Air 2009, en balade au sommet
© Photo Luciana Val & Franco MussoAprès les miniatures japonisantes de "Pocket Symphony", Air explore de nouveaux terrains de jeux sur "Love 2", pimentant ses compositions de touches subtiles piochées parmi ses influences méconnues, du rock à l'afro-beat.
Pour autant, le duo réussit la gageure de ne jamais se départir de son style si particulier, élégant, aérien et rétro-futuriste.
Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel ont bénéficié d'un cadre idéal pour l'élaboration de ce sixième album : leur propre studio d'enregistrement, une caverne d'Ali Baba regroupant matériel dernier cri et pièces vintage, construit sur mesure dans le quartier parisien de Belleville.
Un rêve d'enfant devenu réalité dont la finalisation tombait à pic. Après plusieurs années de collaborations diverses (films de Sofia Copolla, album de Charlotte Gainsbourg, travail avec l'écrivain italien Alessandro Barricco et le chorégraphe Preljocaj) les deux complices avaient en effet envie de se retrouver enfin en tête à tête.
"On était nostalgiques de l'époque où il n'y avait que nous deux", explique Nicolas. "Ca nous a permis de faire quelque chose qui est plus du Air parce que c'est 100% nous deux, ce n'est pas dilué", ajoute-t-il.
Nicolas Godin: "Un côté crado et rock"
Le premier morceau de l'album, "Do the Joy" et son riff rock, affiche le programme: jubilons et jouissons sans entraves. "On y trouve un côté plus expérimental, crado et rock, qui donne le ton", explique Jean-Benoît Dunckel dans le magazineTsugi. Etonnant pour nos deux Versaillais bien peignés.
Sauf que suivent bientôt l'afro-beat somptueusement traité de "Night Hunter" et le morceau charnière de l'album, "Tropical Disease", une composition dérangée et boulimique qui cumule les clins d'oeil jusqu'à l'orgie finale, mêlant la magie free-jazz d'Alice Coltrane et Pharoah Sanders à une flûte enfantine très Chapi Chapo que vient téléscoper un riff de guitare déchiré.
Bien sûr, il y a aussi le charmant single "Sing, Song, Sung", plus léger qu'une bulle de savon, et la béatitude de "Heaven's Light" et "So Light is her Footfall" qui, avec leur synthé haut perché, rappellent tous deux la divine quête solaire d'un Roy Ayers. Mais décidément, sous sa surface lisse, son côté gentil et léché, voire insignifiant, la musique de Air est beaucoup plus vénéneuse, profonde et hantée qu'il n'y paraît.
Aujourd'hui plus que jamais, il y a d'ailleurs deux façons opposées d'approcher Air. D'une part celle qui consiste à ne voir en eux qu'un duo de jeunes gens bien nés et propres sur eux, archi-consensuels; des pionniers de la french touch de la fin du XXe siècle, un brin désuets et trop bisounours face à la vogue des turbines électro.
Et puis il y a l'approche qui consiste à écouter leur musique sans aucun a-priori, à baisser la garde et ouvrir toutes grandes les vannes émotionnelles pour les laisser oeuvrer. Et là, quand la grâce survient, souvent de façon inattendue (et généralement au casque), Air devient imbattable. On se retrouve alors prêts à baiser les pieds de ces chercheurs de Graal sonore, l'oeil humide de reconnaissance. Ne souriez pas: personne n'est à l'abri.
Air en concert le 11 janvier au Casino de Paris
mais aussi les 1er, 3, 4 et 6 juin 2010 à la Cité de la Musique
A noter également:
Air sera invité le 15 octobre dans "Ce soir ou Jamais", l'émission de Frédéric Taddeï sur France 3
Air est en couverture du magazine Tsugi de septembre...en vente jusqu'au 8 octobre avec un cd exclusif de 10 titres sélectionnés par Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel.
> La page Myspace de Air
> Le site officiel de Air
> Le clip de Sing Sang Sung sur Youtube
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