La maison Elena Miro, griffe destinée aux femmes rondes, a ouvert le bal des défilés qui ont dévoilé les collections des maisons italiennes les plus prestigieuses: Alberta Ferretti, Versace, Gianfranco Ferré, Jil Sander, Bottega Veneta, Roberto Cavalli, Emporio Armani, Moschino, Max Mara, Dolce & Gabbana, Fendi, Missoni, Etro, John Richmond, Salvatore Ferragamo, Dsquared2, Frankie Morello, Laura Biagiotti.
George Armani a dévoilé les épaules et les jambes, soulignées par des coupes impeccables dont la ligne est adoucie par le recours à des tissus fluides. Si les épaules sont cachées, alors c'est au nombril de se dévoiler entre les deux pans d'une veste fermée par un seul bouton. Couleurs fétiches cette année : rouge discret, vert, blanc et noir pour les détails mais surtout deux teintes bleues: l'une plus claire, presque délavée, et l'autre plus royale, un bleu nuit brillant.
Miuccia Prada a craqué pour le bleu mais à petite dose. Comment renoncer à ses gris intemporels? Pour le soir, une veste boléro en soie grise et sans ourlet portée au-dessus du nombril surmonte un short ultra-court. Si la soirée est fraîche, il faut sortir le poncho noir en soie. A noter une robe en soie imprimée de photographies prises sur la plage: un parasol jaune abrite une famille dont on ne voit que les silhouettes noires. Sur de nombreux modèles, un foulard-traîne vaporeux. Miuccia Prada semble parfois avoir oublié d'habiller le bas du corps: micro-slips ou shorts-ceintures sont surmontés de capes hyper-structurées à la Givenchy.
Ambiance décontractée chez D&G, la ligne cadette des créateurs milanais Domenico Dolce et Stefano Gabbana, qui ont choisi de mettre le jeans dans tous ses états en le déchirant et en le retravaillant avec de la soie, bleue ou blanche. Sur le podium se succèdent des danseuses de Degas en micro-tutu en jean accompagné d'un corset de la même matière agrémenté de dentelles. On peut aussi opter pour la grande robe à frou-frou pour danseuse de saloon.
Chez Just Cavalli, la ligne bis de Roberto Cavalli, le jean est réinterprété: déchiré, doublé de coton et de soie, il se porte surmonté d'un filet de pêcheur noir à mailles larges avec un soutien-gorge aux bonnets pointus. Toujours dans la veine western, les franges sont omniprésentes. Sur l'ourlet d'une robe, elles évoquent les robes Charleston des années folles, revues et corrigées.
Couleurs flash et bonbons acidulés chez Blugirl, la ligne bis d'Anna Molinari. Le motif panthère/camouflage est à l'honneur, en dominante verte ou orange: l'heure est au safari de luxe post-colonial. Les sacs se font minuscules tout comme cette pochette en peau de serpent.
Gucci s'est attaqué à l'icône de la petite robe noire, jetée aux orties pour une réinterprétation détonante. Le dos en crêpe de Chine noir est classique mais le devant est en ikat, un tissu dont les motifs multicolores sont obtenus par la teinture des fils avant le tissage en bleu cobalt, orange et magenta! La styliste Frida Giannini n'hésite pas à proposer des vestes coupe perfecto qui ne sont pas en cuir mais en tissu, à associer à un pantalon slim ou une jupe zippée. Les tops (blanc vif, gris ombre, noir) sont percés de jours qui laissent entrevoir la peau nue. Des fermoirs deci-delà renforcent l'esprit rock'n roll de la collection. Partout, des broderies de métal illuminent les vêtements. En accessoire, le "New Bamboo", déclinaison du sac des années 40.
Jeux de superposition chez Roberto Cavalli, qui propose une femme hybride égarée dans un vestiaire masculin: de dos on croit reconnaître Humphrey Bogart à son imperméable pour finalement découvrir de face Lauren Bacall en robe transparente. Les vêtements sont lâches et laissent entrevoir un soutien-gorge de satin gris ou une épaule.
Chez Bottega Veneta, où l'on croit apercevoir Ava Gardner dans une robe du soir rouge sang. Le haut est un corset entrouvert dans le dos qui surplombe une longue jupe en tourbillon de soie et viscose. Pour le jour, la palette est sobre: nuances de blanc, ivoire, chair et paille pour des tuniques, robes et pantalons de soie, lin ou batiste. Le tissu est drapé ou taillé de manière asymétrique pour permettre une liberté de mouvement maximale. La silhouette est structurée, carrée afin de donner un maximum de confort au mouvement. Matières : coton, toile de coton, soie, soie/coton, soie/viscose, soie/ lin.
Les chaussures inspirées des espadrilles réalisées en toile, lézard ou cuir vernis. Le sac est léger et souple reste fonctionnel. Les bijoux sont en argent ancien et matériaux semi-précieux inhabituels tels que de la jade jaune, du cristal de roche, des perles, de la corne naturelle et du kogolong. "Nos vêtements sont comme une toile blanche qui ne prend vie que lorsqu'elle est portée", résume le styliste maison, Tomas Maier.
Chez Emporio Armani, les couleurs s'entrechoquent: une veste orange vif vient recouvrir une robe bustier bleu turquoise ou violet. Pour les plus sages, du gris, du noir et du blanc, au choix en uni ou en rayures ou même à pois. Les jambes sont dénudées jusqu'à mi-cuisse et le short blanc se porte à revers avec une veste noire rebrodée de strass.
Chez Max Mara, la maison propose une rassurante symphonie de gris, orange et kaki, déclinée sur les trenchs, robes et vestes. Pour une humeur plus taquine, un flamboyant trench rouge avec ceinture bouée à la taille.
C'est un hommage à la Sicile qu'a proposé Dolce&Gabbana à travers une réinterprétation des basiques de la garde-robe insulaire. La tenue noire traditionnelle des vieilles Siciliennes devient une robe ultra-courte rebrodée et associée à des ballerines de daim rouge sang. Les franges de leurs châles sont transformées en jupes ou en capes. Superposées sur plusieurs niveaux, elles deviennent de véritables robes: on croirait voir une poupée en costume folklorique. Et l'Espagne n'est pas loin quand débarque une torera sanglée dans un pantalon noir à taille haute surmonté d'un boléro noir hyper ajusté. Dernier détail: un petit lacet de cuir noir noué autour du col de la chemise. On passe ensuite en Andalousie avec une danseuse de flamenco provocante en robe décolletée à motif panthère rouge et noir. Pour couvrir les épaules, un filet de pêcheur noir ou un pan de dentelle noire qui ne cache rien. Plus contemporain, un corset couleur sable surmonté d'un cache-coeur noir. Pour les plus sages, un petit tailleur virginal tout en broderies.
Chez Fendi, pas de demi-mesures: c'est ou très long ou très court, mais tout en légèreté. Karl Lagerfeld propose une longuissime robe en mousseline aigue-marine nuageuse. Si on tient vraiment à montrer ses jambes, on optera pour une petite jupe en daim rouge ou encore un mini-short noir avec soutien-gorge assorti recouverts d'un voile transparent. Pour le soir, même alternative entre une longue robe couleur chair ajourée et une micro-robe du même coloris ornée d'une traîne. Les tissus sont torturés, malmenés, déchirés ou ajourés pour un rendu ultra-aérien: lin, tulle, dentelle, tricot, jersey se mélangent et s'entrelacent avec des détails en daim, crocodile ou fourrure. Pour les couleurs, c'est la douceur qui prédomine: craie, sable, chair, ocre, aigue-marine, corail...
Missoni offre aussi un répertoire de couleurs naturelles (jaune, paille, sable, vert, bleu...) et joue avec les superpositions. Pour le petit matin, un manteau ultra-léger descendant jusqu'aux chevilles s'ouvre sur un short et un bustier minimalistes, pour le soir une robe drapée à la romaine scintille en bleu et doré.
Chez Marni, c'est le mélange des genres qui prédomine, tant au niveau des matières (soie et coton, lin et papier pressé sur de l'organza) que des motifs (pois, rayures, carreaux, motifs floraux et géométriques). La femme Marni joue avec les superpositions (legging, jupe-short, tunique) pour une silhouette fluide et décontractée. Les couleurs? Plutôt automnales, avec un clin d'oeil au Swinging London à travers une série de robes à fleurs où s'entrechoquent du rouge vif, du violet ultra, du bleu cobalt et du jaune citron.
Esprit gothico-rock chez John Richmond: du cuir, du jean déchiré et ajouré, des bas résille et des perfectos.
Les stylistes de DSquared, les jumeaux canadiens Dean et Dan Caten, ont détourné les accessoires du campeur pour les intégrer à la garde-robe féminine: le plaid à carreaux bleus et blancs s'enroule autour du buste pour devenir une robe du soir, la tente orange vif devient un short baggy hyper-zippé. Un petit chaperon rouge version vinyle surgit épaules et dos dénudés. Le soir, on enfile un fourreau noir avec sa cape rouge sang. Pour affronter le loup, la version chasseur: chemise-robe de bûcheron à carreaux et casquette. Le jean est ripoliné: peint en jaune des chevilles jusqu'à mi-cuisse, il s'associe au choix à un bustier orange vif ou à la chemise de bûcheron. S'il fait chaud, pourquoi pas une petite robe-tablier rose bonbon sur un T-shirt blanc? Le soir, notre campeuse est western avec une longue robe-bustier plissée: la partie bustier est découpée en forme de coeur vert émeraude et redescend sur la jupe bleu pâle. Plus rock, un fourreau brodé de strass avec une veste en jean. Côté accessoires, la ceinture est à clous et les lunettes années 50 avec une forme triangulaire qui remonte sur les tempes.
Invasion d'amazones chez Frankie Morello: les cavalières, sanglées dans des lanières de cuir qui enserrent la silhouette, partent à la conquête du monde avec une chemise en denim sur une paire de jeans avec renforts aux genoux et à l'entrecuisse. Plus habillée, une tenue mi-ange mi-démon: le côté droit est un fourreau en cuir très ajusté, le côté gauche une robe en mousseline bleu de Chine qui descend jusqu'aux chevilles. En option, un autre fourreau en cuir brut avec une queue de cheval en crin noir qui sort au niveau du coccyx... Les sous-vêtements, en cuir eux aussi, se portent en sur-vêtements. Un corset en cuir est assagi par un short beige poudré avec veste assortie. Côté accessoires, des micro-sacs et aussi des fers à cheval or ou argent fixés le long des épaules, sur les fesses ou entre les seins pour retenir un maillot de bain.
Roccobarocco propose une ambiance plus classique tout en fluidité et transparence: jupe de gitane à pois noirs sur fond blanc, robe plissée en voile noir translucide qui laisse entrevoir un boxer en dentelle noir ou de la mousseline en motif panthère. Un jeu de superposition de franges blanches donne un petit tailleur avec jupe à mi-cuisse couronné d'un chapeau de paille assorti.
Mariella Burani a choisi des imprimés de bouquets sur du shantung ou du crêpe de Chine pour des tailleurs pantalon et des robes à effet blouse. Les chemisiers, dans des nuances de vert très vif, ivoire ou bleu électrique, sont décorés avec des rubans d'organdi.
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