Gustav Mahler en 1897 à Vienne

Gustav Mahler en 1897 à Vienne

AFP
Le monde de la musique commémorait mercredi le centenaire de la mort du compositeur autrichien Gustav Mahler (1860-1911)

L'an passé, le musicien était déjà à l'honneur puisque les mélomanes avertis ont célébré le 150e anniversaire de sa naissance.

Connu de son vivant davantage comme un chef d'orchestre que comme un compositeur, Mahler est considéré aujourd'hui comme un compositeur majeur, ayant influencé Alban Berg, Arnold Schönberg ou Dimitri Chostakovitch.


Aujourd'hui, Gustav Mahler est très connu pour ses symphonies, mais également pour ses cycles de lieder (mélodies en allemand, composées sur des poèmes, ndlr). Le musicien, mort à 50 ans, a composé neuf symphonies, la dixième étant restée inachevée. Certaines de ses musiques sont entrées dans la mémoire collective. Ainsi, le quatrième mouvement, Adagietto, de la Cinquième symphonie, a été utilisé dans le célèbre film de Luchino Visconti "Mort à Venise".

Sa bio en bref
Né le 7 juillet 1860 à Kalischt, dans la Bohême de l'Empire austro-hongrois des Habsbourg (aujourd'hui Kaliste en République tchèque), dans une famille d'aubergistes, Gustav Mahler entre au conservatoire de Vienne à 15 ans et y étudie le piano et la composition.

Disciple du compositeur autrichien Anton Bruckner, il devient chef d'orchestre. Son travail aux opéras de Budapest puis de Hambourg lui valent une immense notoriété. En 1897, Mahler décroche le poste prestigieux de directeur artistique de l'Opéra de Vienne. Il s'y impose comme un novateur, défendant une forme plus moderne de mise en scène des opéras, et s'attache les services des meilleurs chanteurs de l'époque.

Dix ans plus tard, miné par des tensions internes et les tendances antisémites d'une partie du public, Gustav Mahler, juif converti au catholicisme à 37 ans, quitte Vienne pour New York auprès de sa femme Alma. Il y prendra la direction du Metropolitan Opera puis de l'orchestre philharmonique de la ville.

En 1911, atteint par une grave infection généralisée, Gustav Mahler revient à Vienne où il s'éteint le 18 mai.

Ce n'est que dans la seconde moitié du XXe siècle que son oeuvre symphonique s'impose dans le répertoire des grands orchestres. Mahler croyait en sa musique. "Mon heure viendra !", disait-il. Dans les années 1960 et 70, les chefs d'orchestre Leonard Bernstein et Bernard Haitink jouent et imposent ses oeuvres. En 1971, le réalisateur italien Luchino Visconti immortalise auprès du grand public l'Adagietto de la 5e Symphonie dans "Mort à Venise". Cette saison, à Paris, les mahlériens auront été gâtés avec des concerts proposés par les plus grands orchestres mondiaux.

Quelques hommages programmés
- A Paris, jusqu'au 29 mai, le Musée d'Orsay consacre une exposition consacrée à la vie de Mahler, un musicien qui resta longtemps ignoré en France. Les visiteurs peuvent y voir des partitions, portraits, objets personnels (ses lunettes rondes cerclées de métal, son stylo à plume Waterman, deux baguettes de chef d'orchestre, des cartes postales, lithographies...). On peut aussi y voir une vidéo de 15 minutes montrant une interview de sa fille Anna et de son épouse Alma en 1956.

- A Vienne, l'Orchestre philharmonique local, sous la baguette de l'Italien Daniele Gatti, devait interpréter, mercredi 18 mai, au Staatsoper (l'Opéra d'Etat) la 9e Symphonie.
- En République tchèqueJihlava, la ville où Mahler a grandi, organise un mois de festivités.
- En Autriche, le prestigieux Festival de Salzbourg a mis au programme cet été une série de concerts dédiés à Mahler, dont l'un dirigé par le compositeur et chef  d'orchestre français Pierre Boulez...

Voir aussi:
>> Festival Mahler de Jihlava
>> Festival Mahler de Leipzig
>> La Société Gustav Mahler

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