La dépouille de Diane de Poitiers réintègre le Château d'Anet, en Eure-et-Loir, le 29 mai 2010.
AFP/ROBERT FRANCOISNée en 1499 ou 1500, et décédée en 1566 dans cette cité d'Eure-et-Loir, Diane de Poitiers, considérée comme un symbole de la beauté française de la Renaissance, est notamment restée dans l'histoire pour avoir été la favorite du roi Henri II, de 20 ans son cadet, mortellement blessé lors d'un tournoi en 1559.
Selon certains, elle aurait auparavant été la maîtresse de François Ier, père d'Henri II. Lequel Henri II était marié à Catherine de Médicis, reine controversée notamment pour son rôle lors du massacre de la Saint-Barthémy (1572). Une reine qui fut la rivale de Diane. Catherine l'empêcha d'approcher son royal amant blessé à mort et d'assister aux funérailles.
"Dotée d'un sens aigu du pouvoir et de ses intérêts financiers", la duchesse "exerça une grande influence sur le roi", écrit Wikipédia à son propos. En dépit de ce que des contemporains ont affirmé, leur relation semble avoir été fort discrète. L'emprise qu'elle exerça sur le souverain fut "complexe", rapporte l'encyclopédie en ligne: "nettement plus âgée et plus cultivée que lui et l'ayant de surcroît en partie éduqué, elle (fut) autant sa marraine, sa dame objet d'amour platonique et sa conseillère que sa maîtresse". Elle l'a notamment poussé à réprimer les protestants.
Un sarcophage converti... en auge à la Révolution
Après sa mort en 1566, à 66 ans, Diane de Poitiers avait été embaumée et inhumée dans la chapelle du château d'Anet, dans un tombeau construit par ses deux filles.
"Deux siècles plus tard, des révolutionnaires sont arrivés de Dreux, ont pénétré dans la chapelle et ont ouvert le sarcophage. Au contact de l'air, les corps sont partis en poudre. Les révolutionnaires ont pris peur", raconte Jean de Yturbe. Après leur départ, "choquées, deux femmes du village rassemblèrent les restes d'ossements et les transportèrent dans une sorte de brouette vers la fosse commune, qui se trouve aujourd'hui dans le cimetière juste à côté de l'église" de la petite ville de 3000 habitants, précise le propriétaire du château.
Les membres du comité révolutionnaire local se seraient partagés... la chevelure de Diane. Son sarcophage aurait été converti en auge, et le socle en plomb utilisé pour fabriquer... des "balles patriotes".
Nouvel enterrement
Lors d'une cérémonie le 29 mai 2010, le cercueil de la favorite du roi Henri II et de ses deux filles (ou petites-filles ?) a quitté le cimetière communal sur une voiture attelée par deux chevaux pour rejoindre la chapelle sépulcrale du château, où il a été replacé.
La mise en bière avait été effectuée deux semaines auparavant à Garches (Hauts-de-Seine).
Le défilé, composé d'élus et de personnes vêtues de costumes traditionnels de l'époque, a traversé les rues de la ville, précédé de deux cavaliers de la garde républicaine et de la famille du propriétaire du château, Jean de Yturbe et ses invités, dont la duchesse de Kent ou de l'historien Franck Ferrand, sous les applaudissements des habitants.
Début 2008, le Dr Philippe Charlier, du service de médecine légale de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, dans les Hauts-de-Seine, a persuadé M. de Yturbe de réinstaller les cendres de Diane de Poitiers à l'intérieur de son tombeau d'origine. En novembre de la même année, des scientifiques ont procédé à une fouille archéologique dans le cimetière d'Anet, où des squelettes ont été exhumés au pied du monument commémoratif de Diane de Poitiers. Ses restes ont été authentifiés à partir de caractéristiques physiques et génétiques.
Les scientifiques ont aussi relevé une concentration anormale d'or dans ses tissus et cheveux. Selon le chroniqueur Brantôme, son contemporain, la duchesse prenait quotidiennement de l'or en boisson, comme élixir de jouvence. Ce qui lui aurait donné son teint extrêmement pâle. Mais ce qui l'a peut-être lentement empoisonnée...


