Le chef d'orchestre japonais Seiji Ozawa fait répéter des jeunes musiciens dans la région de Nagano, en août 2006

Le chef d'orchestre japonais Seiji Ozawa fait répéter des jeunes musiciens dans la région de Nagano, en août 2006

AFP/Yoshikazu Tsuno
Après neuf mois de combat contre un cancer de l'oesophage, le maestro nippon a ouvert dimanche le festival de Matsumoto

Longuement acclamé, il a assuré qu'il était de retour mais souffrait à présent du dos. Ne pouvant rester debout, il a dirigé assis les 7 minutes du 1er mouvement de la "Sérénade pour cordes" de Tchaïkovski avant de céder la place à Tatsuya Shimono.

Selon les médias japonais, Ozawa va soigner son dos en prévision d'un concert en décembre à New York.


A l'ouverture du festival Saito Kinen de Matsumoto, après avoir reçu un tonnerre d'ovations, Seiji Ozawa, 75 ans depuis le 1er septembre, a remercié ses médecins et s'est excusé d'être diminué pour son retour. "Permettez de vous présenter mes excuses aujourd'hui. J'ai été soigné par des docteurs magnifiques donc je peux dire que j'ai passé mon épreuve de malade du cancer, mais il y a un petit hic - mon dos, qui m'a causé des problèmes par le passé, va de nouveau mal (...) Je suis désolé, je ne peux pas me tenir debout. Je vous promets que j'y arriverai l'année prochaine."

Seijo Ozawa avait  prévenu en janvier dernier qu'il devait subir un traitement contre un cancer de l'oesophage détecté de façon précoce selon ses médecins, et qu'il suspendait sa carrière pendant plusieurs mois. En avril, il avait dû prolonger de quelques mois sa convalescence.

Le 1er août, le maestro convalescent a assisté à sa première séance de répétition, durant une demi-heure, avec de jeunes musiciens dans la ville centrale nippone de Matsumoto. Il a confié avoir vécu cette journée comme le "premier jour" d'une "seconde existence".

"J'ai eu la sensation de réaliser un rêve en conduisant à nouveau un orchestre", a commenté Seiji Ozawa, artiste adulé en son pays comme à l'étranger, lors d'une conférence de presse durant laquelle il s'est montré très ému, entre sourires et larmes.

Il avait programmé son grand retour en public dans cette même ville de Matsumoto, préfecture de Nagano, lors du Saito Kinen Festival les 5, 6, 8 et 9 septembre, pour ses premiers concerts depuis plus de six mois.

Le 14 décembre, il compte bien se produire à Carnegie Hall, à New York, même s'il ne participera  pas à une série de prestations initialement annoncées le même mois en Europe. "Je vais faire mon travail à mon rythme." Durant sa conférence de presse, le maestro a précisé qu'il devait revêtir un nouveau costume de chef d'orchestre, après avoir perdu 15 kilos à cause de sa maladie. "Ma vraie force physique n'est pas encore revenue (...) Je suis maigre et je ne peux manger davantage, mais aujourd'hui débute pour moi une deuxième vie."

Seiji Ozawa n'en est pas à ses premiers soucis de santé. En juin 2009, il avait dû renoncer à diriger trois concerts de l'orchestre Philharmonique de Vienne après avoir été opéré d'une hernie. En 2006, il avait souffert d'un zona et d'une pneumonie aiguë.

Seiji Ozawa a fait ses premières armes comme assistant de Herbert von Karajan et Leonard Bernstein. Il a dirigé les orchestres de Toronto et de San Francisco, avant de succéder en 1973 au chef français Charles Münch à la tête de l'Orchestre symphonique de Boston, qu'il a dirigé pendant 29 ans. Depuis 2002, il dirige l'Opéra de Vienne sans cesser d'être invité sur les plus prestigieuses scènes, étant à l'aise dans tous les répertoires. En France, il est entré à l'Académie des Beaux-Arts en septembre 2008 (où il avait été élu quelques années plus tôt).

Outre sa carrière internationale, Seiji Ozawa consacre une grande partie de son temps aux jeunes musiciens de l'archipel nippon. En 1984, il a créé l'Orchestre International Saito Kinen, réunissant des instrumentistes japonais travaillant en Occident avant de fonder en 1992 le festival du même nom, le plus important rendez-vous de musique classique au Japon. Au printemps 2005, il a lancé sa propre compagnie lyrique, le Tokyo Opera Nomori.

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