Le musée Lalique
© Wilmotte SADepuis 90 ans, les créations Lalique sont produites en Alsace à Wingen-sur-Moder. C’est dans cette région de tradition verrière que s'ouvre début juillet le premier musée Lalique, un lieu de mémoire à la hauteur du génie et du rayonnement de l’artiste.
Avec plus de 550 pièces exposées sur 900 m2, ce musée qui a obtenu l’appellation Musée de France présente les multiples facettes de l’oeuvre de Lalique et propose dans une scénographie moderne, dessins, bijoux, flacons, arts de la table, luminaires, vases…
René Lalique (1860-1945)
Cet artiste décorateur des plus audacieux de la fin de XIXe et du début du XXe siècle ouvre sa première maison en 1885 à Paris. Rapidement, il est reconnu comme l'un des plus importants dessinateurs de bijoux Art nouveau de France. Il travaille sans relâche, dessine, modèle, explore la nature et étudie le corps féminin pour en faire des études et dessins. Son obsession : “créer quelque chose qu'on n’aurait pas encore vu”. Dans ses créations, il a recours à des matériaux jusque-là peu utilisés comme la corne, l’ivoire ou les pierres semi-précieuses. Bijoutier d’avant-garde, Lalique met ensuite son savoir-faire au service du parfum aux côtés de François Coty, une manière de perpétuer la tradition de l’Art nouveau qui voulait réconcilier Art et Industrie. Progressivement et jusqu’à la fin de sa vie, il se consacre exclusivement au verre - dont il maitrise et contrôle les effets de transparence et les reflets. Créateur éclectique, il signe également des bouchons de radiateurs pour les automobiles des Années folles, la décoration de wagons de l’Orient Express ou la salle à manger du paquebot “Normandie”...

Les collections du musée
Le visiteur est accueilli par un lustre monumental réalisé par Marc Lalique en 1951 pour l’exposition L’art du verre au Musée des arts décoratifs de Paris. 60 ans après sa création, ce lustre de 1.700 kg, composé de plus de 300 pièces et d’une hauteur de 3 mètres, a été restauré dans les ateliers Lalique à Wingensur-Moder afin d’être à nouveau présenté au public.
Le fonds du Musée s’est constitué grâce à des acquisitions, soutenues par les collectivités territoriales, le Fonds régional d’Acquisition pour les Musées mais également des mécènes. Il est également enrichi par des dépôts de la Société Lalique, de collectionneurs privés et de musées parisiens, comme les Arts Décoratifs ou le Musée des Arts et Métiers.
Un parcours scénographique permet de pénétrer dans la vie et l’oeuvre de René Lalique ainsi que celles de ses successeurs. Les différents espaces offrent un parcours rythmé, riche en découvertes et en émotions esthétiques.
Cest l’occasion de se plonger dans les thèmes chers à Lalique, parmi lesquels « les 3 F » : Femme, Faune et Flore. Fervent observateur de la nature, il a exploré toutes les possibilités décoratives de la faune et la flore. Fasciné par la nature, il ne dénigre aucune espèce animale : serpents, perruches, sauterelles et autres scarabées sont réhabilités dans toute leur beauté sur des vases, pendulettes, carafes ou flacons. Lalique ne fixe pas de limite et trouve une inspiration inépuisable dans le corps des femmes. Courbes voluptueuses, rondes de nus ou déhanchés délicats célèbrent la femme.
Parallèlement à la mise en valeur de pièces d’exception, le musée veut replacer la création Lalique dans son contexte historique, social ou technique… Une occasion d’évoquer ses amitiés artistiques et littéraires et sa clientèle éclectique. Parmi elles, souverains britanniques, princes japonais, la comédienne Sarah Bernhardt ou le magnat du pétrole Calouste Gulbenkian, ami et mécène.
Des espaces d’immersion, favorisant l’approche sensorielle et utilisant des techniques audiovisuelles, sont consacrées à l’Exposition universelle de 1900 et à celle des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 qui marquent respectivement l’apogée de sa carrière de bijoutier puis celle de verrier. L’art sacré, un aspect peu connu de la création Lalique est également valorisé. Enfin, une table tactile permet de découvrir les différentes étapes de la fabrication du vase Bacchantes, créé par René Lalique en 1927 et toujours “best seller”.
Les hommes et les femmes qui perpétuent aujourd’hui encore les savoir-faire sont mis à l’honneur au travers d’un film sur la manufacture qui dévoile quelques uns des secrets de la magie du travail du cristal.
Le projet architectural
C’est à Wingen-sur-Moder où René Lalique avait choisi d’implanter son usine en 1921 que le futur musée est aménagé. Il est implanté sur un ancien site verrier, en activité entre 1715 et 1868, - et inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1996. Le chantier est placé sous la direction de l’agence Wilmotte, associée aux architectes Chiodetti et Crupi de Colmar. Le respect du patrimoine bâti, l'intégration paysagère des bâtiments, le choix des matériaux - béton, pierre, verre - et l’aménagement des jardins sont au coeur du projet. La création de ces jardins par les paysagistes Neveux et Rouyer, permet de relier l’oeuvre de Lalique à la nature qu’il a tant observé. La scénographie a été confiée à Ducks Scéno.
Les jardins
L’aménagement des jardins constitue un atout important pour le musée. Il renforce l’aspect convivial du site et permet, par le choix des essences, de relier les créations à la nature tant observée par René Lalique. Ils se structurent en trois espaces, qui sont autant de possibilités de mettre en scène le potentiel créatif du végétal :
- des parterres classiques sur le parvis du musée,
- un jardin floral, dont l’aménagement est fonction des couleurs et des époques de floraison, offre une large palette de plantes, allant du lys à l’anémone en passant par les dahlias et les bleuets,
- un jardin boisé situé sur le toit de l’exposition permanente complète cet ensemble.
Musée Lalique. Rue de Hochberg F. 67290 Wingen-sur Moder. www.musee-lalique.com. De l’ouverture au 30 septembre de 10h à 19h. Du 1er octobre au 31 mars : du mardi au dimanche de 10h à 18h.


