Un nouveau magazine bimestriel consacré à la musique française est en kiosques depuis mardi 21 septembre

Serge, un 116 pages haut de gamme qui se veut "sexy, chic et populaire", se propose de raconter tous les 2 mois la chanson, le rock, la pop, l'électro et le hip-hop made in France.

Doté d'une rédaction en chef en binôme - Didier Varrod de France Inter et Patrice Bardot de Tsugi -, Serge consacre sa première une à la jeune chanteuse Camélia Jordana.

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Ce magazine, né de la rencontre "sur le dance-floor" de deux journalistes férus de chanson française mais ouverts depuis toujours à toutes les musiques, comble un vide dans le créneau des magazines musicaux.

Depuis l'arrêt fin 2009 du trimestriel "Chorus", support historique coupable d'avoir loupé le train de la modernité, aucune publication ne s'est en effet consacrée à "l'exception culturelle française".

Serge, lui, voit grand et neuf: il veut provoquer des rencontres inédites (Claire Diterzi et Florent Marchet dans le premier numéro), questionner les producteurs de l'ombre (cette fois Renaud Letang), faire parler les étrangers (Beth Ditto de Gossip déclare ici "Edith Piaf était une punk"), demander aux artistes de prendre la plume (Dominique A raconte sa tournée, Alex Beaupain chronique son travail sur la B.O. du prochain Christophe Honoré) ou de livrer leurs carnets intimes (fac-similé du carnet d'Olivia Ruiz).

Il veut aussi analyser, enquêter (la relation d'amour-haine entre rap et chanson), questionner les icônes d'hier (Joe Dassin, notre Américain) et d'aujourd'hui (blind-test avec Higelin), révéler les nouvelles têtes de demain, revenir sur des moments clés de la chanson (le jour où Téléphone s'est séparé), et partager un peu de l'intimité des chanteurs (Au lit avec Chamfort, le frigo de Jeanne Cherhal, la bibliothèque de Disiz Peter Punk, Gaëtan Roussel dévoile sa passion pour le foot).

Et surtout, surtout, "raconter des histoires" de et en chansons. En livrant au passage une foule de détails et d'anecdotes jubilatoires. Des exemples ? Qui se doutait qu'Arno avait été cuisinier de Marvin Gaye ? Ou que le duo électronique parisien Justice avait été sérieusement sollicité par Polnareff pour produire son dernier album ? Bref, une mine de scoops qu'on n'a pas fini de fredonner.

Edité par Detroit Media (Tsugi, Reggae Vibes...), Serge sera en kiosques le 21 septembre au prix de 5 euros

> Nous avons feuilleté un exemplaire de Serge tout juste sorti de l'imprimerie. Nous vous en livrons le diaporama en avant-première.

 Entretien avec Didier Varrod, co-rédacteur en chef de Serge

- Comment vous êtes vous lancés dans cette aventure, quel a été le point de départ ?
Didier Varrod:
Le point de départ est une proposition de Patrice Bardot et Alexis Bernier (fondateurs du magazine indépendant Tsugi NDLR) avec lesquels je suis associé sur mon émission Electron Libre (le dimanche soir sur France Inter NDLR). Tous les deux connaissaient mon implication journalistique et ma passion pour la chanson française. Ils ont eu envie de créer un nouveau support musical dédié à la chanson. Dans ce contexte économique où la presse musicale est moribonde, je trouvais leur proposition gonflée et motivante. Le fait qu'il n'y ait plus de magazine sur la chanson était aussi un atout. Nous allions tenter de créer un nouveau support dans un terrain vierge. Ensuite, nous avons eu la chance de partager la même envie d'exigence professionnelle, mais aussi le besoin d'être léger et décalé dans la façon que nous aurions de faire vivre notre passion. Avec Patrice, nous nous parlons souvent en paroles de chansons...


- A l'heure où l'on ne parle que de presse sinistrée, n'est-ce pas un peu kamikaze ? Qu'est-ce qui alimente votre confiance, votre foi dans ce projet ?

Didier Varrod: La différence justement. Les kamikazes réussissent parfois leur coup et touchent leur cible. Plus sérieusement, nous sommes persuadés que la chanson est l'art populaire par excellence, celui qui est le plus partagé, celui qui fédère, divise parfois et qui par dessus tout est le reflet de l'évolution de la société. On sait aussi que la chanson est un vecteur magnifique pour pouvoir raconter des histories au gens. Et les belles histoires, on en a bien besoin.

- Comment définissez-vous votre journal, quel est l'état d'esprit et quel lectorat espérez-vous toucher ?

Didier Varrod: Serge est ludique, profond et léger à la fois. Eclectique surtout. Nous espérons toucher tous ceux qui assument d'aimer la chanson, qui sont persuadés qu'elle est vitale à nos vies. On naît avec des chansons, on aime aussi en chansons, on se sépare malheureusement aussi avec un refrain et on lorsqu'on meurt on identifie toujours l'être aimé et disparu par une ou des chansons. Quel autre mode d'expression tient cette place ? Nous voulons aussi toucher tous ceux qui à travers la Nouvelle Star on enfin découvert que la chanson était branchée...

- Vous présentez Serge comme «Le magazine de l’exception culturelle made in France ». Ne parlerez-vous que d'artistes chantant en Français ? Quid des Français chantant en anglais comme Phoenix ou Pony Pony Run Run, et des artistes électroniques français instrumentaux comme Daft Punk, Air ou Laurent Garnier ? Auront-ils leur place ?

Didier Varrod: Patrice Bardot et moi nous sommes rencontrés sur un dance-floor. Nous savons donc à quel point les musiques électroniques sont importantes dans le paysage musical français. Elles ont contribué aussi à populariser la musique française hors de nos frontières à l'image des anciens comme Piaf, Chevalier ou Aznavour. Les artistes français qui chantent en anglais ne sont pas exclus de notre magazine mais nous sommes conscients que si la chanson française existe encore comme un marché qui domine la chanson anglo américaine, c'est grâce à celles et ceux qui ont fait le pari de lui conserver son identité, à savoir la langue française. En Italie, en Espagne ou en Allemagne il n'y a presque plus de chansons locales. Quel gâchis !! Souvenez vous lorsque vous alliez en Italie, vous aviez envie d'entendre à la radio Lucio Battisti ou Eros Ramazotti plutôt que Madonna. En France, nous avons cette chance de pour voir nous identifier encore à un Gainsbourg ou un Biolay... Phoenix pu Pony Pony Run Run seront Serge lorsqu'ils viendront nous parler de leurs goûts en matière de chansons française...

- Serge ne présente ni brèves ni chroniques de disques. Pourquoi ?
Didier Varrod:
Le net est omniprésent et fait son travail d'information au quotidien que nous ne pouvons pas faire en rythme bimestriel. Les chroniques de disques, à force d'être partout, n'ont plus aucune valeur. Il vaut mieux être subjectif et de mauvaise foi en choisissant un disque, un seul, qui illustre bien le ton Serge (Philippe Katerine dans le numéro un NDLR). A travers ce choix, on peut aisément décrypter quel type et style de chanson nous aimons.


- Au fait, pourquoi Serge ?

Didier Varrod: Serge, parce que "Le beau Serge" est un film magnifique de Claude Chabrol qui a incarné la nouvelle vague et nous voulons incarner une nouvelle vague de la chanson. Serge comme Gainsbourg, le grand fédérateur de toute la chanson française. Serge, parce que c'est un beau prénom. Serge parce que c'est un beau tissu. Serge parce que ça sonne comme une promesse.


- Qu'avez-vous voulu faire avec ce cahier en dernière partie baptisé "Les dessous chics" ?
Didier Varrod:
Les dessous chics pour dire et affirmer que l'on peut aussi parler de chanson, de création, d'inspiration à travers d'autres modes d'expression ou mode de vie. Les artistes ont souvent aussi d'autres passions qui en lien avec la chanson éclairent leur psychologie de façon nouvelle. Avec Patrice nous aimons aussi découvrir des choses que nous ignorions  sur les artistes que nous aimons.

 

- Vous faites depuis longtemps de la radio, des documentaires télévisés et des livres, mais vous dirigez la rédaction d’un journal pour la première fois. Qu’est-ce que cela représente pour vous?
Didier Varrod: Il y a comme un signe dans cette rentrée 2010... je me retrouve à co-diriger un magazine musical et à être chroniqueur dans la matinale de France Inter. Or, j'ai démarré en 1983 dans la presse musicale pour un mensuel Numéros qui se voulait être alors le nouveau Salut les Copains des années 80 et qui m'a amené à rejoindre un autre journal sur la chanson francophone Chanson magazine qui fut un référent à l'époque. La presse a toujours été pour moi la fondation pour que tout artiste obtienne sa crédibilité et le support noble pour l'expression d'un journaliste. Comme le travail de la chronique radiophonique qui a marqué mes débuts à France Inter dans l'émission de Foulquier. Je retrouve les deux disciplines de mes débuts. Avec la maturité, c'est grisant de savoir que l'on passe sa vie à faire ses débuts comme l'a si bien dit Claude Nougaro après le succès de Nougayork...

 


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