cours de sa société. "Nous ne comptions plus obtenir de revenus du 'Black swan' (nom de code de l'épave, NDLR) (...) car il était clair que l'affaire irait en appel quelle que soit la décision du juge", a-t-il commenté.

L'affaire est pour Odyssey une "question de survie", commente de son côté le site plongeur.com. A l'annonce du premier jugement, l'action de la firme avait plongé de 50 % à la Bourse de New York à l’annonce du jugement, précise cette source.

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