Oxmo Puccino
AFP Sébastien BozonOxmo Puccino mérite son surnom de ‘Black Jacques Brel’.
Comme Brel, Oxmo transpire sur scène. Comme Brel, Oxmo chante Amsterdam. Et comme Brel, Oxmo trempe sa plume dans ses plaies.
L’atmosphère est sombre et intimiste. Entrecoupée de lumières jaune, violette et bleue. Et de fumée, légale ou pas. Le « cactus de Sibérie » au costume noir et cravate blanche a donné de sa personne, de son amour et de son talent verbal à un public conquis d’avance.
Plus de deux heures de concert généreux où « on danse pas, on bouge ! ». Oxmo a exposé toute l’étendue de sa palette artistique. Du pur rap de ses débuts en 1995 pour les anciens (fans) avec « L’enfant seul », « Mama Lova » ou « J’ai mal au mic », au rap plus jazzy de ses deux derniers albums « Lipopette Bar » et « L’arme de paix ». Dans tous les cas le public répond présent. Les trentenaires rappent mot à mot avec lui sur ses vieux morceaux et les plus jeunes restent dans le silence de l’écoute admirative.
L'enfant seul
Le roi de l’OXyMOre n’est définitivement pas mort. L’inoxydable Oxmo a une nouvelle fois démontré qu’il est avant tout un rappeur à textes, qui mêle la poésie au rap. Mais c’est aussi une bête de scène, un véritable chef d’orchestre avec ses excellents musiciens mais aussi avec le public. Et quand il demande à la salle de « sauter comme à Barcelone » la main en l’air, ou de l’accompagner sur les refrains « Eh Ouaaaaaaaaaais ! », « O-X, M-O !!! », c’est tout l’Olympia qui s’exécute.
Oxmo séduit n’importe qui. Il est un artiste confirmé mais garde toujours une grande proximité avec son public. « Ma plus grande histoire d’amour, c’est vous », dit-il avant de se retirer. Le gamin du XIXe demeure un grand sensible. Quand il termine son concert avec son plus grand succès « L’enfant seul », tout l’Olympia sort son portable pour l’enregistrer. « T'es l'enfant seul / Je sais que c'est toi /Viens-tu des bas-fonds Ou des quartiers neufs ? /Bref, au fond tous la même souffrance ». Oxmo quitte la salle dans l’ombre sous un tonnerre d’applaudissements. Les lumières se rallument, la salle se vide à reculons et un spectateur résume la performance : « Il ne pouvait pas donner plus ».
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