Dans les allées du Midem
DRMalgré une baisse de fréquentation de 10% (7.200 professionnels de 78 pays présents), les dirigeants du Midem se sont félicités du volume soutenu d'affaires conclues selon eux par les professionnels durant la manifestation.
La directrice du Midem Dominique Leguern a souligné la montée en puissance du secteur numérique dont elle s'est réjouie.
Comme c'est le cas depuis près d'une décennie, l'industrie musicale a cherché et débattu au Midem des modèles de remplacement face à la chute interminable des ventes de disques.
La piste numéro un actuellement est celle de "la monétisation de l'accès à la musique", indiquait la directrice du Midem Dominique Leguern à la veille de la manifestation, soulignant qu'"on n'a jamais consommé autant de musique".
La dynamique des nouvelles technologies
Signe qu'internet et les nouvelles technologies, autrefois diabolisés, ont fini par être incontournables, le MidemNet, forum uniquement consacré à l'évolution de la musique sur internet, était intégré pleinement pour la première fois au Midem depuis sa création il y a plus de dix ans.
Il est vrai que les ventes sur internet et mobiles sont à prendre au sérieux: elles ont progressé de 12% l'an passé au plan mondial et elles représentent désormais 27% du chiffre d'affaires de l'industrie musicale (selon les derniers chiffres de l'Ifpi).
Nombre de conférences et d'ateliers ont ainsi porté sur les moyens d'utiliser au mieux les nouvelles technologies comme Twitter et les applications sur i-Phone pour promouvoir les artistes et d'en tirer de nouvelles sources de revenus.
Les sites de streaming, débouché encore fragile
Concernant le streaming, les sites leaders Spotify et Deezer, qui cherchent à fidéliser des abonnés payants, ont été au coeur des débats entre professionnels.
Si le Suédois Spotify revendique désormais 250.000 abonnés payants sur ses 7 millions d'utilisateurs, les rumeurs insistantes sur les difficultés du leader français du secteur Deezer ont plombé les espoirs. Deezer a toutefois assuré mercredi qu'il était "financé pour continuer son développement" et a annoncé la nomination d'un directeur général pour épauler le président Jonathan Benassaya.
Les marques très courtisées
Alors que les revenus du numérique ne parviennent toujours pas à compenser la chute des ventes de CD, les vedettes de ce Midem ont été les marques, synonymes d'exposition médiatique et de revenus alternatifs.
Le système de l'endorsement, qui n'a rien de nouveau, monte en puissance avec la crise. Il consiste à passer des partenariats entre une marque et un artiste. Ce dernier prête son image ou fournit du contenu exclusif à la marque, bénéficiant d'une exposition et d'une source de revenus complémentaires. En retour, la marque profite de l'aura de l'artiste et de la sympathie de ses fans.
Les sessions d'écoute organisées par des sociétés de jeux vidéo et des chaînes de télévision à la recherche de musique pour leurs projets ont été très fréquentées. Les responsables du jeu DJ Hero ont ainsi indiqué avoir reçu plus de 100 propositions de groupes pour qu'un de leur titre apparaisse dans le jeu.
Des ateliers étaient proposés aux managers pour apprendre à présenter leurs groupes aux agences de publicité. Pharell Williams, producteur de musique américain (membre des groupes N.E.R.D. et Neptunes) est venu prodiguer ses conseils auprès des managers. "Ce que vous recherchez de plus important, c'est de la visibilité", a-t-il martelé.
Baisse de la dégringolade du marché de gros en France
Signe d'espoir pour l'industrie musicale, le net ralentissement de la baisse du marché de gros de la musique en 2009, avec un repli de 3,2% contre 15% en 2008.
C'est ce qu'ont annoncé lundi au Midem les producteurs français, qui attribuent cette embellie au grand nombre de nouveautés parues en fin d'année et aux premiers effets de la loi Hadopi, qui ne sera pourtant effective qu'en avril 2010 au plus tôt.
Premiers effets encourageants des lois pour contrer le piratage
Après la France, plusieurs pays dont la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande, réfléchissent au meilleur moyen de lutter contre la piraterie avec une réponse graduée façon Hadopi. Mais faisant face à leur tour à de virulents débats, ils attendent de voir quels sont les résultats chez les pays qui l'ont déjà tenté.
A part la France, un seul autre pays au monde a franchi le pas de la réponse graduée: la Corée du Sud où la loi est en place depuis juillet. Selon l'IFPI, les ventes numérques y ont grimpé de 53% sur les neuf premiers mois de 2009.
En Suède, l'adoption d'une législation plus stricte, combinée aux effets du procès du site pirate The Pirate Bay et à l'explosion du service de streaming Spotify, a constitué une bouffée d'oxygène pour l'industrie musicale en 2009. Les ventes numériques ont bondi de 98% et les ventes de CD de 1,9%.
En Grande-Bretagne, un projet de loi présenté début 2010 prévoit la possibilité de fermer les sites permettant le téléchargement illégal. Il a été qualifié de "censure" par ses opposants.
Aux Etats-Unis et au Japon, l'industrie musicale préfère négocier
directement des accords avec les fournisseurs d'accès à internet (FAI).
Le point de vue très intéressant du guitariste de Radiohead Ed O'Brien est à écouter dans une interview sur le site du Midem.
Frédéric Mitterrand au Midem
Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, a fait une visite dimanche au Midem où il a dévoilé ses premiers arbitrages sur le rapport Zelnik sur la musique (amélioration de l'offre légale sur internet et rémunération des créateurs).
Le ministre a repris à son compte l'essentiel des propositions de la mission Zelnik, dont la création d'une carte jeune, qui devrait être mise en place si possible avant la fête de la musique le 21 juin, et l'instauration d'une gestion collective des droits sur internet (droits sur le téléchargement et le streaming) à laquelle les producteurs sont opposés.
Le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep), qui représente les principaux producteurs de disques, avait déjà fait part le 19 janvier de sa très vive opposition à cette idée de gestion collective des droits.
Actuellement, chaque maison de disques négocie individuellement avec chaque site de streaming et de téléchargement les conditions de mise à disposition de son catalogue. Selon la mission Zelnik, la mise en place d'une gestion collective permettrait de mieux répartir la richesse entre artistes, producteurs et éditeurs de services sur internet et d'améliorer l'offre disponible sur ces sites.
>> Le site du Midem


