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Une étude publiée dans Les Echos met à mal la pertinence de la loi Hadopi, votée il y a trois mois

Tout d'abord, cette étude menée par des chercheurs de l'université de Rennes 1 montre que le nombre de "pirates" a augmenté de 3% en trois mois.

Elle pointe aussi le fait que 3 millions d'internautes passeraient au travers des mailles de la loi Hadopi et souligne que les "pirates" sont aussi pour une large part des acheteurs légaux.


Les auteurs de l'étude publiée mardi 9 mars dans Les Echos  soulignent tout d'abord le fait qu'"à peine 15% des internautes qui utilisaient les réseaux "peer-to-peer" (poste à poste) avant l'adoption de la loi Hadopi ont cessé de le faire depuis".

Certes, le mécanisme des messages d'avertissements envoyés aux contrevenants prévu par la loi n'a pas encore débuté - il est attendu au plus tôt au printemps.

Mais en attendant, le décret  sur la conservation des données sur les réseaux "peer-to-peer" vient, lui, d'être publié au Journal Officiel.

Et il laisse de côté tout un pan du téléchargement illégal, celui qui s'effectue de façon directe via des sites comme Rapidshare ou Megaupload, mais aussi celui qui s'effectue en streaming illégal(visionnage et écoute sans téléchargement).

Or, le "peer-to-peer", seul visé par la loi, est justement en régression au profit des pratiques alternatives énoncées ci-dessus et en particulier les sites de streaming: 20% des internautes consommant de la vidéo ou de la musique sur internet le font désormais sur ces sites de streaming, contre 14% qui utilisent les réseaux "peer to peer".

"Au total, plus 3 millions d'internautes passeraient donc au travers des mailles d'Hadopi. La loi ne ciblerait, elle, "que" 2,7 millions de Français", souligne le quotidien économique.

L'étude contredit également l'idée selon laquelle les pirates n'achèteraient pas en ligne. Car la moitié des "pirates" du web se révèlent être également des acheteurs numériques (achat de musique ou de vidéo sur internet).

En poussant le raisonnement, les chercheurs concluent que la loi pourrait carrément priver le marché légal d'une partie non négligeable de ses consommateurs. "Couper la connexion internet des utilisateurs de réseaux Peer-to-peer pourrait potentiellement réduire la taille du marché des contenus culturels numériques de 27%", écrivent-ils. Un effet pervers embarrassant que les défenseurs d'Hadopi n'avaient sans doute pas prévu.

> Voir l'étude complète en pdf sur lesechos.fr

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