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Cristóbal Balenciaga, Venet, Givenchy exposent leurs robes du soir au Château de Haroué jusqu'au 17 août 2010

Les 42 robes balaient plus de 30 ans de haute couture, sous  l'égide du maître Cristobal Balenciaga, pour lequel Hubert de Givenchy et Philippe Venet ont toujours revendiqué une admiration et une certaine forme d'inspiration, voire de filiation. 

L’idée est née d’une amitié entre Hubert de Givenchy, Philippe Venet et la Princesse Minnie de Beauvau Craon, propriétaire du château 

Les visiteurs découvrent d'abord la robe de mariage de la reine Fabiola de Belgique, dont l'hermine rappelle que les noces furent célébrées au mois de décembre alors que la traîne de 37 mètres de vison blanc confère au vêtement un caractère indéniablement royal. "C'est la première fois qu'on peut revoir cette robe depuis le mariage, en 1960", confirme la propriétaire du château, Minnie de Beauvau-Craon, nostalgique d'une certaine époque "du beau, quand la mode était l'affaire d'artistes et non de financiers".

Autres stars de l'exposition, la robe et le manteau du soir en zibeline blanc crème Givenchy, portés par Jackie Kennedy à Versailles à la soirée donnée par le général de Gaulle, en 1961. Mais c'est surtout la petite robe noire Givenchy d'Audrey Hepburn, l'un des décolletés de dos les plus célèbres du cinéma pour avoir été immortalisé dans "Diamants sur canapé" ("Breakfast at Tiffany's", 1962), qui crée l'événement. Dans le salon consacré à Hubert de Givenchy, cette robe, à la sobriété reconnaissable, répond à l'éclat d'une robe ornée d'une centaines de cristaux Swarovsky, exposée à l'autre bout de la pièce.

"Toutes les créations ont été faites à la main, avec un souci du détail, de la précision, quand les ateliers comptaient à l'époque jusqu'à 450 couturières", souligne la maîtresse des lieux. Celle-ci est notamment incarnée par une robe noire Givenchy à l'échancrure  provocante, popularisée par Jerry Hall, ou les drapés colorés de Philippe Venet. "Venet est plus discret, mais il est vraiment connu pour faire les plus belles coupes", insiste Minnie de Beauvau-Craon, qui a voulu "montrer, les identités propres des trois créateurs". "Même si Balenciaga a été le maître des deux autres, ils ont évolué différemment, ils ont chacun leur façon de voir la mode", estime-t-elle, en constatant qu'ils ont "tous les trois su embellir la femme, avec de la vraie haute couture, qui donne envie".

Trois créateurs présentent leurs robes du soir

Cristobal Balenciaga, couturier espagnol, est né le 21 janvier 1895 à Getaria, village de pêcheurs de la côte basque espagnole. Très jeune, il se passionne pour le travail de trois stylistes qui ont marqué à jamais la mode: Gabrielle Chanel, Elsa Schiaparelli et Madeleine Vionnet. Autodidacte, il économise pour s’offrir leurs modèles et les décrypter en les décousant et les reconstruisant afin de bien comprendre leur architecture. C’est ainsi qu’il se forme à cet art et qu’il deviendra un maître. À 21 ans, il fonde sa première marque et ouvre sa première maison de couture à San Sebastian, qu’il appelle EISA en hommage à sa mère. Passionné et perfectionniste il conçoit des modèles d’une grande simplicité mais très structurés. Son succès lui permet d’ouvrir deux autres boutiques à Barcelone et la plus importante à Madrid. En 1937, il fuit l’Espagne et la guerre civile pour rejoindre Paris où il ouvre sa maison de couture avenue George V. Son style épuré, classique, minimaliste et ses coupes impeccables en ont fait le plus grand couturier de son époque. Parmi ses clientes, il habille la Reine d’Espagne et une  partie de l’aristocratie espagnole, la Princesse Grace de Monaco et la Duchesse de Windsor, la Comtesse de Bismarck ainsi qu’une clientèle très élégante. Il est un des rares couturiers à refuser de fermer sa maison de couture pendant la seconde guerre mondiale. Il est, entre autres, le créateur des robes Baby Doll. Il décède en 1968 à Valence en Espagne.

 

Le couturier Philippe Venet est né à Lyon le 22 mai 1929. Il est tout d’abord en formation chez Pierre Court qui détient alors le droit de reproduire les modèles de Balenciaga et c’est l’association de Philippe Venet avec cette maison de couture parisienne qui le mènera à Paris pour poursuivre sa carrière dans le stylisme. Il intègre la maison Schiaparelli, comme premier tailleur. C’est là qu’il rencontre Hubert de Givenchy styliste de la maison de couture. En février 1952, Hubert de Givenchy ouvre sa maison de couture et propose à Philippe Venet un poste de premier tailleur. Les années 1950 sont sous le signe de la gloire pour la Maison Givenchy, un succès auquel Philippe Venet a sans conteste contribué. Il ouvre sa maison de couture à Paris en 1962. Son expérience et son respect des traditions de la haute couture sont les fondements de son travail depuis le début, tout comme son habileté. Ses coupes ont été innovantes et imaginatives, avec une gamme de manteaux architecturés, présentée dans chaque collection. Ses tenues du soir ont souvent été inspirées par la faune et la flore. L’ensemble est en général romantique mais sophistiqué, élégant mais avec une pointe d’extravagance. Philippe Venet reçoit le « Dé d’or » en janvier 1985. Cette récompense rend non seulement hommage à sa contribution à la haute couture mais aussi à son implication dans chaque étape de la création. Il est un des premiers grands couturiers à avoir présenté ses collections chaque saison à New York et dans d’autres villes des Etats-Unis dès 1962, ce qui lui a permis de garder une clientèle jusqu’en 1994, date de la fermeture de la maison de couture.

Né le 20 février 1927 à Beauvais, Hubert de Givenchy est l’un des grands noms de création haute couture française. Il effectue ses premiers pas auprès de Jacques Fath, Robert Piguet, Lucien Lelong et Elsa Schiaparelli. Hubert de Givenchy décide d’ouvrir sa maison de couture près du Parc Monceau. Il s’impose grâce à une imagination et une innovation constantes. Sa première cliente Madame Jacky Kennedy n’est pas encore First Lady. Ses collections allient la décontraction et le luxe. Il apporte alors un souffle nouveau à la création haute couture. Il est inspiré par Cristobal Balenciaga. En 1953, Miss Audrey Hepburn fait appel à lui pour l’habiller dans Sabrina puis tous ses films contemporains tels que Funny Face (Drôle de frimousse), Breakfast at Tiffany’s (Diamants sur canapé), Paris - when it sizzles (Deux Têtes Folles), Love in the afternoon (Ariane) etc. Hubert de Givenchy crée le parfum «Interdit» spécialement pour Miss Audrey Hepburn. Ensuite d’autres grands parfums pour femme suivront ainsi que toute une ligne de parfums pour homme. En 1954 il signe sa première collection de prêt-à-porter de luxe. En 1958, il s'installe avenue Georges V. Parmi ses clientes et amies, il y a la Princesse Grace de Monaco, sa fille Caroline, Princesse de Hanovre, la Duchesse de Windsor… Après de nombreuses années de création, Monsieur de Givenchy décide de céder son affaire représentant la haute couture, le prêt-à-porter et les parfums au groupe LVMH.


Expo, mode d'emploi

Situé à 20 minutes de Nancy, le Château de Haroué est un exemple de l’art français au début du XVIIIème siècle, au moment de l’âge d’or de la Lorraine. Construit sur l’emplacement d’une citadelle et d’un château renaissance, le château actuel conserve certains vestiges des châteaux précédents. Ce «palais à la campagne» a conservé une atmosphère de vécu grâce à la famille de Beauvau-Craon qui y habite encore.

Château de Haroué. 54740 Haroué.
Ouvert tous les jours de 14h à 18h30, le matin sur rendez-vous. Tel: 03.83.52.40.14. www.chateaudeharoue.com


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