Dominique Meyer à Vienne le 27 août 2010
AFP / Dieter Nagl"Les dieux sont sur la scène, pas dans les bureaux !", tel était son credo avant de prendre les rênes du Wiener Staatsoper, pour lequel il prône "une plus grande modernité".
Ses objectifs: "Plus d'opéras contemporains et de premières", "la renaissance du ballet" et "le développement des spectacles pour enfants", a-t-il déclaré à l'AFP le 30 août.
Dominique Meyer travaillera aux côtés d'un nouveau directeur musical, le chef d'orchestre autrichien Franz Welser-Möst, 49 ans, "un des chefs les plus doués de sa génération", qui prend la relève du Japonais Seiji Ozawa, et qui dirigera notamment le Concert du Nouvel An 2011.
Pour la danse, le Français a fait appel à son compatriote Manuel Legris, 45 ans, auparavant danseur étoile à l'Opéra de Paris, formé par Rudolf Noureev.
L'Alsacien Dominique Meyer, 54 ans, souhaite de la modernité au Staatsoper, mais pas seulement. Il a annoncé "le retour du baroque" à Vienne, et vouloir "remettre au premier plan Wolfgang Amadeus Mozart" dans le vieux Staatsoper de la capitale européenne de la musique.
Avant de partir en Autriche, le natif de Thann (Haut-Rhin) a dirigé le Théâtre des Champs-Elysées durant onze ans (1999-2010). A Vienne, ce fils de diplomate, économiste devenu homme de culture a succédé à l'Austro-Roumain Ioan Holender. Ce dernier est resté en poste durant 18 années, et s'est vu reprocher une certaine usure.
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Davantage de productions et de diversité
Dominique Meyer a souhaité faire passer le nombre de créations de quatre à six par an, avec le retour de deux opéras contemporains absents depuis longtemps du Staatsoper: "Cardillac" de Paul Hindemith (1895-1963) et "Katia Kabanova" de Leos Janacek (1854-1928). "Je trouve que l'un des faits importants du développement du répertoire international au cours de ces 20 dernières années c'est Janacek. Ce sont de très beaux opéras, une très belle musique, des livrets fantastiques et, de plus, il était voisin de Vienne."
L'opéra baroque, absent durant les années Holender, sera célébré avec "Alcina", de Georg Friedrich Händel (1685-1759), dirigé par le chef d'orchestre français Marc Minkowski. Meyer lancera aussi un cycle Mozart avec notamment "Les Noces de Figaro" (avec Franz Welser-Möst au pupitre et Jean-Louis Martinoty à la mise en scène).
Côté ballet, Dominique Meyer a fait part de sa "volonté de créer une catégorie de super-solistes", "la carte d'identité d'un grand ballet étant aussi ses solistes". Il a planifié neuf premières, un hommage au chorégraphe Jerome Robbins, un Gala Noureiev en fin de saison. Il a également programmé des tournées au Japon, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Espagne.
Cependant, étant donné que pour lui, "le coeur de la maison c'est l'orchestre, le Philharmonique de Vienne", le patron du Wiener Staatsoper a annoncé des tournées conjointes à l'étranger avec cette formation pour des concerts symphoniques et des opéras, soit en version scénique, soit en version de concert".
Dernière ambition affichée, "le développement des spectacles pour enfants, dont le rôle pédagogique pour l'avenir de l'opéra et du ballet auprès des jeunes est essentiel".
>> Le site officiel de l'Opéra national de Vienne



