Les deux piliers d'Anvil: Robb Reiner et Lips

Les deux piliers d'Anvil: Robb Reiner et Lips

© Zootrope Films
Un documentaire autour d'Anvil, groupe de Métalleux canadiens oubliés du cirque rock'n'roll, vient de sortir

Il y a trente ans, à leurs débuts, les musiciens d'Anvil avaient tout pour devenir des stars du rock. Bruyants, drôles et gentiment provocateurs, cette bande de potaches montée sur ressorts avait le vent en poupe. 

12 albums plus tard, le succès n'a toujours pas frappé à la porte. Qu'importe, Anvil n'a pas dit son dernier mot !

A 50 ans et des poussières, avec 12 albums au compteur, les deux piliers du groupe, le jovial chanteur guitariste Lips, et son batteur taiseux Robb Reiner,  refusent d'abandonner leurs espoirs d'ados: jouer ensemble toute leur vie et connaître la gloire avec leur musique.

Certes, Anvil (qui signifie Enclume) a influencé nombre de groupes tels que Metallica, Slayer et Anthrax. Il serait même le tout premier à avoir utilisé le mot metal pour définir ce style avec leur album Metal on metal dès 1982. Mais leur nom reste plus que confidentiel et le groupe joue bien souvent pour trois pelés dans des salles miteuses.

Pourtant, rien ni personne ne fera dévier de leur objectif ces complices de plus de trente ans: ni les galères, ni les humiliations, ni les déboires pécuniers, ni les engueulades, ni les petits boulots merdiques pour assurer la survie familiale.

Touché par leur persévérance, Sacha Gervasi, un fan de la première heure devenu entre temps scénariste pour Spielberg, a filmé la vie quotidienne de ces losers qui malgré leur énergie, leur implication et leur bonne volonté n'ont jamais touché le gros lot au "loto du rock'n'roll.

Le documentaire débute sur les chapeaux de roue avec des images d'époque: en 1984, à Tokyo, le groupe joue devant plusieurs milliers de fans lors d'un festival où se produisent Scorpions, White Snakes et Bon Jovi. Leur show a de la gueule: Lips rugit, torse poil sous un harnais de cuir SM et joue plus vite que son ombre... avec un vibromasseur en guise de médiator. La foule est en délire.

La bande-annonce d'Anvil, sous-titrée en Français

Difficile de ne pas être secoué de rire devant ces images dignes du film parodique "Spinal Tap". Mais la réalité reprend vite ses droits. "Pizzas une semaine, hachis-parmentier la suivante", explique Lips, aujourd'hui livreur pour les cantines scolaires à Toronto. Fini de rire ? Pas sûr, car Gervasi garde toujours la bonne distance sans jamais faire somber ses héros dans le pathétique ou le ridicule.

La galère est néanmoins le lot quotidien d'Anvil: la tournée européenne de 5 semaines sur laquelle on les suit en 2006 les voit jouer de malchance à chaque étape: quand ils ne loupent pas leur train, ils échouent dans des salles minables où personne n'a entendu parler d'eux. Ailleurs, ils jouent devant 174 personnes quand on en attendait 10.000. A pleurer? Eux ne regrettent pas une seule minute de cette tournée.

L'enthousiasme intact, le groupe reste impliqué comme au premier jour. La réalisation d'un treizième album entraîne d'ultimes sacrifices pécuniers. Des disputes éclatent, à mettre au compte de l'usure, vite oubliées. Entre Lips et Robb, c'est à la vie à la mort. L'amour de la vie et de la musique réconcilient toujours ces éternels adolescents jamais descendus de leur nuage.

L'affiche de Anvil!On rit et on pleure avec eux. Et ultimement on verse une larme, le coeur chaviré, quand on devrait exulter: à Tokyo, 30 ans plus tard, le triomphe scénique est enfin au rendez-vous.

"C'était un groupe de surdoués", assure Lemmy de Motorhead. "On a exploité leur style et puis on les a laissés tomber. Ils méritaient plus de considération", remarque Slash, ancien des Guns'n'Roses. "Vous en connaissez beaucoup des groupes qui sont encore là après 30 ans ? Il y a les Stones, les Who. Et Anvil".

L'épilogue du documentaire ne le dit pas, mais le film leur a apporté une notoriété susceptible de faire basculer le sort dans le bon sens: Anvil est en tournée non stop autour du monde depuis des semaines et jusqu'en juillet. Leur histoire d'amitié, exemplaire, a sans doute touché bien au-delà du cercle heavy metal.

"Anvil", documentaire de Sacha Gervasi est sorti en France le 3 février 2010

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 La page Myspace d'Anvil
Le site officiel d'Anvil
Le site dédié au film The Story of Anvil
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