Les voix sont particulièrement à l'honneur au cours du festival cette année, qui a débuté vendredi 12 mars, et se poursuit jusqu'au 16 avril dans plusieurs villes de Seine-Saint-Denis.
Dédié au jazz, Banlieues Bleues décline le genre sous toutes ses formes avec une foule de concerts dispersés dans tous le département.
Omara Portuondo, diva de la musique cubaine, interprètera ses boléros le 27 mars à Villepinte. Nathalie Natiembé proposera le 10 avril à Stains ses poésies engagées et son chant maloya possédé.
Sandra Nkake, Franco-camerounaise, possède l'une des plus belles voix soul de l'Hexagone. Cette chanteuse de la scène undergroud parisienne, également comédienne, présentera le 13 avril à Clichy-sous-Bois une création à la croisée de l'électro, du funk, du jazz et du Brésil.
La Malienne Rokia Traoré, qui apporte à son chant issu de la tradition la pulsation d'une rythmique rock, est également au programme.
Benat Achiary a puisé dans les bertsularis, joutes verbales basques, la science de l'improvisation, renforcée par sa rencontre avec Bernard Lubat. Le vocaliste libertaire interprètera (30 mars à Bobigny) Poeta en Nueva York, un sombre poème de Garcia Lorca mi-chanté, mi-récité.
Le cante flamenco sera également à l'honneur avec Enrique Morente, et Miguel Poveda, représentant la nouvelle génération, le 16 avril à Bobigny.
L'improvisation est l'autre axe majeur du festival. Collective avec la soirée d'ouverture, où le Nublu Orchestra devait être conduit par Butch Norris selon la technique de la "conduction", sorte d'improvisation en temps réel.
Autre manière d'improviser: en solitaire, un exercice auquel se prêteront le violoncelliste Didier Petit (26 mars à Stains) et le pianiste Anthony Coleman, qui va donner sa version de la musique de Jelly Roll Morton dans le respect de l'original (14 avril à Pantin).
Improvisation n'est pas forcément synonyme de free jazz: le trompettiste Jacques Coursil interprètera une musique recueillie où il cultive l'art du silence le 19 mars à Pierrefitte.
Plusieurs concerts verront la rencontre de musiciens qui, au-delà de leur différence, parviennent à trouver une complicité et un espace commun, comme le duo Ballaké Cissoko (kora)-Vincent Segal (violoncelle), qui accordent leurs cordes pour créer comme une musique de chambre malienne.
La scène hexagonale a toujours une place de choix, représentée notamment par le duo Bojan Z (piano)-Julien Lourau (sax ténor et soprano), où le premier apporte la verve des musiques balkaniques de son enfance, ou le Septik de Médéric Collignon (cornet, trompette de poche) pour un détournement de la musique du western Il était une fois la révolution, d'Ennio Morricone.
Quelques figures historiques du jazz contemporain sont également à l'affiche, parmi lesquelles le saxophoniste Archie Shepp, le pianiste allemand Joachim Kühn pour une création entre jazz et musique gnawa, ou le vibraphoniste d'origine éthiopienne Mulatu Astatke.
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