Ebony Bones en concert le 29/08/09 à Rock en Seine
© AFP. L.BonaventureUne annulation pour laquelle les festivaliers bénéficieront d'un remboursement partiel. En trois jours, 97.000 spectateurs ont assisté aux concerts.
"Le bilan est extrêmement positif à l'exception d'une fausse note qui a eu lieu vendredi soir", s'est félicité le directeur du festival François Missonnier.
Le festival va rembourser 15 euros aux 30.000 personnes qui étaient présentes vendredi soir, qu'elles aient été titulaires d'un billet pour la seule journée ou d'un forfait trois jours. Le billet à la journée était vendu 45 euros et le forfait trois jours 99 euros.
Les modalités de remboursement seront communiquées "d'ici une quinzaine de jours" sur le site internet du festival www.rockenseine.com et via les distributeurs, a précisé M. Missonnier.
Au programme, des revenants en grande forme
Le groupe de métal alternatif Faith No More a fait un retour en grande forme après onze ans d'absence samedi sur la scène, lors d'une journée sans fausse note après la défection d'Oasis vendredi soir.
Rock en Seine se distinguait cette année avec une pluie de revenants et d'exclusivités, de Madness à Faith No More, ou Prodigy.
Vêtus de costumes clairs, les Américains qui se sont reformés cet été ont commencé leur concert sur un mode crooner par une reprise au second degré du classique soul "Reunited" de Peaches & Herb. Ils ont ensuite monté balayé leur 28 ans de carrière et aligné les classiques comme "Last cup of sorrow" ou "Be aggressive", en bousculant les frontières du genre. Pendant une heure trente, le chanteur Mike Patton, fine moustache, cheveux gominés et fleur blanche à la boutonnière, a arpenté la scène, hurlant devant un mur de guitares, se munissant d'un mégaphone sur certains titres. De temps à autre, le groupe calmait le jeu avec des morceaux plus lents sur lesquels la voix profonde de Patton fait merveille, comme "Easy", leur plus grands succès commercial. Très à l'aise, le chanteur haranguait le public, plaisantait et s'est même lancé dans une version italienne d'"Evidence".
Auparavant, The Offspring, autre vétérans des années 90, avaient rempli la grande scène. Les Américains ont déversé leur punk-rock efficace devant un public conquis à leur cause.
Rock en Seine a également eu droit à un avant-goût de l'avenir grâce à Ebony Bones, extravagante poupée psychédélique, qui a proposé dans l'après-midi un show bourré d'énergie, bien qu'émaillé d'incidents techniques. Collants orange fluo, mini-robe multicolore, gigantesques bracelets cubiques au poignets et coupe afro décolorée en blond, l'ancienne star de soap-opera est la créatrice d'un rock tribal, fusion de punk, de soul, de ragga et d'électro.
Rock en Seine a également vu défiler l'électro-pop de Calvin Harris, davantage taillée pour les dancefloors que pour la scène, les envolées instrumentales de Yann Tiersen, le pop-rock de Noisettes ou la cold-wave de The Horrors.
Parmi les découvertes françaises, Cheveu, présenté dans le cadre d'Avant-Scène, la sélection des jeunes groupes franciliens, a proposé un rock expérimental, associant guitares lourdes et claviers hypnotiques, emmené par un chanteur incantatoire.
Pour la deuxième journée consécutive, Rock en Seine affichait complet avec 30.000 spectateurs. Le festival francilien s'achève dimanche avec The Prodigy, MGMT, Klaxons, et des énigmatiques Petits Pois, que la rumeur présente comme un "supergroupe" formé de Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters), Josh Homme (Queens of the Stone Age, Eagles of Death Metal) et John Paul Jones (Led Zeppelin).
Pas de concert d'Oasis, vendredi soir
Une altercation en coulisses entre les frères Gallagher, les deux membres fondateurs d'Oasis, a entraîné l'annulation de leur prestation. Quelques minutes avant le début du concert, prévu vendredi à 22h00, l'organisation a prévenu au micro que Liam et Noël Gallagher s'étaient "battus en coulisses". C'est la 3ème année d'affilée que le festival fait face à une annulation de dernière minute: en 2007 et en 2008, la chanteuse soul Amy Winehouse avait fait faux bond aux organisateurs.
Les vétérans du groupe ska Madness, qui avait déjà donné un concert dans l'après-midi très apprécié par le public, ont accepté de remplacer Oasis à la dernière minute.
Oasis "n'existe plus", Noël claque la porte
"Le groupe n'existe plus. Il ne jouera pas ce soir et annule le reste de la tournée européenne", a ajouté l'organisation au micro, précisant que le chanteur du groupe Liam Gallagher allait publier sa version des faits sur le site internet du groupe.
De fait, Noël Gallaguer a annoncé vendredi soir qu'il quittait le groupe Oasis. "C'est avec une certaine tristesse et avec un grand soulagement que je vous annonce que je quitte Oasis ce soir. Les gens écriront et diront ce qu'ils veulent mais je ne pouvais tout simplement plus travailler avec Liam un jour de plus", déclare-t-il dans un bref message sur le site internet du groupe.
A l'annonce du désistement des ombrageux frères ennemis, les 30.000 spectateurs de Rock en Seine, qui affichait complet vendredi, ont exprimé un mélange d'abattement et de résignation. Un certain nombre de spectateurs ont quitté les lieux sans attendre le concert de remplacement de Madness. Des fans ont fait part, tantôt de leur tristesse, tantôt de leur colère, certains ayant fait un long voyage pour venir applaudir Oasis.
Les frères Gallagher, dont les relations sont houleuses depuis les débuts du groupe en 1991, se querellaient au grand jour depuis plusieurs mois déjà, notamment via le site de micro-blogging Twitter. La tournée mondiale de quelque 13 mois suivant la publication de leur dernier album "Dig out your soul" en 2008, se déroulait dans une ambiance tendue. La semaine dernière, le groupe avait dû publier un communiqué démentant des rumeurs de séparation, après l'annulation d'une date dans un festival anglais, officiellement en raison d'une laryngite dont souffrait Liam.
La belle affiche de Rock en Seine 2009
Concernant les autres participants à l'édition 2009, les talents éprouvés tels que MGMT, Klaxons, Birdy Nam Nam et Calvin Harris se partagent l'affiche en compagnie d'une poignée de jeunes têtes prometteuses, dont The Horrors, Sliimy, Passion Pit et Noisettes.
Outre la venue annoncée de poids-lourds tels qu'Oasis, dont la performance a été tuée dans l'oeuf, et Prodigy, ainsi que de groupes qu'on n'attendait plus tels que les chantres du ska britannique des années 80 Madness - avec l'assurance de voir des quadragénaires du public péter un cable et pogoter en nombre dès les premières notes de "One step Beyond" - ou le groupe culte de metal américain aux idées larges Faith No More emmené par Mike Patton et absent des scènes depuis plus de dix ans, il y a quelques autres bonnes raisons de venir à Rock en Seine.
D'abord, pour siffler la fin de l'été, se mettre une dernière fois au vert sur la pelouse du parc de Saint-Cloud, à quelques encablures de Paris.
Ensuite voir enfin sur scène le groupe britannique The Horrors, qui est à notre sens l'auteur de l'un des meilleurs albums de 2009 ("Primary colors"), une merveille d'équilibre pop-rock produite par Geoff Barrow de Portishead.
Et puis, découvrir les Avant Seine, ces jeunes groupes franciliens que déniche chaque année le festival. Après Herman Düne, Stuck in the Sound, Housse de Racket et Nelson lors des dernières éditions, c'est cette année au tour de Gush, Tatianas, Lilly Wood, Hindi Zahra, Cheveu et Jil is Lucky de montrer au public de quel bois ils se chauffent.
Mais encore, admirer la créativité d'une floppée d'illustrateurs et graphistes invités à travailler sur des affiches de tous les groupes présents cette année au festival et exposés sur place sous le nom de Rock Art.
Enfin, dernière raison solide pour ceux qui ont des enfants, se faire plaisir sans culpabiliser en leur offrant une rock'n'roll party pour kids qu'ils ne sont pas près d'oublier. Gratuit, le Mini Rock en Seine est un espace ludique pour les 6 à 10 ans, ouvert de 14h à 23h30 durant tout le festival. Au menu: ateliers rock, concerts, bal rockabilly, goûter, lecture de contes... rien que du bonheur pour les rockeurs en culotte courte.
Malgré la crise, Rock en Seine espère battre le record d'affluence de l'an dernier. Le festival avait alors attiré 76.000 spectateurs. "Si on peut dépasser les 80.000, ce serait bien", espère le directeur du festival, François Missonnier, qui souligne avoir été "vigilant sur les tarifs", qui n'ont pas bougé par rapport à 2008 (45 euros pour une journée, 99 euros le forfait "trois jours").
>> Le site du festival Rock en Seine
>> France 3 Ile-de-France a mis en place un site dédié à la couverture du festival en vidéos (à consulter ici).
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