Défilé Cia Maritima printemps-été 2010/11 fashion week sao paulo
AFP. M.LimaLe Brésil a donné le coup d'envoi du principal événement de la mode en Amérique latine, la Fashion Week de Sao Paulo, dans une débauche de luxe et d'optimisme due au boom économique que connaît cet immense pays émergent.
Les modèles brésiliens pour l'été austral 2010-2011 sont présentés du 8 au 14 juin 2010 sur le thème "Animation".
"Nous sommes un pays jeune, une culture jeune, avec un énorme potentiel de croissance, de développement", a déclaré l'organisateur de la semaine de la mode pauliste, Paulo Borges, lors d'une conférence de presse.
La top modèle la mieux payée du monde, la Brésilienne Gisele Bündchen, fait son retour sur les podiums quatre mois après avoir donné naissance à son premier enfant.
La Sao Paulo Fashion Week met en lumière cette année l'obsession des Brésiliens pour les stylistes renommés, stimulant un marché de la mode de 50 milliards de dollars (42 milliards d'euros) en passe de devenir l'un des plus rentables du monde pour les marques de luxe. Une confirmation aussi la croissance économique à pleine vapeur du géant latino-américain de 190 millions d'habitants. La première économie de la région, et la dixième du monde, est partie pour connaître une croissance à la chinoise de 9% cette année, selon les experts et la Banque centrale. Une étude d'un consultant spécialisé dans le marché du luxe au Brésil , MCF Consultoria, montre que ce secteur a progressé de 11,5% l'an dernier, alors que dans la plupart des pays du monde on se serrait la ceinture en raison de la crise mondiale. Et cette année, ce secteur pourrait croître de plus de 17%. "Les Brésiliens adorent acheter", a déclaré le directeur de la société, Carlos Ferreirinha. "Au Brésil , les gens dépensent même ce qu'ils n'ont pas", assure-t-il, expliquant que les boutiques autorisent leurs clients à acheter à crédit sur plusieurs mois et sans intérêts, facilitant ainsi les achats. De plus, la forte appréciation du real, la devise brésilienne, face au dollar et à l'euro, a poussé le consommateur à acheter des biens importés à des niveaux records.
La marque française Louis Vuitton, dont on voit les sacs au bras de presque toutes les femmes des Jardins, le quartier huppé de Sao Paulo, a suivi la tendance et est une marque reconnue par 23% des consommateurs brésiliens, d'après l'étude de MCF Consultoria. Giorgio Armani, Chanel, Dior et Gucci sont des griffes aussi très présentes sur le marché du luxe: les Brésiliens veulent porter le dernier cri des collections européennes, explique Ferreirinha. "Ils veulent donner l'impression d'être toujours très tendance et sont très impulsifs", a-t-il ajouté.
Avec, en plein essor, une nouvelle classe moyenne de plus de vingt millions de membres, rien ne laisse prévoir une baisse de la consommation, selon lui: "Nous allons avoir encore au moins 20 ans de forte croissance. Le Brésil est encore très loin du développement" espéré, dit-il, optimiste.
Deux fashions week au Brésil
Le Brésil a su imposer deux de ses événements phares dans le calendrier des defilés internationaux. Si la fashion week de Sao Paulo est incontournable pour l'authenticité et la qualité des collections qu'elle présente, celle de Rio, plus ancienne, est un challenger qui tente de s'imposer.
La fashion week de Sao Paulo. Lancée en 1996, elle a lieu deux fois par an, en janvier et juin. Depuis sa création, elle a attiré près de 1,8 million de visiteurs et a donné lieu à l’organisation de pas moins de 2 000 showrooms. En juin 2009, 100 000 visiteurs et acheteurs brésiliens et étrangers se sont déplacés, dont 2 000 journalistes. 40 marques et créateurs ont fait défiler leurs collections printemps-été 2010, faisant de la Fashion Week de São Paulo l’événement de mode majeur en Amérique latine. L’événement vise également à asseoir le Brésil comme l’un des principaux exportateurs de textile au monde, via le rendez-vous Fashion Business organisé en parallèle de la Fashion Week. Les ventes aux acheteurs étrangers ont enregistré 29% de hausse par rapport à 2008 pour atteindre 21 millions de dollars lors de la dernière édition en 2009. www.spfw.com.br
La fashion week de Rio. Plus professionnelle, plus mode également, la Fashion Week de Rio souhaite aujourd’hui rivaliser avec celle de São Paulo. La dernière édition a sollicité un investissement de 9 millions de reals (4,5 millions de dollars), selon les organisateurs. Eloysa Simao, fondatrice et organisatrice du principal événement de mode de Rio depuis 1992, a été remplacée par Paulo Borges, directeur de la création de la Fashion Week de São Paulo. Pour la saison dernière, il a décidé de réduire le nombre des défilés de 39 l’an dernier à seulement 29 “afin de les rendre plus dynamiques”, a-t-il expliqué. Les griffes brésiliennes, comme Maria Bonita, Salinas, Cavendish, TNG, Cantao, Lenny ou Redley, y étaient présentes. www.fashionrio.org.br
La 28ème édition de la Sao Paulo Fashion Week
La Sao Paulo Fashion Week a présenté, du 17 au 23 janvier 2010, les collections de 37 griffes brésiliennes pour l'hiver austral 2010. Intitulée "Langages", la 28ème SPFW rend hommage à la communication et à l'internet en cherchant une plus grande interactivité avec le public
Le défi de la SPFW est de devenir la 5ème semaine mondiale de la mode derrière Paris, Milan, New York et Londres. Cette fashion week présente deux fois par an (printemps-été et automne-hiver) les collections des créateurs brésiliens.
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"Notre thème est une discussion sur l'ambiance de la mode", a déclaré Paulo Borges, organisateur de l'événement, lors d'une conférence de presse. "La mode recherche son inspiration dans le quotidien des personnes" et pas nécessairement dans les collections des stylistes, a précisé Paulo Borges. |
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Cette saison, une cinquantaine de marques étaient présentes. La ¨SPFW - faisant suite à la Fashion Rio qui a pris fin le 13 janvier 2010 - réunissait du 17 au 22 janvier 2010 les principales marques brésiliennes telles que Forum, Ellus ou Colcci mais aussi les nouveaux stylistes comme Fabia Bercsek, Wilson Ranieri et Priscila Darolt ou encore les classiques comme Alexandre Herchcovitch, Reinaldo Lourenço, Osklen, Ronaldo Fraga et Gloria Coelho. |
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"C'est une saison de fort impact" avec des textures fermes et lourdes, a déclaré à l'AFP Ericka Palomino, consultante de mode. A Sao Paulo, les défilés ont "une tendance militaire et une silhouette plus structurée, avec un éventail de couleurs basées sur la nature", selon les stylistes. Leggings aux imprimés colorés, bermudas et pantalons près du corps également à l'honneur. Cette année, la Sao Paulo Fashion Week s'est passé de la présence de sa top modèle numéro Un, Gisele Bündchen qui vit aux USA et vient de donner naissance à son premier enfant. Néanmoins, la mannequin vedette américain Chanel Inan était au défilé de Rosa Cha. |
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La semaine de la mode de Sao Paulo, le poumon économique du Brésil, fait désormais partie des circuits internationaux au même titre que Paris, Milan et New York. Cet événement devrait injecter quelque cent millions de reals (plus de 50 millions de dollars) dans l'économie locale, ont indiqué les autorités. La promotion vestimentaire a enregistré des pertes de 8% et le textile de 6,7%, cette année il table sur une hausse de 3,7% et de 4% respectivement, a indiqué l'Association brésilienne de l'industrie textile. |
Les mannequins trop maigres pointées du doigt à Sao Paulo
Les organisateurs de la semaine de la mode de Sao Paulo ont tiré la sonnette d'alarme sur l'extrème maigreur de certains mannequins brésiliens suivant une tendance en Europe et aux Etats-Unis. "Nous avons noté avec préoccupation que certains mannequins lors de nos défilés - souvent les plus demandées - sont extrêmement minces. Ces filles brésiliennes passent la plus grande part de l'année en Europe et aux Etats-Unis où elles travaillent en majorité", a déclaré Paulo Borges, le directeur artistique de la Sao Paulo Fashion Week. Il a lancé cet avertissement afin "de prévenir de graves problèmes de santé chez ces professionnelles". Les organisateurs de cet événement exigent depuis trois ans un âge minimum et un rapport médical de la part des agences de mannequins et des stylistes afin d'envoyer un "message positif" sur les modèles."La situation ne peut être ignorée", a dit Borges, appelant l'industrie de la mode à s'opposer à cette nouvelle tendance aux mannequins squelettiques.
ABIT, ABEST, ABICALCADOS ET APEX sont les porte-parole de la création brésilienne… Le secteur de la mode brésilienne est porté depuis de nombreuses années par des associations professionnelles et des organismes gouvernementaux qui participent à la promotion des entreprises dans le monde entier. C’est donc grâce à ces organismes et aux subventions qu'elles leur accordent que les marques brésiliennes peuvent obtenir une visibilité hors des frontières de leur pays, particper à des salons et ainsi développer leur réseau de distribution…
La fashion de Sao Paulo, une vitrine florissante
La Sao Paulo Fashion Week sert aussi de vitrine aux stylistes brésiliens, favorisés par une industrie ayant brassé 30 milliards de dollars en 2008 qui fait du Brésil le 6ème producteur textile mondial. Cette fashion est donc l'occasion de faire des affaires pour les designers brésiliens qui exposent leurs créations dans le cadre du "Fashion Business" où une quarantaine de stylistes présentent leurs créations pour l'été 2010 à plus de 3.000 acheteurs brésiliens et étrangers.
L'édition 2009 de la Fashion Week a enregistré une forte hausse du volume d'affaires tant sur le marché intérieur que sur le marché extérieur. Les ventes aux industriels brésiliens se sont élevées à 235 millions de dollars, ce qui représente une hausse de 4% par rapport à l'édition de juin 2008. "Nous estimons que ce résultat est très positif, puisque l'année dernière, avant la crise mondiale, le bilan avait déjà été considéré comme exceptionnel", a déclaré Jéronimo Vargas, directeur du Fashion Business.
Les ventes à l'étranger lors de la Fashion Week ont progressé de 29% par rapport à 2008, à 21 millions de dollars cette année avec plus de 15 acheteurs européens. D'autre part, le secteur textile et de la confection est en pleine expansion et représente 3,5% du PIB du pays, selon l'Association brésilienne de l'industrie textile et de confection (ABIT). L'autosuffisance du pays en coton permet aux designers brésiliens de travailler avec plus de liberté en mélangeant différentes matières premières pour développer des produits exclusifs, a souligné l'ABIT.
L'organisation a diffusé à la mi juin 2009 les résultat des ventes qui ont totalisé 30 milliards de dollars en 2008 avec une production de 5,5 milliards de pièces, soit une hausse de 16% par rapport aux quatre dernières années. Le secteur textile brésilien emploie 1,65 millions de travailleurs, dont une majorité de femmes, mais a perdu 150.000 emplois d'avril 2008 à avril 2009. La quasi-totalité (99%) de la production textile brésilienne est destinée à la consommation interne, 1% seulement allant à l'exportation. Ses principaux clients sont l'Argentine et les Etats-Unis. Des barrières douanières élevées limitent les importations qui restent modestes (2% de la production brésilienne). Néanmoins, les importations en provenance de Chine ont augmenté de 66% au cours des cinq premiers mois de l'année
La 16ème édition de la Fashion Rio
La 16ème édition de la Fashion Rio, du 8 au 13 janvier 2010, présentant l'automne-hiver 2010/2011 avait pour thème "Rio olympique et merveilleux", pour célèbrer le choix de cette ville pour accueillir les JO de 2016. Son organisateur, Paulo Borges, a déclaré à la presse que cet événement de mode traduisait l'ambiance ressentie dans les rues de la ville après la victoire de Rio sur Madrid et Chicago. "La mode est un radar des comportements, des coutumes et de l'actualité. C'est pourquoi le Fashion Rio sera olympique et merveilleux", a souligné M.Borges.
Cette semaine de la mode automne-hiver 2010/2011 réunissait 27 griffes avec des défilés et des expositions dans la zone portuaire, un quartier abandonné de Rio que la mairie a commencé à revitaliser en vue des JO. La 15e édition, en juin 2009, s'était déroulée pour la première fois dans ce quartier, délaissant les podiums montés à la Marina da Gloria, en face du Pain de sucre.
Sur les podiums, le noir était la couleur prédominante avec des "points de lumière", selon les stylistes: cols et poignets orange ou bleu vifs par exemple. Comme dans tous les défilés aujourd'hui, le respect de l'environnement est à l'honneur, et on pourra voir notamment le travail de recyclage d'une marque d'accessoires carioca, Taoolee, présentant des sacs en tissu faits à partir de bouteilles de plastique. Viendront des nouveautés d'Afrique, surtout de l'Angola, qui commence à entrer dans le circuit mondial de la mode.
En marge de la manifestation, dont le principal parrain est la Fédération des industries de Rio, le styliste Oskar Metsavaht, propriétaire de la marque Osklen, expose des photos de la plage d'Ipanema, en hommage à la ville. "Rio symbolise le Brésil alors que Sao Paulo caractérise le lien du pays avec le monde", a expliqué Borges. Dans deux autres entrepôts de la zone portuaire se tenait une nouvelle foire d'affaires baptisée par Borges de "Rio-à-Porter" réunissant 169 griffes. Cependant, la principale foire d'affaires reste la "Fashion Business", un événement concurrent, parrainé par la Fédération du commerce de Rio, qui se déroule à la Marina da Gloria avec la participation de 519 exposants.
Pour cette nouvelle édition post-crise, le Fashion Rio a attiré des investissements de 6,5 millions de dollars contre 5,5 millions de dollars en 2009.
Des organismes très actifs
| ABICALCADOS, l’association des fabricants de chaussures brésiliens, créée en 1983, elle défend les intérêts de 8 000 entreprises réparties sur 14 états. Rogério Dreyer et Heitor Klein, directeur exécutif d’ABICALÇADOS et responsable du programme brésilien de la chaussure ont défini l’utilité de la création pure comme outil de sauvegarde de l’industrie du cuir brésilienne. ABICALÇADOS, constituée de 130 entreprises exportatrices, a pour mission la mise en oeuvre de contacts avec la distribution internationale. En cela, les partenariats avec les grands salons internationaux tel que PREMIERE CLASSE ont pour but de favoriser l’export de marques brésiliennes à forte identité, ayant le souhait de venir se “frotter” à l’oeil des acheteurs internationaux. L’association privée ABICALÇADOS unit ses forces à celles de l’agence gouvernementale APEX BRASIL. Ce qui n’engendre pas moins de vingt participations à des salons internationaux pour l’année 2010 et plus d’une quarantaine de salons spécialisés dans la chaussure ou l’accessoire sur les cinq continents.
www.abicalçados.com.br www.brazilianfootwear.com.br/international |
| L’ABIT, l’Association de l’industrie de l’habillement et du textile brésilien, est le représentant officiel de la chaîne textile bréstilienne. Fondée au début des années 1960, elle parraine les sociétés de l’industrie textile, des producteurs de coton aux créateurs, en passant par les fabricants de matières premières synthétiques, les fileurs, les tisseurs ou les tricoteurs. L’association accompagne près de 30 000 entreprises dont l’activité représente 3% du PIB brésilien. La mission de l’ABIT est de soutenir le développement de l’industrie textile brésilienne et de défendre ses intérêts au niveau des instances gouvernementales et internationales. Le développement de programmes de formation professionnelle et la mise en place de soutien au niveau social et environnemental font partie de ses attributions. La création du label Texbrasil en 2000, marque déposée dont le but est de promouvoir les produits textiles brésiliens à l’étranger, participe également de sa démarche. Près de 1400 entreprises ont d’ores et déjà souscrit au programme. Rafael Cervoni Netto, directeur de l’ABIT, veut poursuivre la campagne de promotion entamée et faire de 2010 une nouvelle année de célébration de la création brésilienne à travers le monde. La mise en place de relais d’expertises chez chacun des adhérents Texbrasil va se poursuivre, accompagnée d’actions de communication. Depuis 2001, l’ABIT est soutenue par l’organisme APEX BRASIL, agence gouvernementale pour la promotion de l’export et le développement de l’industrie brésilienne à l’étranger. www.abit.org.br |
| En 1994, une compagnie de cosmétiques, la Phytoervas Fashion, décide de se lancer à la recherche de qu’est l’identité brésilienne à travers ses artistes et ses créateurs. C’est le début d’une nouvelle ère pour la création contemporaine brésilienne. De jeunes créateurs émergent. Deux ans plus tard, ils défilent lors de la première Fashion Week de São Paulo. L’ABEST, l’Association des Designers brésiliens, est née de cette mouvance en 2003, avec l’objectif de promouvoir cette jeune création en devenir. Garde-fou de l’authenticité des collections de ses adhérents, elle assure la promotion de ces marques au niveau international en communiquant sur ce qu’est la mode “made in Brazil”. ABEST représente près de 53 marques et exporte des produits dans 48 pays. Pour 2010, elle vise une implantation dans 90 pays. Elle est soutenue dans ses actions par l’agence APEX BRASIL, organisme gouvernemental de développement commercial et industriel, facilitant l’export des marques brésiliennes à l’étranger. |
Une industrie brésilienne en plein essor
L’industrie de la mode brésilienne repose sur 3 piliers fondamentaux, qui lui confèrent aujourd'hui une place unique dans le paysage international de la mode. Outre la créativité de ses designers, ce sont aussi la qualité et la richesse de ses matières premières et le dynamisme de ses efforts de promotion à travers le monde, qui lui permettent d'enregistrer une croissance à deux chiffres.
Au pays du coton, du cuir, du denim et de l'or…
Le Brésil regorge de matières premières et le coton y tient une place de choix. Le Brésil est le 3ème producteur de maille de coton au monde. Son autosuffisance permet aux créateurs de travailler avec plus de liberté en mélangeant différentes matières premières pour développer des produits exclusifs. Le Brésil exporte son coton dans 40 pays notamment vers l’Argentine (28%), l’UE (21%), les USA (20%), le Mexique (5%), le Chili (3,75%) et le Paraguay (3,72%). De janvier à mars 2009, 5,5 milliards de pièces ont été produites au Brésil. Le cuir est l’une des autres pierres angulaires de la production du Brésil, fort du plus grand troupeau bovin commercialisable au monde ainsi que l’un des plus importants parcs industriels. Ces atouts associés à une technologie appropriée et une main d’oeuvre qualifiée permettent au pays d’exceller dans les activités liées à la transformation du cuir. La branche “accessoires“ est à ce titre l’une des plus compétitives du secteur. Le Brésil produit ainsi 800 millions de paires de chaussures par an, en a exporté 114,9 millions entre janvier et novembre 2009 dans 143 pays, ce qui le place en 3ème position sur le podium mondial. Plus d’un tiers de l’exportation se fait aux USA et parmi les 10 principaux importateurs, 5 sont européens (Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Portugal et Pays-Bas). L’Europe a acheté cette année 24 millions de paires.
Côté denim, les chiffres sont tout aussi positifs. 2ème producteur mondial, le Brésil se taille la part du lion sur ce marché. 10ème producteur d’or du monde, le pays possède de grandes réserves de pierres précieuses. Sur le marché international de la joaillerie, il occupe une place importante. Ses bijoux, ses pierres taillées et ses métaux précieux sont vendus dans 85 pays.
Un développement international
Ces dernières années, l’industrie brésilienne du textile a investi plusieurs milliards de dollars dans la modernisation ses infrastructures et la qualification de sa main d’oeuvre, afin de se développer sur son marché intérieur mais aussi à l’international. Grâce à ces moyens, l’industrie brésilienne du textile et de la confection connaît une forte croissance. 2008 a été une année record avec un C.A de 46 milliards de dollars (dont 2,4 milliards à l’export) et une progression de 11% par rapport à 2007. Des efforts particuliers ont été faits pour promouvoir la filière à l’étranger et développer l’export. Au-delà des matières premières, l’objectif est aussi de faire connaître le savoir-faire des designers brésiliens dans les secteurs du prêt-à-porter et de l’accessoire. La mode « made in Brazil” possède des atouts pour conquérir une clientèle étrangère exigeante, de par la qualité des matières utilisées, les valeurs éthiques qu’elle porte et la vitalité de sa création.
| Poids du secteur de la mode dans l'économie du Brésil
• L’industrie textile brésilienne représente 30 000 entreprises et 1,63 millions d’employés • 2ème industrie du Brésil en matière d’emplois dans le secteur de l’artisanat • 2ème industrie en termes de création d’emplois au Brésil toutes catégories Chiffre d'affaires et exportations de la filière textile (2008) • C.A. annuel de la filière : 46 milliards de dollars • Total des exportations en valeur : 2,4 milliards de dollars • Total des exportations (hors fibre de coton) : 1,73 milliards de dollars • C.A. annuel du commerce extérieur textile (hors coton) : 2,05 milliards de dollars Focus sur le marché Français (de janvier à novembre 2009) : • Exportations du Brésil vers la France : 11,8 millions de dollars • Importations depuis la France vers le Brésil : 20,1 millions de dollars • La France occupe la 31ème place concernant les exportations du Brésil vers l’étranger et la 22ème place parmi les pays qui exportent au Brésil • La France est le 5ème pays importateur de chaussures en provenance du Brésil avec 2 millions de paires de chaussures brésiliennes vendues en 2009 pour un C.A. de 44,5 millions de dollars • Un prix d’achat moyen de 21,96 euros la paire, supérieur aux autres pays européens en raison de la qualité choisie |
Au Brésil, le marché du luxe en pleine expansion
Le marché du luxe est en pleine expansion au Brésil et la ville de Sao Paulo, avec ses boutiques de marques et ses 10.000 sans abris, symbolise les contrastes d'un pays resté fortement inégalitaire. "Le Brésil a été une société esclavagiste jusqu'à la fin du XIXème siècle et il s'est créé une culture de la tolérance vis-à-vis de l'inégalité", estime Mme Black Taschner.
Le luxe a connu une croissance moyenne de 35% au cours des 5 dernières années au Brésil. L'Etat de Sao Paulo, représente à lui seul 75% de la consommation de ce secteur qui a dépassé les deux milliards de dollars annuels de chiffre d'affaires, selon Carlos Ferreirinha, directeur du consultant MCF Fashion. Selon lui, on compte au Brésil entre 350.000 et 500.000 consommateurs de biens de luxe sur 180 millions d'habitants, ce qui représente seulement 0,2 à 0,3% de la population.
Entre 1991 et 2000, les revenus de 10% de la population la plus riche de la ville de Sao Paulo ont connu une croissance de 10,6%, pour atteindre 49,2% des revenus de la ville, selon les données de l'Institut brésilien de géographie et de statistiques.
Selon des estimations non officielles des marques internationales qui y sont installées, Sao Paulo et sa zone métropolitaine pourraient compter jusqu'à 20.000 millionnaires. Ce sont eux qui alimentent les caisses des grandes marques représentées au Brésil: Emporio Armani, Versace, Tiffany, Mont Blanc, Dolce & Gabbana, Louis Vuitton, Bulgari, Christian Dior, Cartier et, dernier venu, Burberry.
Gisela Black Taschner, sociologue et coordinatrice du Centre d'Etudes du loisir et du tourisme de la Fondation Getulio Vargas, estime qu'on peut distinguer trois types de consommateurs de luxe à Sao Paulo. "Les plus aristocratiques connaissent le produit et s'attachent à la qualité, d'autres achètent des biens de luxe pour obtenir une reconnaissance professionnelle, comme un cadre supérieur aspirant à être accepté par ses pairs", explique-t-elle. "Et il y a d'autres personnes, de la classe moyenne, qui sans avoir les moyens d'habiter de grandes demeures ou de posséder yacht et hélicoptère, se donnent l'illusion de pénétrer un monde inaccessible". Pour ceux qui considèrent que la marque est un signe de statut social mais qui n'en ont pas tout à fait les moyens, les détaillants du luxe vendent leurs produits à crédit, ce qui serait impensable dans d'autres villes de la planète.





