Défilé Paul Smith pap masculin printemps-été 2011

Défilé Paul Smith pap masculin printemps-été 2011

AFP. P.Kovarik
Après Milan, Paris accueillait les hommes du 23 au 27 juin 2010, soit 46 défilés et une vingtaine de présentations

Les défilés qui s'achèvent ont confirmé et fait émerger plusieurs tendances:  toujours d'actualité le sarouel, la combinaison et le jean, avec un nouveau-venu le bermuda-jupe. A retenir, très graphique, l'effet projection de peinture et bien pratique, le tissu froissé. Côté accessoires: la sandale plate, la cravate et des pointes de verts éclatants

- Sarouel: pas nouveau mais il reste toujours tendance.
- Bermuda-jupe:
pas sûr que cette pièce séduise le public mais plusieurs couturiers en ont présenté une version (Jean Paul Gaultier qui fait porter des jupes aux hommes depuis les années 1980 mais Givenchy). Composé d'un panneau droit devant et de deux fuseaux derrière, il se porte en costume avec une veste.
- Combinaison: chez Gaultier, version garagiste avec un élastique à la taille, en violet ou noir transparent, ainsi qu'une salopette noire. Issey Miyake présente une combinaison sans manche, en denim gris à motifs blancs.
- Jean: un ou deux modèles de jeans se retrouvent dans presque chacune des collections. En version punk délavé chez Dries Van Noten ou en costume indigo pour la Maison Martin Margiela.
- L'effet projection de peinture: chez Kris Van Assche et Jean Paul Gaultier, des vêtements qui semblent aspergés de peinture ou sablés. Noir sur le blanc chez le premier, blanc sur noir pour le deuxième. Idem chez Dries Van Noten qui adopte la couleur avec des chemises blanches aux tâches bleues et violettes.
- Tissu froissé: chemises, costumes ou parkas, de nombreux défilés ont présenté des textiles techniques qui donnent un aspect froissé.
- La sandale plate: celle qui domine est monacale, toute plate, toute simple et le plus souvent en cuir naturel. Elle existe en version spartiate, remontant sur le talon mais aussi en mode endimanchée, où le pied s'enfonce dans une semelle profonde. La sandale de randonnée, portée avec une tenue de ville, fait aussi une percée.
- La cravate: elle fait un petit retour, en version fine et parfois froissée, comme chez Viktor & Rolf ou John Galliano.   
- Verts éclatants:
présence de verts vifs, un vert émeraude chez Vuitton, un vert intense chez Kenzo et un vert menthe chez Hermès.

Sur les podiums le 23 juin 2010

De nouveaux venus dans le calendrier. Thibaud Etcheberry et Rad Hourani font leur entrée dans le calendrier ainsi que le Brésilien Gustavo Lins (en défilé) et Christian Lacroix (sur rendez-vous), connus pour leurs défilés couture. 

 

Mercredi 23 juin 2010  
Thibaud Etcheberry, originaire de Saint Jean de Luz, a toujours baigné dans le monde de l’Art. Après 11 ans passés en atelier, à exposer ses toiles et dessins, il décide d’étudier à Paris. Rapidement, il se tourne vers l’univers de la mode qui lui permet d’exprimer toute sa créativité. En 2008, il assiste Santa Bevacqua, styliste photo, qui deviendra consultante pour sa première collection, fonction qu’elle exerce chez Lutz depuis plusieurs années. En 2009, il assiste Guido Voss pour l’homme chez Gaspard Yurkievich et la même année Jennie Ko chez Yigal Azrouel à New York. Dès son arrivée à l’Atelier Chardon Savard en 2007, il se consacre à la mode masculine qu’il appréhende comme un challenge afin d’embellir l’homme d’aujourd’hui et de lui offrir un nouveau style. Aujourd’hui à 22 ans, il lance sa première collection « Out Of The World » en rendant hommage à ses grands pères. Le visage recouvert de suie, portant parfois des lunettes de soudeur, les mannequins sont chaussés de boots découpées au cutter. Le styliste joue sur la sensualité des matières avec des pulls ultrafins, des perfectos déstructurés et des T-shirts en peau aux coutures en trompe l'oeil, dessinées au stylo.

Francisco Van Benthum présente pour la 5ème saison consécutive à Paris. Sa collection Brave s’inspire de l’uniforme de l’armée : de la tenue de combat traditionnelle jusqu’à la tenue high-tech. Le créateur est fasciné par la construction intelligente et les solutions techniques, inventés avec des perspectives pratiques. Il interprète ces éléments et détails utilitaires. Ici, l’accent est porté sur la construction / non-construction et sur le jeu de proportion. C'est une collection colorée qui intègre des pièces traditionnelles. Certaines pièces sont réalisées avec des techniques artisanales, comme le surpiqué main. Les tissus utilisés sont légers et estivaux : laine froide, lin enduit, cotons mélangés, popeline de coton Suisse, soie enduite et raphia. Les couleurs se déclinent en nuances de blanc, vert armée, beige, jusqu’à l’anthracite et le noir. Van Benthum a lancé 2 collections capsule à coté de sa collection Francisco van Benthum : Van Benthum, une collection de costumes et de chemises classique, FVB, une collection mode. www.franciscovanbenthum.com

Rad Hourani. L'événement Tranclassic est à la fois la présentation de la nouvelle ligne "Classic" et le vernissage d'une exposition photo/vidéo/audio qui restera en place jusqu'au 22 juillet à la Galerie Joyce. Classic est une collection de pièces intemporelles, des best-sellers de ses deux lignes (Rad Hourani et RAD). L'exposition regroupe portraits offrant son point de vue radical sur l'intemporalité par sa transformation. En noir et blanc, Hourani donne à voir son univers, ses intérêts et sa vision d'un nouveau monde, dépouillé des contraintes de genre et de saison et donnant toute la place à l'expression de ses valeurs de liberté, de passion et d'élégance. www.radhourani.com

 


Sur les podiums le 24 juin 2010

 

Le duo néerlandais Viktor & Rolf a imaginé un homme des années 1940 en villégiature dans une station balnéaire. Bercé par la voix de la chanteuse britannique La Roux, les mannequins défilent. Elly Jackson rejoint ainsi la liste d’artistes avec lesquels Viktor & Rolf ont collaborés depuis de nombreuses saisons. « La première fois que nous avons découvert La Roux à la télévision, nous avons tout de suite été attirés » déclare Viktor & Rolf. « Nous étions intrigués par son coté androgyne et nous adorons sa manière unique de s’habiller. Son attitude garçonne contrastant avec sa voix aigue crée une ambigüité touchante. Nous avions envie de l’habiller avec des vêtements de notre collection Monsieur mais fait sur mesure pour elle : une veste en soie bleue avec un haut noir et un pantalon de costume noir. Un vestiaire masculin taillé pour un corps de femme. » Beaucoup de fraîcheur avec des touches vives (turquoise), jusqu'aux chaussures vernies. Des costumes bermudas beige, coupés au-dessus du genou, ont succédé aux vestes claires surlignées d'un revers noir, des cravates fines sur des cols de chemise étroits mais "vous aurez remarqué, elles sont froissées, pas très nettes", glisse à l'AFP Rolf Snoeren. "C'est un homme sapé mais il est à la plage", fait valoir son associé Viktor Horsting, expliquant qu'il s'agit "d'être habillé tout en faisant jeune". "Elégant mais sans façon", renchérit Rolf, "il porte un smoking sans chemise ou une cravate sur un T-shirt..."

Viktor & Rolf, pap été 2011, Paris. AFP - Patrick Kovarik
La collection Alexis Mabille témoigne d'une nouvelle recherche de plus de naturel et d'aisance, de sérénité dans les formes comme dans les couleurs. La monochromie du désert impose des teintes sable, terre et pierre, des écrus aux beiges, des marrons aux bruns. Le choix des matières et des textures contrastées devient capital: le naturel du coton froissé, du lin, des denims et cuirs bruts,  la légèreté des gazes et piqués ajourés, la douceur des pongés de soie et des jerseys luisants, voiles ou matelassés, la rigueur des sergés sec de coton, les Georgette brodées de micro-paillettes, le relief des jacquards géométriques. Des souvenirs des héros populaires ressurgissent des détails de sahariennes en longues chemises ceinturées à poches plaquées, les pantalons à zips pinçant les chevilles, les débardeurs, les pantalons multi poches zippées, les blousons d'aviateur, combinaisons et chemises zippées et transformables. Pour la piscine, de micro maillots de jersey platine. Notons, l'accumulation de bracelets, colliers grigri en perles de bois, fleuris de marguerites blanches en crochet naif. www.alexismabille.com
Une fois encore Daï Fujiwara s'est intéressé au monde qui l'entoure (la nature en l'occurence) pour trouver sa source d'inspiration. Cette fois-ci, c'est la truite discrète mais plus spectaculaire quand elle sort de sa cachette et traverse la transparence de l'eau pour saisir sa proie qui est son centre d'intérêt. Sa patience, son élégance, sa beauté mais aussi son esprit de déguisement et de dissimulation dans l'attente d'une proie sont révélés ici. Ainsi, c'est cette métaphore qui est proposée par Issey Miyake. Résultat: des tenues bigarrées aux motifs géométriques, des pantalons multi poches très urbains, du denim froissé et des costumes sombres classiques. On a pu admirer la variation des gris perles et beiges aux couleurs éclatantes, comme ce splendide rouge coquelicot ou les camaïeux de bleus et verts. C'est tonique et c'est tant mieux ! www.isseymiyake.com
Défilé Miyake, pap été 2011, Paris. AFP - François Guillot
Rick Owens évoque dans cette collection 'l'austérité et à la sévérité, d'une façon opulente". On note des manteaux de toile en soie raide, des chemises de popeline et des cuirs rigides. "J'aime penser aux uniformes et aux vêtements de travail fonctionnels qui mélangent les formes de la jupe d'un esclave égyptien, d'un Vionnet à drapé T.shirt et d'un cuir... Pour le moment je suis attitré par la cérémonie, l'apparat et le sacrifice que la dévotion spirituelle suggère" explique-t-il dans son communiqué. 
www.owenscorp.com

La collection de Juun J est très souvent le fruit de collaborations. Cette fois encore, il a travaillé avec:
- Ground-Zero, comme la saison dernière, pour un nouvel imprimé inspiré de miroirs cassés qui se retrouve sur des parkas, des ponchos, des T.shirts, des leggings et des sacs.
- Kim Kiroic, également comme la saison dernière, qui pourrait être le premier styliste Chinois à s’introduire sur le marché international avec sa marque haut de gamme de baskets. 

- et Heaven Tanydiredja, pour le design des bijoux.

Le créateur nous offre avec The Flap une collection riche en superposition de pièces travaillées dans une palette principalement unie, très contemporaine et tonique.

www.juunj.com

Sport et chic, Louis Vuitton, qui a imaginé un "voyageur à l'ère numérique, parcourant le monde depuis son écran d'ordinateur". Ses  parkas sont légères et se plient facilement, les capuches sont en option. Cet aventurier porte bermudas et sandales, il relève ses manches, qu'il peut attacher d'un simple bouton. Les pantalons étroits révèlent les jambes. Son vestiaire lui permet de passer de la jungle aux salons. La collection juxtapose nylons pratiques et soie ultralégère. Des motifs du zodiaque chinois, retravaillés par la star new-yorkaise du tatouage Scott Campbell, s'impriment sur les vestes comme sur les sacs en cuir. Les couleurs terre et chocolat, bleu marine, s'égaient de verts lumineux. www.louisvuitton.com

Défilé Louis Vuitton, pap été 2011, Paris. AFP - Patrick Kovarik
Gaspard Yurkievich
www.gaspardyurkievich.com
Dépaysement chez Jean Paul Gaultier qui propose une pause dans un hammam marocain: voici un éphèbe allongé sur une table de massage, habillé d'une serviette blanche autour des reins et un masseur légèrement vêtu. C'est le Marrakech évoqué dans les années 70 par Yves Saint-Laurent auquel pense le créateur. Dans un nuage de vapeur apparaissent une figure de Saint-Laurent, reconnaissable à ses lunettes et sa minceur, accompagnée de sa muse androgyne Betty Catroux, grande et blonde. C'est le thème des jardins de Majorelle avec ses djellabas, ses transparences, ses effets de voile et ses broderies marocaines. Intercalées sur de classiques costumes trois pièces, souvent avec des gilets brodés, surviennent ainsi des tuniques ouvertes. "J'ai fait des sahariennes mais en cuir ou en maille. Il faut bien que je mette une touche Gaultier à tout ça!", plaisante le couturier, qui dit avoir voulu mélanger "la cité occidentale et la ville maghrébine". Ses babouches en cuir noir à lacets illustrent cette rencontre. "Mes caftans ou djellabas, en coton ou en lin, s'apparentent davantage aux  liquettes de grand-père ou aux chemises de smoking", explique-t-il. Gaultier travaille aussi beaucoup le cuir, choisissant des couleurs chaudes tirant notamment sur l'orangé. "Aujourd'hui  il fait très chaud, mais demain on sera peut-être en manteau ou en col roulé. On a besoin de vêtements légers et moins légers pour l'été" note-il. On note aussi des bermuda-jupe et même un kilt noir à bord rouge, puis un final d'imprimés psychédéliques qu'il faut regarder avec des lunettes en 3D pour un "effet champignons hallucinogènes", dit le couturier. "Enfin j'imagine, je n'en ai jamais pris!". Côté matières, on note des tissus traités avec du sable ou même du plâtre, d’autres imprimés sur le tissu en motif placé. En opposition aux matières naturelles, une touche technique est apportée : toile de peintre avec résine, soie technique avec enduction polyuréthane. La chaleur monte encore: les mannequins du hammam reviennent en slips, avec tunique ou gilet, claquettes aux pieds. On adore voyager avec vous Monsieur Gaultier !

Jean-Paul Gaultier, pap printemps/été 2011, Paris. AFP - François Guillot

La D.A. de Smalto Youn Chong Bak trouve son inspiration dans l’oeuvre de l’architecte Gaudí, en privilégiant des ambiances de couleurs, issues de l’univers aquatique et végétal (bleus marines, vert algues, corail, vert amande mais aussi des couleurs pastels et minérales, des reflets briques, parmes ou bronzes). Des tons modérés galvanisés par des tissus lavés, enduits, irisés ou métalliques. La maille est peinte au pistolet pour un effet délavé et usé; les popelines sont surteintes; les cuirs sont lavés. Ici on remarque les basiques qui offrent une silhouette épurée, graphique avec des détails tailleur: La collection de chemises se distingue par son élégance graphique, grâce aux découpes au niveau des poignets et du col. Les détails sont nombreux : rabats boutonnés sur les épaules, manches retroussées, plastron plissé en diagonale pour les chemises soir… Les pièces outdoor ont une allure sportive chic : tissus techniques irisés avec fils métalliques, tissus synthétiques ultra légers au toucher soyeux et coloris clairs. Le tout est décliné sur les impers, parkas, sahariennes et coupe-vent. www.smalto.com

Dries Van Noten avec sa collection “From college to Rude boy” propose un mix entre le street et le raffiné. Des flashs d’images tirées de films de prédilection tels que Du Sang sur la Tamise ou Gatsby le Magnifique, Orange Mécanique ou « Alfie » inspirent cette collection. Résultat: des variations du bermuda du sartorial au baggy un peu voyou, du denim dans toutes ses formes traditionnelles, ses tons de bleu, de noir ou de blanc. On note des photographies du tweed imprimées sur des polyesters techniques et presque transparents, pour un style sartorial mêlé au confort du sportswear Le denim est éclaboussé ou quasi décoloré à la javel et des tâches de teinture maculent les chemises délavées. Les lins d’été sont souples et froissés, dans les tons de cognac, jaune et café. Le styliste belge explique "J'ai largement intégré la culture de la rue, avec le côté brut, un peu rude de New York mais aussi des éléments du Londres des années 70 et son mouvement punk et l'élégance des costumes en soie de la  même époque à Paris". Le lieu du défilé est "très cru, brut et beau en même temps", dit-il, à l'image de ce qu'il a souhaité pour sa collection, dans laquelle il a introduit plusieurs trompe-l'oeil. www.driesvannoten.be
Défilé Dries Von Noten, pap printemps/été 2011, Paris.  AFP - Patrick Kovarik
Yohji Yamamoto dit « la mode basique est partout » shorts, bermudas et T-shirts, la collection joue avec la sophistication, l’excentricité, les broderies et des imprimés fleuries tapisserie « chambre d’hôtel ». Queue de pie et gilets ont beaucoup d’importance, les pantalons sont souvent aux genoux ou mi-mollet façon « petit Marquis ». Longs polos de jersey… Le style flirte avec le 18ème, 19ème et début du siècle du côté des « dandys »anglais comme Oscar Wilde, les « incroyables » en France. Les couleurs sont pâles, lin rose, différentes tonalités de mauve, lavande, lilas... Des gris, du noir et blanc, des rayés noirs et blanc. Couleurs fortes lavées pour des costumes et chemises assorties, rouille, bleu océan, vert... Les formes sont confortables, les cols hauts souvent terminés par un nœud surdimensionné. Chaussettes mi-bas, Tennis imprimée de fleurs, boots à boucle carrée, chaussures sans lacets… Merci de faire une rupture avec le temps et de réinterpréter ces époques Monsieur Yammoto! www.yohjiyamamoto.co.jp
Défilé Yohji Yamamoto, pap printemps/été 2011, Paris. AFP - François Guillot
Henrik Vibskov

www.henrikvibskov.com


Sur les podiums le 25 juin 2010

Junya Watanabe Man  
La collection 015 de Gustavo Lins est présentée pour la 1ère fois à la presse, même si auparavant le vestiaire de l’homme s’était infiltré au sein des collections féminines. La rigueur du tailoring militaire et civil est repensée pour être déconstruite, dans une volonté d’allègement de la structure pour une fluidité du tombé et du porté. Il parvient à bousculer/basculer formes et fonctions ainsi que les proportions pour composer un vestiaire souple, aux finitions plates à ganses de cuir. Les chemises peuvent être portées à l’endroit comme à l’envers, quant aux vestes légères, elles se portent « comme des chemises »… Les trenchs en gabardine de coton ont des emmanchures spiralées et se révèlent réversibles. 3 modèles de pantalons sont proposés. Les couleurs claires dominent, alternés parfois par l’éclat d’un jaune, d’un rose ou d’un orange. Les matières utilisées sont au service de cette sensation de légèreté  et d’urbanité  Ancré dans les codes stylistiques des collections féminines, le drapé s’applique à la silhouette masculine. Des kimonos japonais masculins, traditionnellement courts et noirs, sont retravaillés en tuniques ouvertes, à col foulard et manches « à l’occidentale » en cuir ultrafin ou comme des gilets souples sans manches. La conception de textures nouvelles constitue l’une des recherches du créateur, qui introduit la toile à patron, retravaillée. Il transforme en motifs les multiples traits de constructions et les annotations techniques inscrites au stylo, qui sont balisées de surpiqûres structurantes. Une autre texture particulière est devenue un emblème de la marque : les chutes de cuirs rassemblées en « armure souple » grâce à un réseau serré de surpiqûres. www.gustavolins.com
Tatsuro Horikawa, le créateur japonais de Julius présentait sa collection intitulée Chaos: Ontological Anarchsim. Elle était inspirée par le film Tetsuo (1989) et le livre « T.A.Z. » de Hakim Bey.
La maison Yves Saint Laurent a indiqué que le photographe et cinéaste hollandais Ari Marcopoulos a réalisé un court-métrage révélé lors de la présentation de la collection de Stefano Pilati, Directeur de la Création de la maison. La présentation comprennant une installation de la vidéo – intitulée ‘No Way Back’ – et un défilé de la collection. ‘No Way Back’ est un film documentaire, une méditation sur l’univers de l’artiste-tatoueur Mark Mahoney. Ici pas une touche de couleur mais de la sobriété et de l'élégance, en noir, gris, beige, bleu profond et un peu de marron. Des costumes aux vestes ceinturées à la taille présentent des plis fluides en bas du dos. Plusieurs modèles sont cintrés. Les chemises sont aussi prises, à la taille, par un motif en stretch. Le premier short, court et ample, apparaît avant quelques imprimés panthère ou de petits diamants blancs sur un short noir. Aux pieds, des sandales croisées aux semelles profondes. www.ysl.com

La collection du Belge Walter Van Beirendonck qui s'intitulait "Read my skin" était -outre portée par de nombreux mannequins tatoués - mais offrait des vêtements ornés de découpes messages. Ici la morosité n'est jamais de mise et cette collection n'échappe pas à la règle.
www.waltervanbeirendonck.com
Le Belge Kris Van Assche, qui dessine aussi les collections Dior Homme, a choisi pour sa propre griffe un homme de la rue ancré dans le quotidien, "qui travaille avec ses mains et peut se salir", loin de l'idéalisation des podiums. Ses vêtements "hybrides", notamment entre le formel et le décontracté, sont un mélange de styles qui permettent de s'adapter aux circonstances et de "s'amuser un peu, parce que la crise on en a marre", confie-t-il à l'issue d'un défilé en noir, gris et blanc. Quelques détails accrochent l'oeil, comme les superpositions de chemises de différentes longueurs ou le large pli devant le pantalon qui crée un effet tablier. L'effet projection de peinture pourrait se révéler une future tendance. L'allure est tonique, moderne mais contemporaine.
www.krisvanassche.com
Comme des Garçons Homme Plus  
Jesper Borjesson a présenté sa 2ème collection pour Cerruti,  qui conjugue le chic parisien, en version contemporaine. Construite sur une nouvelle proportion d’épaule, plus structurée, la silhouette reste fittée. Les vestes croisées ajustées se combinent aux pantalons droits, un brin 70’s. L’alternative pulls grosse jauge sur pantalon slim offre une allure 80’s. Les trenchs jouent sur les longueurs. Repris d’un modèle de 1981, le caban est revisité en lin technique. Vivifiante, la couleur dynamise la silhouette : les petits manteaux courts en cuir brique, turquoise et havane. Déclinées dans une riche palette (taupe, raisin, kaki, fuchsia, bleu piscine), les mailles fines se portent sous une veste en denim brut ou un costume trois pièces et se substituent aux polos de jersey en coton mercerisé glacé ou coton soie. Le smoking travaillé dans un coton technique ou un cuir coloré (blanc, noir ou gris) s’invite le jour. Une allure tonique pour une collection contemporaine et raffinée. www.cerruti.com
La cinquième collection Givenchy par Ricardo Tisci propose une vision d'un homme ascétique et sauvage à la fois. Le Directeur Artistique de la maison a créé un homme en bermuda-jupe, dont le visage est parfois caché dans un masque en cuir qui entoure toute la tête, avec un grillage au niveau de la bouche et des yeux, façon insecte à muselière. Noir, blanc et beige mais aussi en imprimé panthère, il décline costumes pantalon ou jupe-short, un pan lisse devant et deux fuseaux derrière. www.givenchy.fr
Romain Kremer
John Galliano s'est inspiré du cinéma muet et de Charlie Chaplin. Les mannequins en perruque noire, moustache et chapeau melon, avancent avec leurs chaussures allongées de clown. Les vestes sont étriquées sur d'amples pantalons sarouels dont l'entrejambe tombe jusqu'aux genoux ou même à mi-mollet. Certains trenchs ou parkas fripées évoquent la Première guerre mondiale. Place au romantisme de Buster Keaton et à son canotier: l'ivoire et le kaki dominent. Voici des manteaux cintrés haut, des cravates noires sur chemises à col cassé, des bandeaux noirs autour du bras et des rubans à la boutonnière. Là, une voilette qui enferme le visage d'un mannequin sous son chapeau de paille. Plusieurs modèles présentent des dessous affriolants, peignoirs en soie et boxers moulants. Le dernier tableau évoque Hollywood et l'acteur Matt Damon, assure le couturier: Cet homme, qui marche les mains dans les poches d'un air déterminé, est "athlétique, à l'allure juvénile, c'est un outsider qui en veut". Des vestes noires ajustées avec des paillettes au bout des manches ou de la dentelle, sont assorties à des pantalons surdimensionnés. www.johngalliano.com

 


Sur les podiums le 26 juin 2010

 

D'une mère Allemande et d'un père Iranien, Boris Bidjan Saberi lance sa ligne homme en 2006. Pointu, avant-gardiste et moderne, son travail s'axe sur la fonctionnalité et exprime un sentiment très prononcé de liberté et d'innovation. Rationalité et poésie urbaine se retrouvent dans ses collections. www.borisbidjansaberi.com  
Antonio Marras pour Kenzo s'inspire des carnets de voyage du peintre, dessinateur et caricaturiste français. Félix Régamey, en 1876. C'est un périple au Japon qui lui inspire cette collection où le bleu domine (klein, marine, ciel) mélangé à de l'écru et à une touche de rouge. Des nuances de taupe, tabac, corde, écru sont aussi associées à un vert intense. Enfin du gris bitume, du gris souris et de l'anthracite sont portés avec du rose. Les matières sont naturelles parfois dans des mélanges de fibres innovantes. Le styliste sarde Antonio Marras, ce voyageur infatigable, qui dit remplir des carnets entiers de notes et de dessins, explique à l'AFP s'être inspiré d'un "mélange d'aquarelles japonaises, d'imprimés animaliers et de paysages, avec des éléments de style occidentaux". www.kenzo.com
Miharayasuhiro  
Chez Petar Petrov, un mix de couleurs classiques masculines mais combinées de manière non traditionnelle, créant ainsi un nouveau langage dans l'utilisation des couleurs: du bordeaux au rose pâle, noir, ciel et indigo, ou écru et vert pâle. Des cotons cirés ou traités high-tech créent des structures froissées au look aiguisé. A noter de nouveaux développements de jerseys lourds utilisés pour des silhouettes tailleur confortables.

www.petarpetrov.com

Tillmann Lauterbach
www.tillmannlauterbach.com
 

Le styliste belge Kriss Van Assche a montré une autre facette de son travail, après le défilé sous son nom la veille. Défilé presque martial chez Dior Homme, où il a imaginé une collection à dominante noire et grise. Il dépouille la silhouette pour révéler les enjeux majeurs. Le costume, toujours. Assoupli, fluidifié, aéré. Des vestes omniprésentes entoilée ou simplifiée. Le trois pièces propose la modernité d’un débardeur asymétrique ou de cols V. Les volumes basculent et la peau se dévoile. Coutures internes gansées de lin, finitions mouchoirs roulottées au revers des vestes, lisières blanches bordant des pans bords francs. Du noir, au grège en passant par le gris et le bleu nuit, les tonalités respectent une envie de rigueur. "On est dans la continuité mais c'est élégant. Il y a zéro vulgarité, ce qui est déjà pas mal", commente auprès de l'AFP Karl Lagerfeld, qui a assisté au spectacle aux côtés de Bernard Arnault. Certaines chemises légères, sans manches, présentent des décolletés assez profonds et des drapés comme un "twist" de matière autour de la taille. Beaucoup de pantalons sont taille basse et la plupart des vestes sont habillées parmi quelques modèles sport.  www.diorhomme.com

 

 
Toujours un univers monochrome pour la créatrice belge Ann Demeulemeester avec ces vestes ajustées et ces bottes,. Tout en blanc. Puis retour à ces amours, la créatrice propose une seconde partie de défilé intégralement en noir comme en miroir à la première moitié, avec des parkas volumineuses, des vestes à large ceinture évoquant le smoking et du cuir. www.anndemeulemeester.be
 
Le croate Damir Doma, ancien assistant du styliste belge Raf Simons continue sur sa lancée. www.damirdoma.com  
Véronique Nichanian pour Hermès a privilégié le blanc et les couleurs claires naturelles, apportant une touche de fraîcheur dans une saison aux couleurs plutôt sombres. Les matières et les coupes exhalent un luxe nonchalant, les mannequins présentant des tenues de skipper ou de vacancier  balnéaire, les manches remontées jusqu'au coude. Choisissant d'utiliser "la couleur comme ponctuation", la styliste a glissé, parmi les  nombreux pantalons ou bermudas blanc, un vert menthe éclatant dans les foulards noués autour du cou en cravate mais surtout les T-shirt et blouson en peau d'agneau. Elle a dédié son défilé à l'ancien patron d'Hermès, Jean-Louis Dumas, décédé en mai. www.hermes.com
Raf Simons a créé une collection avec des fermetures dans le dos. Les costumes, autrement plutôt classiques, ont des vestes zippées devant mais aussi derrière, souvent avec un rectangle de couleur soulignant la fermeture ou même une languette irisée ou pastel dépassant du haut. Le couturier belge a imaginé aussi des blouses ras du cou devant et se nouant dans le dos avec plusieurs lanières, des T-shirt en simili-vinyle ou des ensembles en maille. Sur des vestes de costumes noirs, des bandes pastel ont été cousues pour mettre en  valeur le V de la silhouette, de la largeur des épaules à la taille étroite. www.rafsimons.com  

Sur les podiums le 27 juin 2010

 

La collection Bill Tornade a pour inspiration le collège anglais. Les tenues sont destructurées pour le jour et habillées décontractées pour le soir. Les silhouettes sont “fittées“. Vestes smockings avec jean's ou pantalons chino, cargo. Vestes militaires à porter avec bermuda ou short. Pour les costumes les tissus sont souples, des cotons/soies avec des laines stretch; tissus en cotons unis ou rayés collège, ce qui donne de la modernité au porté. Pour le casual, les coloris sont navy (le nouveau noir) le taupe/kaki, mélangé avec des coloris plus vifs comme le rouge et le vert.” www.billtornade.fr

L'homme Lanvin est un voyageur attaché à sa singularité, qui choisit des vêtements fluides, pratiques dans lesquels il peut aussi sortir le soir. Costumes aux coutures surlignées qui s'enroulent autour du corps et d'autres ultra-fluides et froissés, pulls ultra-fins noués autour de la taille, parkas à capuches et sandales de randonnée en python ou en lézard: cet homme est très urbain. "Il n'y a pas qu'un seul homme dans cette collection. Chacun a des désirs différents et personne n'a envie de voir son clone dans la rue dans six mois", a souligné Alber Elbaz, D.A de la maison. Cette saison, "nous n'avons pas produit un seul smoking", souligne-t-il. "Les costumes sont finalement assez classiques. On peut les garder pour le soir ou même pour la première rencontre avec les parents de sa fiancée, sans problème", ajoute-t-il. Véritable "antithèse de la paresse" selon lui, la collection a nécessité un "énorme travail de superpositions de couleurs, de textures, d'imprimés". "On s'est concentré sur l'idée du mouvement, de coupes aérodynamiques, en ne gardant rien de linéaire", explique son responsable créatif, le styliste néerlandais Lucas Ossendrijver. Plusieurs mannequins portaient de volumineux bijoux, en bois et en matières naturelles. "On a beaucoup débattu à ce sujet, on s'est demandé si cela ne ferait pas trop féminin ou vulgaire. Finalement, on s'est dit que si les femmes portaient des pantalons, les hommes pouvaient bien porter des bijoux", plaisante M. Elbaz. "Les hommes aussi doivent se libérer", ajoute-t-il d'un sourire malicieux. www.lanvin.com

Troisième collection à Paris pour Songzio

www.songzio.com
C'est une galerie de portraits qu'Agnès b. a présenté. Un casting mélangeant mannequins et amis pour présenter une collection de basiques réinterprétés (blouson fifre, cardigan pression, sarouel), des thèmatiques qui lui sont chères, le 18ème, les rayures, le costume casual et toujours les matières de prédilections (molleton et le lin). www.agnesb.fr
La collection Rynshu mélange Rock N’Roll attitude et élégance non conventionnelle. Le créateur propose des thèmes « plage et mer ». Une parka en tulle transparent, rehaussée de motif brodé “surf”, aux épaulettes marquées, renforcées de lacets et inspirées des blousons de motards est associée à un sarouel jaune fluorescent multi poches « carapaçonné » de carrés de tissu, influence directe des genouillères de protection. L’association d’un cuir léger mêlé à de la résille de cuir issue de la culture « boxe » crée une harmonie. La technique de moulage en ovale sur bois donne du volume aux épaules. Sur l’avant des blousons et des vestes à capuche, sont fixées de longues ceintures. Le col Mao, emblématique revient, ainsi les manches amovibles qui s’ajustent aux épaules. On note des procédés de collage appliqué à du patchwork, association de soie et de lin brocardé à un motif de peau de crocodile, cuir synthétique élastique 100% polyuréthane, décors brumeux, poncho unisexe aérien en polyester tacheté ou aux rayures empruntes d’esprit marin, pantalons courts multi poches ou encore sarouel fuselé.
L'été 2011 est une collection qui fait référence au début de la carrière de Paul Smith à la fin des années 60 / début 70: copies de galaxie surréaliste, le batik, les costumes militaires et les couleurs cosmiques... ont été traduits pour créer de nouvelles silhouettes détendues utilisant des tissus modernes. Paul Smith propose une silhouette dynamique plus près du corps que la précédente saison tant au niveau des pantalons qui se terminent façon jogging dans le bas de la jambe et des vestes sages sur le devant qui ont l'allure d'un blouson dans le dos. Les couleurs sont plutôt sobres et chaleureuses, les imprimés fleuris ou à base d'astres, de galaxie. Une silhouette incontestablement rajeunie.
www.paulsmith.co.uk
Nouveau venu attendu par les fashionistas, notamment le new-yorkais Thom Browne, chouchou des rédactrices de mode US, connu notamment pour ses pantalons "feu de plancher" révélant la cheville. Il a choisi de défiler pour la première fois à Paris, notamment pour vendre sa collection deux mois avant les prochains défilés de New York, prévus à la rentrée. Le créateur a mis en scène une conférence de presse d'opérette, saluant "le retour de nos héros". Sur le Danube bleu de Strauss, au générique de "2001 Odyssée de l'espace", débarquent des dizaines d'astronautes. Ils enlèvent leur casque doré et quittent leurs combinaisons blanches au drapeau  américain pour révéler une multitude de costumes-bermudas aux couleurs de l'Amérique et aux détails amusants: rayures, carreaux, chaussettes remontant jusqu'au genou, noeuds papillon ou cravate, motifs représentant de petits poissons ou des minis drapeaux rebrodés, derbys bicolores. Ces jeunes hommes portent des vestes courtes,  révélant leurs manchettes. Et pour le soir, un costume "black tie" noir... et son bermuda.

La collection de Qasimi puise son inspiration dans les racines orientales de Khalid Al Qasimi, explorant les régions sauvages rurales dans un voyage à travers le désert et le temps. Pour sa 3ème saison dans le calendrier officiel, cette collection retourne à l'essence du patrimoine des nomades de l'ancien Moyen-Orient. Petits revers, veste sans manches, chemises surdimensionnées, vestes en lin non doublées sont mélangées avec des hauts à capuche doublés dans un esprit militaire. Le cuir fait son apparition sous la forme de vestes sans manches, les gilets sont combinés à des capuches de marin tandis que le cuir et le jersey sont noués. A noter de souples trenchs en coton et matières techniques transparentes. Dévoilant pour la première fois, l'utilisation d'impressions géométriques, Qasimi les juxtaposent avec le jersey et un fin tricot. Des tons de noir sourd coupés par les bruns terre doux et des gris pâles, donnent une approche plus douce.  www.qasimi.com


1ère collection sous son nom pour Franck Boclet

Franck Boclet lance sa griffe, avec un partenaire italien, avec l'ambition de devenir le spécialiste du noir et blanc. Figure du nouveau dandysme, créateur d’une mode masculine et contradictoirement féminine, à contre courant des tendances, il revendique la virilité et la sensualité, le détail et le volume, la rigueur et le bien tombé. Passionné d’art contemporain, de design et de musique, il s’inspire de tout ce qui le touche… De formation ingénieur textile, il est un des rare DA qui peut parler de techniques et de construction de vêtement. Chef de produit pour Kenzo homme à partir de 1985, Directeur de la Création et de la Production chez Arrow en 1987, Directeur du Département homme de Courrèges en 1989, il est nommé Directeur de Création de Smalto en 1991 et succède en 1998 à Monsieur Smalto comme DA. Puis de 2007 à 2010, il prend la DA du département homme chez Emanuel Ungaro. Après trois ans, il quitte Ungaro pour lancer sa propre griffe.

 

Sa première collection fait l'objet d'une présentation, soit une trentaine de silhouettes "des chaussures aux chapeaux". "Je veux faire ma garde-robe à moi, en noir et blanc. Je déteste les étiquettes: Ca ira du vêtement presque classique, très tailleur, à des pièces plus rock, en jersey, en cuir, ou même des sarouels", explique-t-il, affirmant qu'il se concentre sur des pièces intemporelles. Ses collections, fabriquées intégralement en Italie, veulent associer "coupes créatives, matières de luxe et détails de maître tailleur". En investissant la niche du noir et blanc, il espère contourner la difficulté des saisons qui se succèdent rapidement dans l'univers de la mode. "60% de mes collections devraient se composer de jerseys et de maille demi-saison, contre 40% de pure saison d'hiver ou d'été", explique le styliste de 49 ans qui a travaillé "presque 30 ans pour les autres". La chemise blanche, qui représente 30% du marché de la chemise, c'est "un produit qui n'a pas de saison, sauf pour les tissus", illustre l'ancien ingénieur textile devenu styliste.

Expliquant qu’il réinterprète la garde-robe de Franck Boclet « un homme caméléon à la masculinité transcendée par ses passions : son école Sartoriale et son attirance pour cette anarchie Punk-Rock. » Mélange de ses deux passions, il mixe les références intemporelles de la mode Rock & Riot au monde traditionnel du luxe. Il ajoute : « ma collection ne s’enfermera pas dans un style mais plutôt dans une couleur afin que l’homme Franck Boclet reste le caméléon de ses désirs : un jour blanc, un jour noir, un jour créatif, un jour urbain, un jour festif, un jour restreint, un jour traditionnel… Fini les étiquettes où l’homme s’enferme dans un style, car le vrai style est d’échapper à tous les styles. » A sa perfection technique s’ajoute un souci de détail rarement égalé. Il a le souci du tombé juste et des matières luxueuses, contemporaines et innovatrices. Ses tissus viennent de tous les horizons : Grande Bretagne, Italie, Japon et France. Car chaque origine a son empreinte et lui permet de métisser son travail. Les coupes se veulent modernes, contemporaines voir provocatrices. 


Des collections présentées sur RDV et des salons

Une vingtaine de marques présentent, par ailleurs, leurs collections en "showroom", une formule moins onéreuse qui permet aussi aux clients et journalistes de voir et de toucher les vêtements.

Pas de défilé pour la Maison Martin Margiela mais un petit film dans lequel on voit l'équipe, en blouse blanche, dérouler un tissu blanc dans différents lieux de Paris sur lequel ils font poser les mannequins. Dans la salle de projection, le même modèle portant la même tenue, se juxtapose devant l'écran. "Mets toi de profil, ok regarde moi", dit le réalisateur. C'est une collection  aux lignes épurées pour cette griffe qui ne veut "conserver que l'essentiel" pour composer un look décontracté aux contours précis. Géométrie et décontraction sont les mots d'ordre de cette collection qui privilégie le  rectangle, une des bases de la géométrie. Sa simplicité inspire volume, fonctionnalité, détail et silhouette. Cette approche minimale se teinte d’aisance pour créer une allure décontractée au contour résolument précis. Des vestes alliant coton et cuir, des gilets faits de deux pans rigides se croisant sur la nuque, en teck ou cuir épais, et des costumes en denim indigo. Un peu de jaune et des chaussures  dorées mais aussi des plumes, brodées sur un gilet ou en motif doré.   

Une élégance désinvolte chez Christian Lacroix pour une collection imaginée pour la ville mais aussi pour le temps des vacances. On a tout particulièrement aimé le blazer aux multiples blasons, le T.shirt cartographié, la salopette en toile de Nimes, la veste aux coutures apparentes portée retournée et pour le soir un smoking bleu nuit. Une collection facile à vivre mais pas pour autant dénuée d'intérêt et de détails.

Bernhard Willhlem proposait un happening pour présenter son univers coloré et iconoclaste.

Chez Arny's, on voyage et on prend la direction de la mer et ses marins avec leurs pulls à encolures carrées, leurs boutons sur l’épaule et leurs pantalons à pont. La campagne est aussi au RDV avec son vert tendre, émeraude, vert-jaune, tandis que le bleu du ciel se change en gris orage pour évoquer la forêt. L’été, c’est aussi l’Afrique ou la savane, la terre rouge, les rouilles et les jaunes, le rêve fait par Karen Blixen, et le souvenir d’un Redford en saharienne. On a aimé la nouvelle espadrille en cuir doublé d’agneau reprenant les bicolores des codes couleurs de la maison... que l'on piquerait bien à ces Messieurs et aussi la nouvelle ligne de bagages et de maroquinerie inspirée des calandres et des sièges des automobiles de jadis. www.arnys.com

Vier5 Fashion

The Viridi Anne


Trois salons pro pendant la fashion masculine
Capsule (
du 25 au 27 juin au 66, rue de Turenne, 75003 Paris), www.capsuleshow.com, Rendez-vous Homme (du 25 au 28 juin, 5, rue Saint Merri, 75004 Paris), www.rendez-vous-paris.com, Tranoi Homme (du 25 au 27 juin, 2, place de la Bourse, 75002 Paris), www.tranoi.com.


Des événements en marge des défilés

Kylie Minogue et Jean-Paul Gaultier ont présidé le 25 juin une soirée de bienfaisance contre le sida, à l'intiative de l'amfAR, la fondation US contre le Sida en présence de personnalités dont Lee Radziwill, soeur cadette de Jacky Kennedy Onasis. Ils ont récolté 145.500 euros. Pour la première fois, l'amfAR, créée et présidée par Liz Taylor, organisait une collecte de fonds à Paris. Après une première édition à New York, avant Vienne et Los Angeles, l'amfAR a organisé son gala "Inspiration Night" à l'occasion des défilés de mode parisiens chez Maxim's à raison de 1.000 euros le rond de serviette, des fonds destinés à la recherche contre le Sida et l'aide aux malades. Jean-Paul Gaultier y a reçu un prix  pour sa contribution à l'histoire de la mode mais aussi pour son engagement dans la lutte contre le sida. Kylie Minogue s'est transformée en commissaire-priseur pour la vente aux enchères qui a suivi le dîner. La chanteuse a mis en vente la robe qu'elle portait "avec livraison différée" et qui a trouvé preneur pour 20.000 euros. "Nous savons pourquoi nous sommes là. Le combat continue contre le sida. La recherche et les malades ont besoin de vous", a dit Kylie Minogue tandis que Jean-Paul Gaultier a estimé que "le vêtement le plus important au monde est le préservatif". La journaliste Claire Chazal, la chanteuse et comédienne Arielle Dombasle qui a rendu hommage en chansons à Klaus Nomi, l'une des premières victimes du sida, la créatrice Chantal Thomass étaient présents.        

 
Carrera a présenté ses modèles vintage iconiques Champion et Panamerika sur l’une des plus belles terrasses Parisiennes, l’ancien appartement d’Alain Delon, 1.200m²; offrant une vue imprenable depuis sa terrasse de 250 m² sur la Seine et la Tour Eiffel. L'occasion de découvrir les nouveaux modèles Hippy pour femme qui s’inspirent des années 60 avec des formes larges et souples en acétate, des lignes arrondies aux teintes sucrées et pop. La collection de lunettes de soleil et de montures optiques Carrera, dessinée par Enzo Sopracolle, est fabriquée et distribuée par le Groupe Safilo.  

Pour la 5ème édition du Holiday Collector

Lacoste a demandé à l'artiste chinois Li Xiaofeng de réinterpréter le polo iconique. Il a conçu une oeuvre d'art originale qui a servi de modèle à la fabrication d’une édition limitée de polos pour homme et pour femme. L’artiste muraliste s'est tourné vers la sculpture pour explorer un nouveau territoire de créativité et d’expression des paysages chinois. Il a opté pour les tesson de porcelaine cassée récupérés au cours de fouilles archéologiques, dont certains datent de la dynastie Ming. Il les polit, les façonne et perce chacun des morceaux qu’il relie entre eux à l’aide d’un fil argenté pour recréer des paysages. Ces oeuvres poétiques « post-orientalistes », prennent la forme de vêtements comme des robes traditionnelles, des vestes mais aussi des cravates et des uniformes militaires, tout à fait « portables » même si certains sont aussi lourds que des armures et obligeraient à avoir recours à une armée d’habilleuses pour les enfiler et les retirer. Lacoste a demandé à Li Xiaofeng de créer deux polos différents. Le polo imprimé est limité à 20.000 exemplaires (homme et femme) et sera vendu dans son sac en soie marqué du tampon-logo rouge Li Xiaofeng  Lacoste.

Le multi-marques de luxe Métal Flaque fête ses 1 an

Ce concept store unique de robes du soir et de robes de mariée créé par Lillian et Jean Postaire, fait découvrir depuis un an à ses clientes et autres afiscionados de la mode, des créateurs célèbres et des créateurs plus confidentiels. Ici, c'est SO CHIC et NO MERINGUE ! Des collections de robes de cocktail et de robes du soir chics, « glamourous », élégantes et des robes de mariées tendances loin des stéréotypes « meringués ». Des accessoires ponctuent ces univers : chaussures stars, sacs « absolutly fashion », bijoux contemporains et précieux. Robes et accessoires: Emanuel Ungaro, Vera Wang, Jade Jagger (bijoux), Jenny Packham, Carolina Herrera, Boobi (bijoux), Luisa Beccaria, Judith Leiber (sacs), Nina Skarra, David Fielden, Louloux (chaussures), Leila Hafzi, Georges Hobeika, Madame K(chaussures), Mandalay, Vouelle, Yulia Yusupova.

Métal Flaque. 9, rue de l’Echelle. 75001 Paris. Tél. 01.40.15.60.84.

 
Edun s'installe chez Merci, jusqu'au 10 juillet 2010
Edun présente sa collection automne-hiver 2010-2011 chez Merci avec une vente Pop-up et des installations multimédias mettant en avant les actions de la marque en Afrique.  L’exposition présente en avant première les images de la nouvelle collection photographiée sur place par le photographe Anglais Neil Stewart, ainsi qu’un reportage d’images du photographe Américain Kevin Ito et des vidéos réalisées par le cinéaste Américain Peter Sutherland. Le travail met en avant les deux programmes communautaires Africains lancés par Edun « The Conservation Cotton Initiative » (CCI) en Ouganda et « The Bidii School Project » au Kenya.

Merci. 111 Boulevard Beaumarchais. 75003 Paris.

 

 


Le marché de la mode masculine rebondira en 2011

 

Le marché de la mode masculine devrait connaître cette année en France une troisième année de recul puis rebondir l'année prochaine, selon une étude du cabinet Xerfi sur la distribution de prêt-à-porter masculin à l'horizon 2011, publiée le 10 juin 2010.

Cette année, les ventes dans le prêt-à-porter homme devraient ainsi reculer de 4,5% à 5,6 milliards d'euros. "Il faudra attendre 2011 pour que l'amélioration du pouvoir d'achat des ménages français se répercute de façon positive sur les dépenses en mode masculine ", avec une hausse de 1,5% en valeur, prévoit Xerfi. L'étude relève néanmoins le potentiel de ce marché, grâce à "l'avènement d'une génération d'hommes assumant son désir de mode et de beauté" et au "dynamisme des ventes en ligne", qui devraient continuer de bénéficier d'une croissance à deux chiffres au cours des prochaines années.

Reste que le nombre d'enseignes dédiées exclusivement à la mode masculine apparaît insuffisant. Parmi les dix chaînes qui réalisent les meilleures ventes dans le prêt-à-porter pour hommes (qui totalisent plus de 40% des ventes du secteur), comme H&M, Zara ou Kiabi, seules trois sont des spécialistes de ce créneau: Celio, Jules et Brice. Parmi les circuits non spécialisés dans l'habillement, seuls les grands  magasins gagnent des parts de marché, contrairement aux grandes surfaces alimentaires et aux acteurs de la vente à distance.

 

 

Les hommes jeunes achètent autant que les femmes, moins après 45 ans
L'étude "Mode : le moment des hommes" publiée par l'Institut français de la mode montre les effets de la crise sur la consommation de mode masculine, qui a totalisé 8,8 milliards d'euros en France en 2009 contre 11 milliards pour les femmes. "En 2008, les consommateurs avaient maintenu la quantité d'achats en privilégiant les premiers prix", relève Gildas Minvielle, responsable de l'Observatoire économique de l'IFM. Mais "en 2009, ils ont restreint leurs achats". 


 

Défilé Kenzo pap masculin printemps-été 2011


Les hommes de moins de 30 ans travaillent leur look: ils dépensent autant pour leur garde-robe que les femmes, n'hésitant pas à casser leur tirelire pour un jean de marque, révèle cette étude. Ils font du sport, changent de parfum mais boudent les produits cosmétiques conçus pour eux. Autour du jean omniprésent, ils assortissent une variété de tenues, possédant de nombreux T-shirts, polos et chemises. Leurs icônes en matière de style sont les acteurs Brad Pitt, George Clooney, Jude Law, les chanteurs Charlie Winston, Mika ou Justin Timberlake mais aussi les footballeurs Zidane, Beckham ou Ronaldo. Le jean reste la pièce phare du vestiaire masculin puisqu'il représente 19%  au top-ten des produits les plus achetés. Les plus jeunes sont prêts à dépenser beaucoup pour ce vêtement incontournable alors que leurs aînés réservent les grandes dépenses aux pièces plus classiques comme le costume ou le manteau.

L'étude montre les différences de consommation entre hommes et femmes, mettant l'accent sur les jeunes de 15-29 ans qui sont les plus grands consommateurs de mode et les plus "accros" aux marques. Alors qu'avant 30 ans, hommes et femmes sont des serial shoppers à égalité - avec une légère avance même pour les 25-29 ans, l'écart commence à se creuser dès 45 ans et les hommes décrochent en quittant la vie professionnelle.

Tous âges confondus, les hommes continuent à dépenser un peu moins (360 euros par an) pour s'habiller que les femmes (422 euros). La crise économique modifie aussi les dynamiques de consommation: "En 2008,  les Français avaient maintenu la quantité d'achats en privilégiant les premiers  prix", a souligné Gildas Minvielle, responsable de l'Observatoire économique de l'IFM. Mais "en 2009, ils ont restreint le nombre d'achats". Et la gent masculine semble plus attachée aux marques que les femmes qui, pour réduire leurs dépenses, se tournent davantage vers des produits moins chers et moins griffés.

Le marché masculin, certes moins important de 20%, pourrait ainsi être "plus à même, peut-être, de résister aux aléas conjoncturels", souligne l'étude. Autre différence notable, les hommes ont tendance à privilégier le "style" au détriment de la mode, jugée plus éphémère. Parallèlement au développement du "casual wear", plus sport et décontracté, le marché s'articule de plus en plus autour de "classiques increvables", de grands basiques perçus comme pérennes, souligne Patricia Romatet, directrice des études à l'Ifm.


cliquez ici