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Grèce

22/06/2009 | 10:49

Athènes: un nouveau musée pour l'Acropole

- Dans le musée de l'Acropole à Athènes. Au fond, la réplique des frises du Parthénon - AFP PHOTO/Louisa Gouliamaki  -

Dans le musée de l'Acropole à Athènes. Au fond, la réplique des frises du Parthénon

© AFP PHOTO/Louisa Gouliamaki

Le nouveau musée de l'Acropole, bâtiment de verre situé au pied du site antique, a été inauguré samedi 20 juin

L'architecte franco-suisse Bernard Tschumi a conçu un édifice posé sur pilotis au milieu de vestiges archéologiques, à 300 m du Parthénon.

Une salle du musée expose une copie des non moins célébrissimes frises emportées par les Britanniques au XIXe. Une manière de rappeler que les Grecs en demandent la restitution. 

L'édifice offre une vue panoramique sur l'un des monuments les plus visités dans le monde, fleuron architectural bâti par Périclèsau Ve siècle avant J.-C. Comprenant trois niveaux, il mesure 23 m de haut et offre une superficie de 15.000 m2. Y sont exposés plus de 350 vestiges et sculptures de l'Acropole, entassés jusqu'ici dans un petit musée sur le Rocher sacré. Le transfert de ces objets fut l'objet d'une opération gigantesque étalée sur plusieurs mois qui s'acheva au printemps 2008.


Au premier niveau, une série d'objets dont des céramiques, bas reliefs et sculptures antiques, provenant des lieux de culte situés dans l'Antiquité sur les versants de l'Acropole, ornent les deux côtés de la salle. Les cinq célèbres cariatides, du temple d'Erexthion, statues-colonnes de femmes vêtues d'une longue tunique rescapées de la pollution atmosphérique, dominent le dessus d'une rampe en verre qui mène au deuxième niveau. Là, on  trouve une salle soutenue par une trentaine de colonnes. Y sont exposées les sculptures archaïques (800 à 500 avant notre ère) d'Erechthéion, d'Athéna Niké et de l'entrée monumentale du Parthénon, les Propylées.

Un musée militant
Clou du musée: la salle dite du Parthénon, au troisième niveau. Après de nombreuses discussions, les archéologues grecs ont opté pour une reconstitution des très prestigieuses frises qui ornaient le temple, grâce à l'intégration des quelques vestiges conservés à Athènes et grâce à des copies des plaques. Rappelons que la majorité des frises originales se trouvent au British Museum à Londres (une est exposée au Louvre à Paris).

"Aujourd'hui le monde entier peut voir rassemblées les plus importantes sculptures du Parthénon, mais certaines manquent; c'est le moment de cicatriser les plaies du monument avec le retour des marbres qui lui appartiennent", a déclaré le président grec Carolos Papoulias lors de l'inauguration.

Un appel international pour "le retour des marbres à l'occasion des jeux Olympiques de 2012" à Londres, lancé vendredi à Athènes  par l'Association pour le regroupement des sculptures du Parthénon (IARPS) représentant 17 pays dans le monde, est venu renforcer les aspirations grecques.

Cette salle vedette se veut ainsi "une réclamation" pour le rapatriement de la frise du Parthénon, dite "marbres d'Elgin" du nom du diplomate britannique qui les arracha au monument phare de la civilisation grecque. Depuis maintenant 30 ans, la Grèce demande - en vain - aux autorités britanniques la restitution de ces vénérables marbres.

"Pour la première fois à notre époque, le visiteur aura une vue de l'ensemble des frises. Il pourra ainsi prendra conscience du problème de la dispersion des pièces entre Londres et Athènes", explique le président du musée, Dimitris Pantermalis. "Ce musée est un catalyseur pour le rapatriement des frises emportées et pillées", estime de son côté le ministre de la Culture, Antonis Samaras. 

400 visiteurs pourront s'asseoir dans cette salle en même temps et contempler la vue panoramique sur le monument, et au-delà sur la ville d'Athènes.

Depuis 1974, tous les gouvernements successifs du pays ont tenté de réaliser ce musée. Mais ce n'est que lors du quatrième concours international, en 2001, que le projet de Bernard Tschumi mettra sa construction sur les rails. "C'est là un symbole de la Grèce moderne qui rend hommage à ses ancêtres, le devoir d'une nation vis-à-vis de son patrimoine culturel", n'hésite pas à dire le ministre de la Culture.

Un budget de 130 millions d'euros
Doté d'un budget de 130 millions d'euros, le musée a la capacité d'accueillir 10.000 visiteurs par jour. Un grand nombre de visiteurs ont déjà réservé leur billet tandis que d'ici mardi prochain tous les billets ont déjà été vendus via internet, a indiqué le ministère de la Culture. Près de 11.000 billets ont été réservés d'ici mi-décembre 2009. Les plus grands demandeurs sont en premier lieu les Grecs, suivis par les Américains et les Britanniques, les Allemands et les Français. Fixé à 1 euro d'ici fin décembre 2009 et à 5 euros à partir de 2010, ce prix d'entrée vise à "permettre à tout le monde d'admirer ces importantes vestiges de l'humanité" et "récompenser les contribuables grecs" pour cet ouvrage dont le budget a atteint 130 millions euros, selon M. Samaras.

 
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