Mosaïque représentant le chandelier à sept branches sur le site d'une synagogue antique à Saranda (Albanie)
Etleva Nallbani - Ecole française de RomeDes découvertes qui témoignent de l'importance présence juive de l’Antiquité à la fin du Moyen-Age sur le Vieux continent. Cette présence n'en demeure pas moins fort mal connue du grand public.
L’archéologie vient ainsi fournir des données nouvelles pour une meilleure connaissance du judaïsme européen. Et de son histoire.
Pour Paul Salmona, directeur du développement culturel et de la communication de l’INRAP (voir interview), il existe un "déni collectif" vis-à-vis de l’histoire des communautés juives médiévales en France. A ses yeux, l’archéologie peut ainsi « remettre en cause le fantasme d’une France historiquement chrétienne et homogène ».
De tels propos suscitent des réserves chez certains des chercheurs qui travaillent sur le sujet. "Il est évident que les découvertes récentes de l’archéologie ont des conséquences tangibles et formidables pour la recherche", explique l’un d’entre eux. "Pour autant, on ne peut pas balayer d’un revers de main les travaux menés depuis 40 ans. Certes, ces travaux sont restés un peu confidentiels et ne sont pas suffisamment relayés par la grande presse, les grandes synthèses historiques ou les manuels scolaires d'histoire. Mais l’important, pour reprendre le titre d'un beau livre de Georges Duby, c’est que 'L'Histoire continue' !" (1).
Et l’histoire des communautés juives sur le sol de la vieille Europe est passionnante. On lira avec grand intérêt les entretiens que nous ont accordés deux spécialistes : Mireille Hadas-Lebel (université Paris IV) pour la période antique, et Danièle Iancu-Agou (CNRS, "Nouvelle Gallia Judaica", Montpellier, UMR 8584) pour la période médiévale. Une remontée dans le temps qui en surprendra plus d’un…
(1) publié chez Odile Jacob en 1991



