Le trousseau de la Reine de Mai - Marie-José de Savoie

Le trousseau de la Reine de Mai - Marie-José de Savoie

DR
Cette exposition, qui se tient à la Mona Bismarck Foundation, se termine le 12 décembre 2009

La Mona Bismarck Foundation et la Fondation Humbert II et Marie-José de Savoie présentent, pour la première fois en France, une exposition de costumes historiques, de manteaux de cérémonie et de robes de soirée de la Maison royale de Savoie.

Sont exposées des pièces historiques uniques provenant de la Fondation Humbert II et Marie-José de Savoie, Genève, Suisse: dix magnifiques manteaux de cérémonie, vingt ensembles de soirée et des effets personnels de la reine d’Italie Marie-José de Savoie (1906-2001). Nombre des objets présentés faisaient partie du trousseau de la reine, lors de son mariage en 1930 avec le prince Humbert, qui devait devenir le dernier roi d’Italie. La collection de la Fondation Humbert II et Marie-José de Savoie a été rassemblée grâce aux efforts de sa présidente, son Altesse royale la princesse Marie-Gabrielle de Savoie, l’un des quatre enfants de la reine, qui a consacré son énergie à sa reconstitution.

“La Reine de mai”
Marie-José fut brièvement reine consort d’Italie. Son court règne de 24 jours, du 9 mai 1946 (abdication de son beau-père, le roi Victor-Emmanuel III) au 2 juin 1946 (abolition de la monarchie italienne par plébiscite) lui valut le surnom affectueux de “reine de mai.” Marie-José était plutôt touchée par ce titre : « J’ai été surnommée reine de mai » disait-elle « Ce nom ne me déplaît pas… car le mois de mai est certainement une belle saison dans notre Italie. »

Née le 4 août 1906, Marie-José Charlotte Sophie Amélie Henriette Gabrielle de Saxe Cobourg-Gotha, princesse de Belgique, était le troisième et dernier enfant du prince Albert, futur roi de Belgique, et de son épouse, l’ancienne duchesse Élisabeth de Bavière, nièce de l’impératrice Élisabeth d’Autriche. Lors de l’invasion allemande de la Belgique en 1914, la famille royale dut quitter Bruxelles pour s’installer à La Panne, d’où le roi Albert organisa la résistance de l’armée belge. La reine Élisabeth se consacra aux soins infirmiers (bien plus tard, pendant la campagne d’Abyssinie, Marie-José suivrait les traces de sa mère en devenant inspectrice de la Croix-Rouge italienne).

Marie-José fut élevée dès la naissance dans la perspective de son mariage avec le futur roi d’Italie. C’est pour cela qu’on l’envoya étudier au couvent du Poggio Imperiale, près de Florence, où elle apprit l’italien. Elle rencontra alors Humbert, prince de Piémont. L’héritier du trône apprécia assez cette jeune fille blonde, grande et enjouée, pour envisager que leurs parents arrangent leur union. Après l’annonce de leurs fiançailles à Bruxelles en 1929, leur mariage fut célébré au Quirinal le 8 janvier 1930.

Le trousseau royal, grandeur et élégance
L’exposition de la Mona Bismarck Foundation comprend non seulement le voile de mariée en dentelle de Marie-José, mais également dix manteaux de cour, faits de taffetas et de velours somptueux, brodés d’or et d’argent, dont certains dépassent quatre mètres de long. Créées dans des ateliers italiens comme Gori, Ventura ou Concettina Buonanno, mais avec des matériaux en grande partie français, ces traînes furent portées par la reine et la cour lors de cérémonies royales. Vingt robes de soirée conçues pour la reine dans les années 1930 seront également exposées.Rappelant les créations de Madeleine Vionnet ou de Poiret, la simplicité de leur style et la perfection de leur coupe rehausse les soies, le taffetas, les crêpes et les velours précieux.

 

Un scénographe de distinction, M. Hubert de Givenchy

M. Hubert de Givenchy, grand couturier renommé et membre du conseil consultatif international de la Mona Bismarck Foundation, participera pour la deuxième fois à l’organisation d’une exposition avec la M.B.F. Il avait déjà endossé le rôle de co-conservateur en 2006, pour Perfection Partagée : Mona Bismarck, Cristobal Balenciaga. Des créations conçues par le célèbre bijoutier américain Kenneth Jay Lane et des tiares provenant de la collection de l’artisan bijoutier français Stéphane Marant complèteront l’exposition.

La Mona Bismarck Foundation

Créée dans les années 1980 par la philanthrope américaine Mona Bismarck, la Mona Bismarck Foundation est une organisation américaine, dont le siège se situe dans l’état de New York. Elle propose un programme éclectique composé d’expositions et de séminaires, traditionnellement gratuits, se concentrant sur les échanges franco-américains et reflétant les goûts et les intérêts de feue la comtesse Mona Bismarck.

La comtesse Mona Bismarck, une jeune sudiste à l’éducation traditionnelle
Sa fortune et son titre de noblesse semblent bien éloignés des origines typiquement américaines de la comtesse. Née Strader, Mona fut élevée en demoiselle de bonne famille selon la plus pure tradition du Sud, dans un ranch de la région du Bluegrass. Mariée dans les années 1920 à l’industriel américain Harrison Williams, elle acquit la réputation d’être l’une des femmes les plus belles et les plus élégantes de cette époque.Devenue veuve, elle épousa le comte Edward Bismarck, petit-neveu du chancelier Otto Bismarck.

 

Une source universelle d’inspiration
La quintessence de son style fut célébrée dans une chanson de Cole Porter tandis que sa beauté, son esprit et son élégance captivèrent et séduisirent de nombreux artistes tels les peintres Salvador Dali, Leonor Fini, Bernard Boutet de Monvel ou les photographes Cecil Beaton, Edward Steichen et Horst. Mona Bismarck était entourée d’hommes d’état (les présidents Roosevelt et Eisenhower) de monarques (le duc de Windsor, la princesse Grace de Monaco) et d’écrivains et d’artistes (Greta Garbo, Cristobal Balenciaga, Tennessee Williams, Paul Newman, Truman Capote et Erich Remarque).

Une personnalité hors du commun
La dernière décennie a été marquée par un renouveau d’intérêt pour la personnalité de Mona Bismarck. Le photographe de mode et cinéaste bien connu Bruce Weber avoue éprouver une fascination pour la comtesse à qui il consacre plusieurs pages dans ses deux derniers ouvrages. Il voit en elle l’illustration d’une vision typiquement américaine. Annette Tapert et Diana Edkins, dans The Power of Style: The Women who Defined the Art of Living Well la citent comme l’une des dix femmes ayant réussi à maîtriser l’art de l’auto-invention pour atteindre le statut d’arbitre du style.

Hommage à l’amour de la comtesse pour l’histoire et la culture de l’Italie
La Mona Bismarck Foundation programme régulièrement des expositions qui reflètent les intérêts de sa fondatrice.Dans ce cas, il s’agit de la passion qu’éprouvait Mona Bismarck pour l’histoire et la culture de l’Italie et de son attachement à la magnifique île italienne de Capri, une passion partagée avec la reine Marie-José. Des nombreuses résidences de la comtesse, sa propriété de Capri, acquise en 1936, était, sans nul doute, la plus extraordinaire. Lors d’une croisière sur la Méditerranée,Mona avait découvert cette île et la maison de ses rêves, Il Fortino, palais remontant à l’époque romaine. Juché sur une falaise difficile d’accès, embrassant la baie de Naples, entouré de vastes jardins, Il Fortino devint, sous son impulsion, la maison de bord de mer la plus belle du monde. Reconstruit sous la forme d’une villa couleur ocre, aux dômes élevés, aux sols de marbre, aux murs blanchis et aux fresques gigantesques, il offrait à des amis comme Gore Vidal, Cecil Beaton, Jacqueline Kennedy Onassis, Ian Fleming ou Van Day Truex un refuge frais et coloré rehaussé par l’hospitalité attentive et généreuse de Mona.

 

Les chers jardins de Mona à Capri
Plus que la maison elle-même, c’était la culture des immenses jardins d’Il Fortino qui captivaient l’attention et l’énergie de Mona. Elle passait le printemps et l’été à Capri, où l’on pouvait la voir équipée de paniers, de cisailles et de semences, travaillant aux côtés de ses jardiniers. Les connaissances botaniques de Mona Bismarck, écrivit un expert, « étaient stupéfiantes et il était d’autant plus évident qu’elle avait les pouces verts sur une île où le sol rocheux et le manque d’irrigation expliquent la rareté des jardins ». Un bateau apportait de l’eau douce tous les jours du continent. Le sol aride se couvrait d’une herbe verte et veloutée et les orchidées,  les roses, les hortensias et les camélias affichaient leurs mille couleurs.Chaque après-midi, Mona et Eddie Von Bismarck partaient cueillir des fleurs pour orner la villa. La doyenne de la mode Diana Vreeland se remémore Il Fortino comme « des espaces pleins de couleurs éblouissantes, des espaces emplis, quand venait le soir, du parfum entêtant du jasmin nocturne ou des roses, encore chauffés par la chaleur de la journée ».


Expo, mode d'emploi

Mona Bismarck Foundation, 34, avenue de New York – 75016 Paris. Tél: 01.47.23.81.73. www.monabismarck.org


cliquez ici