Franz Liszt (1811-1886) lors d'un concert, par un artiste inconnu
Alfredo Dagli Orti / The Art Archive / AFPLe concert de lancement, ce samedi 22 octobre, était décentralisé à Paris: l'oratorio «Christus» de Liszt était joué à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides par le Choeur et l'Orchestre symphonique de la Radio hongroise.
L'oeuvre devait être interprétée simultanément dans plusieurs villes du monde pour le jour anniversaire du compositeur hongrois.
Depuis 2002, le Festival des Lisztomanias fait vivre le projet que Franz Liszt nourrissait lui-même : créer un festival à Châteauroux, avec la complicité active de George Sand, qui était l'une de ses grandes amies et qui l'invita plus d'une fois dans son domaine de Nohant, à quelques kilomètres de là.
Les organisateurs ont concocté une programmation riche en concerts, conférences, académies et autres impromptus, ont-ils promis. Le festival est placé sous la direction artistique de Jean-Yves Clément, biographe du musicien, commissaire de l'Année Liszt en France, qui co-produit les Lisztomanias.
Outre l'emblématique oratorio «Christus», un autre chef-d'oeuvre issu de la production religieuse de Liszt, le «Requiem» était programmé à Châteauroux le 23 octobre à 17h30. Aurore Tillac devait diriger les choristes de l'Armée et des musiciens de la Garde républicaine.
Par ailleurs, le festival permet d'entendre l'essentiel de l'œuvre pianistique de Liszt. Les 24 et 25 octobre à Châteauroux, le concertiste Giovanni Bellucci propose à 21h00, réparti sur deux soirées, l'ensemble des «Rhapsodies hongroises». Le 28 octobre à partir de 19h00, le pianiste Bertrand Chamayou interprète l'intégrale des «Années de Pèlerinage», l'un des morceaux de bravoure de l'oeuvre de Liszt.

Le pianiste Giovanni Bellucci © Gilles Colosio / Mairie de Châteauroux
Le festival doit aussi s'ouvrir à la musique tzigane et au jazz (avec un concert thématique «Oscar Peterson, le Liszt du jazz» par Antoine Hervé, le 29 octobre à 16h00). Une exposition, quatre conférences, une académie pour jeunes solistes, un atelier pour les enfants, des animations dans les cafés et deux spectacles littéraires (dont l'un avec Francis Huster et le pianiste Pierre Amoyel, le 29 octobre), viennent enrichir cette programmation 2011.
«Christus» joué simultanément dans plusieurs villes
L'oratorio, pièce pour cinq solistes, choeur, orchestre et orgue, a donc résonné le 22 octobre, jour anniversaire de la naissance du compositeur hongrois, en l'Eglise Saint-Louis des Invalides à Paris, en même temps que dans une dizaine de villes du monde. Cette oeuvre a été composée par Franz Liszt alors qu'il s'était engagé dans les ordres mineurs.
A Paris, l'oratorio a été interprété par le Choeur et l'Orchestre symphonique de la Radio hongroise dirigé par Zoltán Peskó. Il devait être joué au même moment à Budapest et d'autres villes hongroises, ainsi qu'à Bayreuth, Vienne, Prague, Vilnius et Séoul dans le cadre du «World Liszt Day» (Journée mondiale Liszt ).
En France, l'Année Liszt aura été ponctuée par différents concerts, festivals ou colloques. Le musicien avait un lien fort avec ce pays. Arrivé à Paris en 1823, à l'âge de 12 ans, Franz Liszt y connut rapidement le succès, avant de conquérir l'Europe. Il disait éprouver pour Paris une "passion chauvine". Outre son activité de pianiste virtuose et de compositeur, Franz Liszt était aussi un extraordinaire transcripteur pour piano d'oeuvres d'autres compositeurs. Généreux, convaincu du rôle de l'art dans la société, il ne rechignait jamais à offrir grâcieusement cours et concerts. Il mérite amplement l'hommage que lui rendent aujourd'hui les musiciens de France et d'ailleurs.
Voir aussi :
>> Site officiel des Lisztomanias
>> Site de l'Année Liszt en France
>> Site de l'Année Liszt dans le monde
à lire :
>> Franz Liszt, par Jean-Yves Clément, aux éditions Actes Sud / Classica


