Cecilia Bartoli et son double, au Musée Grévin... (28/06/2011)

Cecilia Bartoli et son double, au Musée Grévin... (28/06/2011)

Annie YANBEKIAN
La cantatrice italienne a inauguré la statue à son effigie mardi soir au musée de cire parisien

La plus célèbre mezzo-soprano du monde y a rejoint d'autres stars lyriques, telles que Maria Callas, Luciano Pavarotti ou le ténor français Roberto Alagna.

La cérémonie d'inauguration s'est tenue entre deux concerts: lundi, elle a chanté Vivaldi à Versailles avec l'Ensemble Matheus et Jean-Christophe Spinosi. Elle s'y produit à nouveau ce mercredi.


Pour l'occasion, la cantatrice romaine a offert au musée Grévin le splendide costume de scène rouge et or, signé Agostino Cavalca, créé pour le concert "Sacrificium" (un projet dédié à l'ère des castrats), et qui a été réalisé par les ateliers de l'Opéra de Zurich.

Réalisé par le sculpteur Claus Velte, le double de cire a été présenté lors d'une cérémonie dans le petit théâtre à l'italienne du musée, en présence d'admirateurs de la chanteuse, tels que le contre-ténor Philippe Jaroussky. En le découvrant sur la scène du petit théâtre, Cecilia Bartoli, avec l'humour, la simplicité et la bonne humeur qui la caractérisent, a tourné autour de son double avec étonnement, laissant échapper quelques vocalises. Se disant "émerveillée", elle s'est exclamée: "Elle est même plus belle que moi ! Si je tombe malade, c'est elle qui va chanter !"

Quelques minutes plus tard, devant la presse, la mezzo-soprano a évoqué le trouble ressenti à la découverte de son clone de cire, le premier qu'un musée lui ait dédié. "C'est quand même choquant... Ce double, c'est moi ! C'est incroyable, énorme ! Il y a quelque chose dans le regard, les yeux lumineux, qui m'a frappée. Les yeux, c'est quelque chose de très difficile à réaliser. On a l'impression qu'elle pense à quelque chose... Mais à quoi ? Cela restera un mystère..."

Bernard Pivot, président de l'académie Grévin (qui désigne les personnalités à "statufier"), a rendu un hommage chaleureux à Cecilia Bartoli. "Vous êtes l'une des plus belles voix du monde. Votre entrée à Grévin a été décidée à l'unanimité (...) Le paradoxe est que votre immense renommée internationale est fondée sur la tessiture, la sensualité et la séduction de votre voix. Ici, en cire, vous allez être réduite au silence, mais votre voix et votre âme seront bien là: il suffira de vous voir pour que l'on vous entende."

Auparavant, Béatrice de Reyniès, directrice générale de Grévin, Photo: Annie YANBEKIANavait énuméré les critères qui ont valu à la mezzo-soprano d'être élue "à l'unanimité", rappelant que la cantatrice est "extrêmement populaire", "reconnue", "aimée", animée par une "volonté de perfection", une "force de travail", sa "générosité" et sa "virtuosité", entre autres qualités.

Révélée en 1985, à 19 ans seulement, lors d'un concert-hommage à la Callas organisé à l'Opéra de Paris, et retransmis par la suite sur France 2, Cecilia Bartoli est devenue une immense star en une poignée d'années. Elle a été rapidement repérée par Daniel Barenboïm et Herbert von Karajan. Alliant une souplesse et une virtuosité technique hors du commun à un grand sens théâtral et comique, elle s'est d'abord particulièrement illustrée dans les répertoires rossinien et mozartien.

Ces dernières années, Cecilia Bartoli s'est attachée à incarner des projets discographiques ambitieux et personnels, n'hésitant pas à sortir de l'oubli des compositeurs ou des répertoires méconnus du public. Ces CD à thème, sortis chez le label Decca (Universal), ont connu un grand succès tant critique que public: "The Salieri Album" (en 2003, avec des oeuvres du compositeur contemporain de Mozart), "Opera Proibita" (en 2005, avec des airs de Haendel, Scarlatti et Caldara dont le Vatican interdisait l'exécution publique au début du 18e siècle), "Maria" (en 2007, en hommage à son idole Maria Malibran), "Sacrificium" (en 2009, avec des arias écrits autrefois pour des castrats) ou "Sospiri" (en 2010, avec des arias sensuels, incluant des pièces inédites au disque). Elle a défendu ses projets sur scène lors de récitals à guichets fermés.

Directrice d'un festival !
Diversifiant ses activités, Cecilia Bartoli, qui a fêté ses 45 ans le 4 juin, doit assumer, à compter de 2012, la direction artistique du Festival de Pentecôte de Salzbourg (Autriche), à la suite du chef d'orchestre italien Riccardo Muti. Cette nouvelle mission la comble de joie et de fierté: "C'est la première fois qu'une femme assure cette fonction ! Jusque-là, ce poste était toujours occupé par des chefs d'orchestre, par des hommes ! D'abord Karajan, puis Riccardo Muti. Pour moi, c'est magique, magnifique ! J'aurai non seulement l'occasion de faire de la musique, mais aussi de présenter des artistes, réaliser des projets ! Salzbourg, c'est très spécial."

Voir aussi:
>> Site de Cecilia Bartoli
>> Site du Musée Grévin
>> Site de l'ensemble Matheus
>> Page du concert de Cecilia Bartoli à Versailles

cliquez ici