Beyonce a triomphé lors de la cérémonie des Grammy Awards à Los Angeles le 31 janvier 2010
AFP - Robyn BECKDe son côté, Beyonce a raflé six des prestigieuses récompenses de la musique populaire américaine. Tandis que sa jeune rivale country-pop Taylor Swift repartait avec le trophée phare de l'album de l'année.
A 28 ans, Beyonce, la reine du R&B a obtenu deux récompenses parmi les plus convoitées: celle de la chanson de l'année pour "Single Ladies (Put a Ring on It)" et celle de la meilleure interprétation vocale pop, confirmant son statut de grande favorite lors de cette 52e nuit des Grammys, pour laquelle elle avait été sélectionnée dix fois.
Son album "I am... Sasha Fierce" a cependant dû s'incliner devant "Fearless", de Taylor Swift, nouvelle petite fiancée country de l'Amérique qui, à 20 ans, avait été sélectionnée huit fois. En plus de l'album de l'année, cette dernière remporte trois récompenses.
La jeune Taylor Swift a aussi décroché la récompense de la meilleure chanson country pour "White Horse". La musique country a été décidément à l'honneur, le groupe Zac Brown Band décrochant la palme de la révélation de l'année.
Pour autant, ni Swift ni Beyonce n'ont obtenu la reconnaissance du disque "single", qui est allée au groupe Kings of Leon pour son tube "Use Somebody".
Lady Gaga, qui était en course dans toutes les grandes catégories, a finalement dû se contenter du meilleur disque "dance" pour son tube "Poker Face" et du meilleur album dans la même catégorie pour "The Fame". La chanteuse, dans un accoutrement encore plus extravagant qu'à l'accoutumée, a ouvert la soirée avec Elton John dans un duo au piano où ils ont interprété un pot-pourri de "Speechless" et de "Your Song".
Les Black Eyed Peas ont, quant à eux, obtenu trois Awards
Des récompenses ont également été décernées à A.R. Rahman,
auteur de la bande originale du film "Slumdog Millionaire", à
Michael Giacchino, autre compositeur de musique de film, au
rappeur Eminem, et au chanteur soul Maxwell. Parmi les lauréats récompensés pour la première fois figurent le vétéran canadien Neil Young, les Australiens d'AC/DC et les Britanniques de Judas Priest.
Deux des enfants de Michael Jackson, Paris et Prince Michael, ont reçu une récompense posthume en mémoire de leur père pour l'ensemble de sa carrière. C'est sur la scène du Staples Center; là où se déroulait la cérémonie, que le "roi de la pop" avait reçu un hommage de milliers de fans quelques jours après sa mort en juin dernier.
"Dans toutes ses chansons, son message était très simple: l'amour", a déclaré le fils aîné du chanteur défunt, d'une voix hésistante. "Nous continuerons à répandre son message", a-t-il promis, alors que Carrie Underwood, Jennifer Hudson, Céline Dion, Smokey Robinson et Usher venaient d'interpréter "Earth Song" de et pour Michael Jackson.
Les prestigieux prix musicaux Grammy Awards sont considérés comme les Oscars des musiques actuelles.
Les succès français
David Guetta a été récompensé aux Grammys dans la catégorie du meilleur titre remixé pour son tube "When love takes over" (avec, au chant, l'Américaine Kelly Rowland). Le DJ de 42 ans, préféré à Dennis Ferrer, Jean Elan, Dave Aude et Anders Trentemoller, était en lice dans quatre autres catégories. "Cela veut dire que la culture DJ et la culture dance progressent enfin en Amérique", a-t-il estimé sur la scène du Staples Center.
De son côté, Phoenix a été sacré dans la catégorie meilleur album alternatif pour "Wolfgang Amadeus Phoenix". Le groupe versaillais s'est payé le luxe de devancer des légendes de la pop, tels Depeche Mode ("Sounds of the Universe") et le duo David Byrne et Brian Eno ("Everything that Happens Will Happen Today"). Mais aussi les groupes américains Death Cab for Cutie ("The Open Door") et Yeah Yeah Yeahs ("It's Blitz!).
"Wolfgang Amadeus Phoenix" est le quatrième album de Phoenix, composé de Thomas Mars, Deck D'Arcy, Christian Mazzalai et Laurent Brancowitz ("Branco").
Phoenix jouit d'un statut à part sur la scène musicale française: fleuron de la pop hexagonale, il est encore plus coté à l'étranger que dans son propre pays. Le groupe, qui écrit ses chansons en anglais, est devenu l'an dernier le premier groupe français à jouer dans l'émission télévisée culte américaine "Saturday Night Live".
Le groupe et le DJ - qui chantent en anglais -, qui sont les artistes français qui se sont le mieux exportés l'an passé, ont reçu lundi les
félicitations du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand.
En revanche, Aulnay-sous-Bois a vu ses espoirs s'envoler dans la catégorie blues traditionnel: le jury a préféré "A stranger here", de Ramblin Jack Elliott, à "Chicago blues, a living history". Un album dont la ville de Seine-Saint-Denis avait cofinancé l'enregistrement (20.000 euros sur un total de 40.000).
Ce disque regroupe notamment des titres des bluesmen Billy Boy Arnold, Billy Branch et John Primer. Il a été enregistré en 2008 à Chicago, en lien avec le festival "Aulnay all blues", organisé chaque année par la cité de banlieue parisienne. Malgré cette déception, cette dernière a connu une médiatisation inattendue grâce à sa nomination aux prestigieux Grammy Awards.
Les lauréats des principaux Grammys
Principales récompenses accordées dimanche à Los Angeles à l'occasion de la 52e cérémonie de remise des Grammy Awards, les "oscars" de la musique populaire américaine:
Album de l'année: "Fearless", Taylor Swift
Disque "single" de l'année: "Use Somebody", Kings of Leon
Chanson de l'année: "Single Ladies (Put A Ring On It)", Beyonce
Révélation de l'année: Zac Brown Band
Meilleure interprétation vocale féminine pop: "Halo", Beyonce
Meilleure interprétation vocale masculine pop: "Make It Mine", Jason Mraz
Meilleur album vocal pop: "The E.N.D.", The Black Eyed Peas
Meilleur album rock: "21st Century Breakdown", Green Day
Meilleur album de R&B: "Blacksummers' Night", Maxwell
Meilleur album rap: "Relapse", Eminem


