Fouilles, menées par des chercheurs de l'INRAP, sur le site d'une nécropole mérovingienne à La Ciotat (Bouches-du-Rhône)
AFP - MICHEL GANGNELe 10 décembre, une quinzaine d'entre eux se sont rendus au siège de campagne de la candidate UMP aux régionales en Ile-de-France (et ministre de la Recherche), Valérie Pécresse. Le 8, les salariés du siège avaient fait grève.
L'institut de recherches archéologiques préventives s'installera bien à Reims vers 2011, a déclaré François Fillon.
Discours de François Fillon
Le premier ministre a annoncé cette décision au détour d'un discours prononcé à Reims le 20 novembre 2009 (discours mis en ligne sur le site de Matignon). "Je veux vous confirmer que l’Institut national de recherches archéologiques préventives s’installera bien, comme le gouvernement en a pris l’engagement, à Reims prochainement", a expliqué le premier ministre.
Le déménagement aura lieu en dépit des réserves exprimées par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. Ce dernier avait annoncé, il y a quelques semaines, qu'il entendait "rouvrir le dossier". "C'est un dossier auquel j'attache beaucoup d'importance. Je suis très sensible aux problèmes que cela pose à l'INRAP et très à l'écoute des préoccupations" de son personnel, avait-il ajouté.
Selon certaines sources, la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, aurait fait valoir des préoccupations similaires.
Les actions du personnel de l'INRAP
Les archéologues de l'INRAP qui sont intervenus au siège de campagne de Valérie Pécresse ont fait part des propos du chef du gouvernement lorsqu'il est venu soutenir sa ministre. La région Ile-de-France est l'"un des grands carrefours universitaire et scientifique du monde", avait noté François Fillon, selon le communiqué de presse des personnels de l'Institut.
"Dans cette logique", ils ont interpellé le premier ministre et la candidate sur "la préservation de l'intégrité d'un établissement de recherche archéologique reconnu sur la scène internationale", poursuit le communiqué. Frédéric Mitterrand et Mme Pécresse se sont rencontrés le 10 décembre pour évoquer le dossier et "garantir un réel projet scientifique". Aucun détail n'a pour l'instant pu être obtenu sur cette rencontre.
Le projet de transfert
Le déménagement avait été annoncé il y a un an par la précédente ministre de la Culture, Christine Albanel. A l'époque, son cabinet mettait en avant les liaisons rapîdes entre Paris et Reims, la "proximité avec l'activité scientifique" et un bassin d'emploi local "actif pour les conjoints" (voir le site du Nouvel Observateur).
130 personnes, en l'occurence celle qui travaillent actuellement au siège parisien, sont concernées.
Les adversaires du transfert s'étonnent d'un tel déménagement pour un organisme déjà très décentralisé. Ils notent que le transfert risque de provoquer des départs massifs de salariés, ruinant une organisation patiemment construite au fil des années. Ils craignent surtout que le projet signe l'arrêt de mort de l'INRAP. "Il est nécessaire que ce dernier soit maintenu en région parisienne afin d'assurer ses missions de pilotage scientifique, administratif et technique" et "le lien avec les ministères de tutelle", selon le communiqué cité plus haut.
Comptant en tout près de 2000 collaborateurs, l'Institut a pour mission de diagnostiquer si un chantier de construction ou de BTP récèle des restes archéologiques. Et éventuellement de le fouiller.


