Prince sur scène en Californie, mai 2011.

Prince sur scène en Californie, mai 2011.

WireImage/Jordan Strauss
Le kid de Minneapolis investit la vaste arène sportive de Saint-Denis pour la première fois de sa carrière le 30 juin

Le pari est plus risqué qu'il n'y paraît pour Prince. D'abord, le musicien n'a pas sorti le moindre album cette année. Ensuite, il a déjà donné deux concerts d'importance l'an passé, à Arras et à Nice, où il a peiné à remplir le Nikaïa.

Surtout, l'auteur de "Purple Rain" n'a annoncé qu'il s'offrait le Stade de France qu'un mois avant la date prévue.


Or, 30 jours pour écouler 80.000 billets à Paris n'est pas une mince affaire. Même quand on s'appelle Prince. Et à fortiori lorsqu'on est un musicien connu pour n'aimer rien tant que taper le boeuf dans de petits clubs en marge de ses passages dans de grandes arènes. Pour les fans, gigantisme ou intimisme, le choix est vite fait.

De fait, les organisateurs ont eu beau organiser à deux reprises la vente de 5.000 billets bradés à 35 euros, il restait encore des places dans toutes les catégories à quelques jours du concert. A comparer avec  les Black Eyed Peas, dont les places pour les trois soirs au Stade de France la semaine dernière s'étaient arrachées en quelques heures.

Sur scène, Prince n'a pas volé sa couronne
Reste qu'on n'échangerait pour rien au monde un concert de l'un pour trois concerts des autres. Car à 52 ans, Prince reste un maître incomparable sur scène.

Le Stade de France n'est qu'une étape dans l'énorme tournée  "Welcome 2 America" qu'il a entamée fin 2010 et qui aborde l'Europe ces jours-ci.

Prince "Welcome to America" Tour 2011Outre-Atlantique, sa maestria a fait merveille durant des concerts endiablés approchant souvent les deux heures. De New York à Los Angeles, il a époustouflé le public en livrant des versions entièrement nouvelles de ses classiques et en jouant avec des titres moins connus de son catalogue.

A Los Angeles, il a téléscopé sans temps mort "1999", "Controversy", "Little Red Corvette" et "Purple Rain", avant de rebondir sur un mix électrisant de "Sign O The Times", "Alphabet Street", "Pop Life" et "I Would die for you".

A New York, il a pioché avec malice parmi les titres les plus obscurs de son répertoire, redonnant vie aux oubliés "I wanna be your lover", "Uptown", "Condition of the Heart", "The Beautiful Ones" ou "The Question of U".

Prince a également mis son public aux anges avec des reprises inespérées telle que le "Jungle Love" de ses anciens complices The Time ou "Dance, Disco Heat" de Sylvester, tout en lançant régulièrement des clins d'oeil à la jeune génération, via des citations de Beyoncé ou de Cee-Lo Green.

Usant de son charme, minaudant, cabotinant, dansant avec une grâce toute particulière , Prince sait captiver sans artifices une foule de milliers de personnes. Le lutin à la sensualité explosive en ferait presque oublier qu'il est l'un des plus grands guitaristes actuels. Pourtant, il l'a encore prouvé tout au long de cette tournée: ses folles improvisations à la six cordes, fluides et sexy, restent des moments jubilatoires, inoubliables. Alors, toujours hésitants pour le Stade de France ?

Prince au Stade de France jeudi 30 juin


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