Défilé Neil Barrett pap masculin automne/hiver 2011

Défilé Neil Barrett pap masculin automne/hiver 2011

AFP - Olivier Morin

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36 marques ont présenté en défilé leurs collections masculines pour l'automne-hiver 2011/2012, du 15 au 18 janvier 2011

87 collections étaient inscrites au calendrier: 39 défilés pour 36 marques, 33 présentations et 16 présentations sur RDV, soit selon la Chambre nationale de la Mode italienne (CNMI) "le plus grand rendez-vous mondial du prêt-à-porter masculin".

Plus de 10.000 représentants du secteur de la mode venant des quatre coins du monde étaient attendus, auxquels s'ajoutait un millier de journalistes venant de 26 pays. La CNMI a mis en place un service d'information consultable sur smart phone: http://mobile.cameramoda.it ou http:/mobile.cameramoda.com

 

Franck Boclet, invité d'honneur de Milan
La White Fashion Trade Show de Milan avait fait du Français Franck Boclet son invité d'honneur. "Un homme qui veut du beau mais moderne": c'est la cible de ce couturier. "C'est mon premier vrai défilé", se réjouit ce Parisien de 49 ans, qui a présenté une première collection en juin à Paris, où il a été repéré par les Italiens. Du coup, ils l'ont invité à Milan, en lui offrant 400 m2 "décoré comme je voulais", soit un beau cadeau représentant un budget de 50 à 70.000 euros: "Pour un défilé il faut produire 150 pièces de plus, sinon pas de défilé", explique-t-il. Franck Boclet vend déjà en Italie, en Russie et dans les pays de l'Est, aux Etats-Unis, au Japon et en Corée et à Paris, où il a signé un accord d'exclusivité avec les boutiques L'Eclaireur.

Pourquoi avoir décidé de lancer sa propre marque? "Des clients m'y incitaient et les industriels italiens avec lesquels je travaillais m'ont dit qu'ils me suivraient", répond-il. "J'ai fait un choix, je vais avoir bientôt 50 ans, c'était le bon moment. Je crois que j'avais besoin de prendre un risque", ajoute-t-il. "Avant, je devais créer tout en respectant l'ADN de la maison pour laquelle je travaillais, maintenant je fais ce que je veux!"

Le style Franck Boclet  c'est "quelque chose de très haut de gamme, mais avec une touche, une patte très mode". "Moi, j'adore le côté caméléon (...) Dans ma collection, il y a tous les classiques mais une petite pointe qui les rend modernes", dit-il en montrant des vestes multiformes. Boutonnières cousues à la main, structure de métal intégrée qui permet d'obtenir un aspect froissé... Sa devise: "Fini les étiquettes où l'homme s'enferme dans un style, car le vrai style est d'échapper à tous les styles". Il se met ainsi au service "des hommes de 30-40 ans qui souhaitent une veste de qualité mais qui ne fasse pas +papa+". "C'est le pari que j'ai fait: mêler mon expérience de tailleur avec mon côté rock", résume-t-il. Côté prix, "pour une veste, ça va de 500 à 1.500 euros". Côté matières, les tissus sont à 80% italiens, 10% Japon-Corée, et une petite touche d'Angleterre. Et sa collection est à 100% Made in Italy.

Franck Boclet voit son défilé milanais comme une "belle opportunité" car "même si Paris a beaucoup remonté ces dix dernières années, quand il y a cent acheteurs homme qui viennent à Milan, sur ces 100, il y en a 60 qui vont à Paris!"

 

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Retour sur les podiums cette saison Alexander McQueen, Carlo Pignatelli, Jil Sander, Missoni et Moschino.

Pour Domenico Dolce et Stefano Gabbana, la veste est super courte et le pantalon bas sur la taille pour un costume à la silhouette clean mais jeune. Pour affronter l'hiver, tissus militaires et fausse fourrure sont de sortie. Côté accessoires, les bretelles zazou sont de retour, les chaussures sont brillantes et pointues. Pour les matières, le velours (noir ou bordeaux) se dispute à la flanelle ou au jean, brut ou peint. Les deux créateurs ont rameuté des célébrités pour distraire les photographes : cette année, le danseur-étoile italien Roberto Bollé et le chanteur britannique Bryan Ferry, dont les morceaux ont rythmé le défilé.
Chez Costume National du gris, du marron, de longs manteaux tendance Armée Rouge. La veste de costume est courte sur la taille, le pantalon se porte étroit. En cas de vent frisquet, on enfile son perfecto comme surveste. Le perfecto en agneau lavé, décliné à l'infini, se fait d'ailleurs mutant au contact de la veste : les manches sont en tissu mais renforcées aux coudes. L'échange a lieu dans les deux sens : la veste du costume se mâtine elle aussi de détails empruntés au perfecto. Pour égayer l'atmosphère, un gros gilet en laine bleu Klein ou un col roulé en laine à larges rayures.
Christopher Bailey, pour Burberry, propose une série de manteaux surdimensionnés aux imprimés écossais, accompagnés de casquettes en fourrure. Emprunt à la modernité, les couleurs décalées, du rouge primaire au blanc naturel en passant par l'orange. Les martingales flottent dans le dos donnant un peu de légèreté à cette silhouette un peu martiale. Surprise au final du défilé: les modèles défilent en imperméable transparent sous une vraie pluie ! 
Fin du monde chez Frankie Morello: cagoules à barbes postiches qui ne laissent dépasser que le nez et les oreilles, jeu de superpositions de ponchos sur costume trois-pièces, pantalons qui s'arrêtent à mi-cheville... Les lainages se font colorés et oversize pour affronter la fin du monde annoncée par les Mayas pour 2012. Les couvertures militaires permettent d'affronter les tempêtes de neige dans du gris et du kaki. Le petit gilet de costume se porte sur la veste et sous la veste. 
Rigueur dans la décontraction chez Jil Sander: tissus matelassés pour les vestes comme pour les pantalons mais dans des coupes très nettes. Anoraks, parkas sont en laine industrielle, feutre, avec des poches pour ranger ses gants et son bonnet. Pour les costumes, les épaules sont renforcées et les coupes font une silhouette plutôt années 80. Les superpositions sont à l'ordre du jour : le cardigan en alpaga à col rond complète le col roulé, le tout dans des tons traditionnels (blanc, anthracite, bleu marine, noir) ou plus osés (citron, magenta, mandarine, vert eucalyptus).  

Chez Bottega Veneta, Tomas Maier a réinterprété la garde-robe esprit urbain, pour une silhouette près du corps (pas d'épaulettes, pantalons fuselés) dans des tonalités neutres (marron expresso, bleu tourmaline, rouille, gris) ou plus vifs (saphir, péridot-vert olive, orange résine). L'allure est décontractée: le col de la veste est relevé, la chemise se porte aussi bien à l'intérieur que sur le pantalon. Pour les week-ends, on enfile un gilet à grosses côtes gris avec un pantalon en velours flashy (orange, jaune ou absinthe). Spécialité maison, le cuir, vieilli ou brut, est superbe, que ce soit pour les pantalons ou les sacs (cabas ou pochette). D’inspiration classique, les chaussures brouillent la limite entre le formel et l’informel. Boots montantes et chaussures à lacets se portent avec un jean ou un costume. "Nous avons réfléchi à l’effet que produisait notre façon de concevoir nos collections », explique Tomas Maier, le D.A. « Si nous changions de technique, quel effet produirions-nous ? La garde-robe masculine est relativement figée, alors pour la faire évoluer, il n’y a guère d’autre solution que de réinventer l’existant. »

Elégance et sensualité sont les maîtres mots chez Salvatore Ferragamo: chemises en daim couleur pastel, pull s'ouvrant sur le torse à travers des lacets de cuirs... La maison propose "un nouvel uniforme" avec des références non seulement à la grande muette (béret de parachutiste) mais aussi à l'équitation. Les chanteurs gangsta rap ne sont pas loin avec des manteaux de fourrure, mais le dandy trop sage trouvera aussi son bonheur avec des foulards-cravates en soie. La couleur éblouit, de l'émeraude amazonienne au cacao ivoirien. Côté matières, on ne lésine ni sur le cachemire ni sur la soie...
L'équitation a inspiré Giorgio Armani pour sa collection Emporio, saupoudrée d'une touche de golf: des rayures, des empiècements de cuir en forme de harnais, la casquette du caddie, les bottes hautes gainées de feutre.  La veste, avec ou sans col, est courte et le pantalon très moulant. Pour une touche plus rock, les gants de motard, mi-cuir mi-feutre, remontent jusqu'aux coudes. Les manteaux sont asymétriques pour une silhouette déconstruite. Armani a choisi une palette de couleurs qui va du camel au gris et noir avec quelques touches de couleur! Une belle matière: de la laine bouillie mêlée à de l'alpaga.
La palme de l'excentricité et de la fantaisie revient à Vivienne Westwood qui, une fois de plus, bouscule les conventions: ses mannequins sont maquillés comme des voitures volées et les couleurs pètent. Le pantalon, taille haute, se fait parfois baggy et on n'hésite pas à rentrer son pull sous la ceinture. Pour le bureau, un costume écossais rose et vert, mais on peut aussi opter en soirée pour un smoking plus sage. "Avec un mariage royal dans l'air (celui du prince William), qui choisira-t-on pour être son fiancé?": c'est la question cruciale posée par la créatrice britannique, qui a achevé son défilé au bras d'un de ses mannequins avec un bouquet de roses à la main.

Gucci annonce "la naissance d'un nouveau dandy, qui aime séduire par son côté traditionnel et sûr de lui". La palette est automnale (camaïeu de marrons, nacre, terre...) saupoudrée de touches de couleur (bleu pétrole, violet) pour un rendu seventies. La veste de costume est hyper-cintrée alors que le pantalon s'évase vers le bas pour tomber sur la bottine ou le mocassin: la silhouette est rétro-chic. Le week-end, les gros pulls en angora semblent flotter sur le corps. "J'ai exploré les codes de Gucci, réintroduisant les éléments de l'ADN des années 70 et l'esprit des icônes masculines comme référence", a expliqué la styliste-maison, Frida Giannini. Les matières sont naturelles, sensuelles et luxueuses: daim, cuir d'autruche, cachemire. Accessoire indispensable: le premier sac bamboo pour homme, dans une taille voyage. Pour le soir, petite veste en velours noir et chaussures vernis noir sont de rigueur. 

John Richmond a présenté une collection très "m'as-tu vu" destinée à son public fétiche de footballeurs et vedettes de la TV italienne. Petites chemises en soie ultra-légères à imprimés, perfecto taupe en agneau glacé, blouson à énorme capuche style Kenny de "South Park" et gros manteau en fourrure! Plus sensible aux questions écologiques, Etro a placé sa collection sous le signe de la vache: les vestes sont d'inspiration tyrolienne et les empiècements de peau de vache sont omniprésents. Quand le vêtement n'est pas entièrement en peau, c'est au moins la martingale, le revers de pantalon, le rabat de la poche ou les chaussures. Le soir, on enfile de petites vestes scintillantes couleur champagne ou orangées. Pour les motards, le perfecto, omniprésent cette année, se teinte de bleu. 
Esprit pop et léger chez D&G, la deuxième ligne de Dolce&Gabbana: les couleurs sont acidulées (rose bonbon, vert menthe, jaune citron) et les références à l'univers pop abondent dans les imprimés, de Mickey à Coca Cola. Les pantalons sont  étroits sur les mollets mais un peu évasés entre les cuisses pour un rendu presque sarouel. La fourrure est elle aussi ici au rendez-vous, que ce soit sur un manteau gangsta rap ou un blouson à capuche. Côté accessoires: le maxi-casque stéréo griffé D&G est de rigueur. Pour les soirées clubbing, on enfilera un T-shirt au message court mais clair: "Love me tonight!"
Giorgio Armani met le gris dans tous ses états: anthracite, gris bleu, vert de gris... Les épaules sont fortes, la silhouette claire: le manteau est ample sur un costume en flanelle avec une chemise en jersey. Plus casual, la petite veste croisée en velours, très courte. Le blouson est accompagné d'une surveste assortie qu'on laisse tomber au premier rayon de soleil. Pour les plus audacieux, un long manteau en cuir fourré avec casquette assortie, toujours en cuir. On peut aussi arboré des rayures ou alors une chemise de couleur flash, au choix violette, rose ou orange. Les pieds sont confort dans des mocassins-chaussons en daim noir et la tête supporte le petit chapeau de dandy. Pour finir, toute une série de costumes et smokings en velours noir.

Les stylistes jumeaux de DSquared2 ont mis en scène un spectacle dans un décor de canyon enneigé avec un chariot ! Ici le technicolor n'existe pas encore... L'ambiance est western: chapeaux noirs à la Wyatt Earp, bretelles-harnais en cuir, sobriété du noir "égayé" de blanc et de gris. Les vestes sont soit très longues et serrées à la taille par une ceinture, soit très courtes et hyper-cintrées. Des chemises tabliers blanches ou noires dépassent de la veste: en cas de grand froid, on recourt aux superpositions en rajoutant une veste en jean ou une surveste en fourrure. Les jeans se portent bas sur la taille. Une sortie au théâtre? On optera pour un petit gilet: kaki devant et écossais derrière, ou alors rebrodé de strass si la nuit s'annonce longue. Pour les matières, beaucoup de flanelle, de laine et de cuir: on a besoin de réconfort.

Même palette limitée au noir, blanc, gris et bleu marine foncé au défilé Neil Barrett. Les épaulettes sont de sortie, alors que les pantalons hyper-moulants à surpiqûres ont des allures futuristes. La chaussure est imposante et à semelle très épaisse. Pour un week-end à Vladivostok, on emporte un caban gris à double col ou alors un manteau blanc immaculé. Veste en trompe-l'oeil grâce à des superpositions de couleur: la partie haute est charbon et la partie basse gris anthracite. En cas de rendez-vous d'affaire, la veste est croisée mais  courte au-dessus des fesses. Après la Sibérie, les planches de Deauville: lainages à rayures noires et blanches. Côté matières, on veut du confortable et luxueux (cachemire, fourrure) mais aussi du technologique (néoprène). 

 

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