Défilé On Aura Tout Vu, Haute couture Printemps - Été 2011

Défilé On Aura Tout Vu, Haute couture Printemps - Été 2011

AFP/Pierre Verdy

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Du 24 au 27 janvier 2011, grands couturiers et petites maisons présentent "leurs rêves" pour le printemps-été 2011

Invités récurrents du calendrier, le Brésilien Gustavo Lins et le Français Christophe Josse ont obtenu le label haute couture en janvier 2011. Les défilés s'enrichissent aussi de 3 créateurs français invités -Alexandre VauthierJulien Fournié, Maxime Simoëns-,  un précieux sésame obtenu grâce à un parrainage puis une élection.
 

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Alexandre Vauthier, 39 ans, est un ancien des maisons Mugler et Gaultier qui a déjà organisé quatre défilés "hors" calendrier. Julien Fournié, 35 ans, ancien directeur artistique de la maison Torrente, a déjà organisé trois défilés dans le "off" de la couture. Maxime Simoëns, 26 ans, chouchou de rédactrices de mode françaises, a déjà présenté trois collections dans des salons privés. Il défend une "nouvelle couture" -qu'il définit comme un "prêt-à-porter ultra-luxe"- pour redonner des couleurs à une haute couture donnée moribonde faute de combattants. "On n'est plus dans le sur-mesure qui n'est plus adapté. Il y a de moins en moins de clientes, il faut s'adapter", explique le créateur, sorti major en 2006 de sa promotion à l'école de la Chambre syndicale de la couture parisienne, et passé par les ateliers de Christian Dior, Jean-Paul Gaultier et Balenciaga. "Cette nouvelle couture reste le symbole du luxe français." Cette hybridation entre haute couture et prêt-à-porter prend corps dans un chic pointu. Adepte de lignes minimalistes et architecturées, Maxime Simoëns joue des broderies et des imprimés. Deux collections ont déjà été commercialisées et 1.600 pièces vendues. Sa maison, créée en 2008, est autofinancée et peut compter, selon le couturier, sur une cinquantaine de clients.

"Elle était moribonde parce qu'il n'y avait pas de nouveaux membres", a expliqué Didier Grumbach, le président de la Fédération française de la couture et de la Chambre syndicale de la haute couture. Or, dit-il, "c'est essentiel pour l'industrie et sans nouvelle marque, il n'y a plus d'industrie". Consciente de l'importance d'apporter du sang neuf à une couture en déclin, la Fédération a assoupli les critères qualitatifs et quantitatifs d'octroi de l'appellation "haute couture", juridiquement protégée, et qui, pour un couturier, représente une consécration.

 

 

Les grandes maisons engloutissent plusieurs millions d'euros dans l'élaboration d'une collection et l'organisation d'un défilé malgré la raréfaction de clientes prêtes à dépenser plusieurs dizaines de milliers d'euros dans une robe. La haute couture, non rentable, est une vitrine destinée à valoriser la marque et cette part de rêve est la meilleure garantie de sa pérennité.  "La haute couture est aujourd'hui la partie supérieure du prêt-à-porter", a expliqué Didier Grumbach. "Elle ne peut pas exister sans prêt-à-porter, qui la finance, sauf pour quelques artistes comme Stéphane Rolland ou Frank Sorbier." Les clientes qui en ont les moyens, venues aujourd'hui de la plupart des pays émergents, se tournent vers la haute couture pour les très grandes occasions. Celle-ci est devenue un service supplémentaire, un choix stratégique.

 

Consciente de cette nécessité, la Fédération propose des subventions à ses protégés, de l'ordre de 20.000 à 25.000 euros. Maxime Simoëns a reçu 20.000 euros pour un défilé monté "avec des bouts de ficelle" qu'il évalue de "70.000 à 80.000 euros". "Grandir, grandir, grandir", est aujourd'hui son objectif. Il a récemment habillé les actrices de la série US à succès "Gossip Girl", ce qui a beaucoup contribué à sa réputation.

Les membres haute couture

 

Christophe Josse, nouveau membre permanent de la haute couture, a présenté une collection "fragile, légère et fraîche", selon ses mots mais aussi plus contemporaine que les précédentes. Son adoubement semble avoir insufflé une dose de confiance au créateur "d'habitude toujours inquiet". "C'est exaltant et ça donne enthousiasme et énergie aux ateliers", a-t-il confié en coulisses, évoquant des "perspectives d'avenir très lumineuses". Davantage de court (y compris la mini-robe de mariée) mais aussi du long à jupe plissée transparente. Cette collection "Techno Impressionniste" tire son inspiration de l'oeuvre du photographe Heinrich Kühn, appartenant au mouvement pictorialiste de la fin du 19ème siècle. Les silhouette haitiennes en robes de communiantes, saisies par l'objectif de Bruce Weber, sont aussi une influence. Beaucoup de blanc mais aussi des couleurs pastels dont l'énoncé fait rêver: "beurre frais, lilas, gorge de pigeon, ciel anglais". L'élégance est inconstestablement au rendez-vous. www.christophejosse.com

Ces femmes "semblent toutes frêles, englouties dans des plissés gigantesques", s'enthousiasme le cinéaste espagnol Pedro Almodovar, qui se demande "comment ces volumes tiennent en place". Les mannequins Dior arborent des gants longs et des chaussures à haut talon, avec deux brides fragiles. "On est dans la tradition Dior", commente l'ex top-model française Farida Khelfa, notant que "les années 1950 sont à la mode", notamment grâce au succès de la série US Mad Men qui inspire de nombreux couturiers. "C'est magnifique, on dirait presque des pièces de musée", ajoute-t-elle, affirmant que ces jupes tombant sous le genou sont flatteuses. "Elles font de belles silhouettes, avec leurs tailles très hautes, mettant en valeur un petit buste et des jambes qui s'allongent". Pour autant, il ne s'agit pas d'une collection "vintage", insiste le PDG de Dior Sidney Toledano. "Bien sûr, c'est un hommage au patrimoine, mais revu, retwisté et orchestré" par John Galliano, explique-t-il. "C'est sa vision qui ravive ce patrimoine", insiste-t-il encore. Et le créateur affirme: "j'ai été inspiré par les années 50 mais ce que je montre est très contemporain et tout à fait portable". Le couturier britannique signe notamment l'intensité des couleurs et sa façon singulière de les combiner. Les dégradés de couleur sont verticaux. Les broderies prennent souvent la forme d'un coup de crayon, en référence à l'illustrateur René Gruau qui a travaillé avec M. Dior et est cité comme inspiration de la collection.

www.dior.com

Un vent de fraîcheur juvénile a soufflé sur le défilé Chanel grâce à une déclinaison de robes roses de plus en plus pâles et de transparences nacrées sur des modèles sages, épaules couvertes et rares décolletés. "On devine le corps sans le voir", résume l'actrice Diane Kruger. C'est une collection "assez pudique", reconnaît Karl Lagerfeld. "Nous vivons un tel déferlement de chair, qu'on a plutôt envie de raffinement, de retenue. Mais ce côté mystérieux n'empêche pas d'être étincelante! Il y aussi un mystère dans la fraîcheur", affirme-t-il. Le couturier dit s'être inspiré de la palette du peintre Marie Laurencin - "attention, première période", précise-t-il-, soit le début du XXème siècle, qui décline "des roses et des gris pâles évanescents, avec des touches plus soutenues et aussi des pointes de noir". "C'est très Chanel aussi, le rose très pâle", ajoute-t-il. Les vestes en tweed brodées se portent sur un simili jean étroit et délavé, une écharpe parfois nouée sur la hanche. "C'est comme ça que nos clientes les portent aujourd'hui", en dépareillant les tailleurs, commente le couturier. Aussi, les tailleurs jupes se portent souvent sur des pantalons slims pailletés de noir ou d'argent. Pour le soir, le rose pâlit encore et s'orne de broderies sophistiquées, laissant place à des nacrés et des "couleurs de pluie" scintillantes. Des paillettes, cristaux et tubes de verre brodés, "il y en a au moins 10 millions sur ces tenues", souligne M. Lagerfeld, rendant hommage à la patience infinie des petites mains dans les ateliers. Pour jouer la mariée, dans une robe nacrée avec des touches d'or, sans manches mais avec de longs gants assortis, le couturier a fait appel à l'ex top-model androgyne Kristen McMenamy, 46 ans. "De nos jours, il y a des mariées de tous les âges et des femmes qui se remarient", commente-t-il, glissant pour l'anecdote avoir lui-même accompagné le mannequin américain à l'autel le jour de son mariage. 

www.chanel.com

L'été 2011 sera solaire chez Stéphane Rolland. "C'est l'été indien", a expliqué le couturier français. "C'est une collection très positive, énergique et sensuelle avec
des tonalités très épicées et chaleureuses", a expliqué celui qui a passé dix ans à la tête de la maison Jean-Louis Scherrer. L'allure est altière dans de sages robes du soir accessoirisées de verre soufflé "gonflé d'or pur", posé ça et là sur un bustier ou un décolleté. Les robes, couleur terre de sienne, miel ou cumin, adoptent de généreux volumes dans des cols dégoulinants ou des capes soulignant les épaules. Les drapés dessinent de nouvelles proportions sur une femme, conquérante dans une robe sable portée avec un boléro en métal doré ou lumineuse dans une robe bustier comme tissée de fils de cuivre. Le couturier transpose ici l'or du soleil sur ses robes ! Stéphane Rolland, qui compte de nombreuses clientes dans les pays du Golfe, prévoit de lancer une collection de prêt-à-porter en 2012.
www.stephanerolland.com

Ampleur, souplesse et légèreté aérienne sont les maîtres mots de la collection 016 de Gustavolins. Peu de pinces et de coutures, le créateur privilégie le lé de tissu basée sur le carré ou le rectangle. La plupart des vestes et des manteaux sont non seulement réversibles mais peuvent portés également différemment. Un soin particulier est apporté à la construction des manches, des dos et des cols. Il retravaille ces détails issus de l'univers masculin en basculant les volumes et en vrillant l'ampleur de certains de ses modèles conçus pour les hommes afin de les adapter au corps féminin. Son influence est celle d'une indienne du Brésil qui regardait défiler les nuages... en rêvant de s'emparer de ses lambeaux gazeux pour s'en revêtir... Un vestiaire qui semble simple mais bien au contraire ! www.gustavolins.com

Cette saison, encore, la maison Givenchy renonce aux défilés : son styliste Riccardo Tisci présente ses silhouettes sur rendez-vous à des clientes et journalistes triés sur le volet. www.givenchy.fr                 

Adeline André.
www.modeaparis.com/vf/couturiers/aan/

Maurizio Galante perçoit ses vêtements comme des objets: "A l'image d'une architecture souple et fluide, je vois les vêtements comme des espaces de vie qui enveloppent le corps, protègent et structurent celle qui le porte et soulignent ses gestes". Le créateur a invité l'artiste Arlette Vermeiren qui a crée la veste/boléro et qu'elle nomme "les couleurs de la vie". L'artiste a conçu son travail en y intégrant les récupérations des matériaux de la vie quotidienne: découpes, filages, nouages sont les bases de cette interprétation.

La 24ème collection de Franck Sorbier s'intitule "Short Stories" car elle traite de sujets aussi divers que "l'humour, l'art contemporain, la couture-culture, l'ethnologie, l'histoire, la spiritualité ou bien le charme" explique le communiqué de la maison. Le créateur a proposé plusieurs thémes: Manhattan, The french touch, Shamanic songs, Fayoum et bien entendu la robe blanche de la mariée.
www.francksorbier.com

Jean Paul Gaultier a joué avec l'univers du french cancan et du punk londonien, revisitant tous ses codes personnels, entre marinière et corset poudré. Pas de bande son tonitruante mais la voix enregistrée de Catherine Deneuve énonçant le numéro du modèle suivie d'une description technique. C'est la comédienne qui a soufflé cette idée au couturier. "Elle m'a reparlé de mes premiers défilés, que je présentais comme ça", explique JP Gaultier. "J'aime toujours, pour mes défilés, qu'il y ait du spectacle. Mais cette formule a un côté professionnel qui oblige à se concentrer sur le vêtement, à mieux voir ce qui se passe", ajoute-t-il, une crête d'Iroquois sur la tête, à l'instar de tous ses mannequins. Cet énoncé, au charme rétro, permet de signaler tous les détails du modèle. "J'ai voulu quelque chose de très moderne, tailladé, net et graphique", dit-il au sujet notamment des bandes horizontales, parfois en cuir, qui prolongent certains bustiers vers le cou. Clin d'oeil la marinière est sublimée en robe du soir, fourreau étroit qui fait alterner volants blancs et bleu marine, les largeurs se rétrécissant à la taille. Le premier modèle, un trench en soie laquée noire brillant recouvre des volants cancan qui s'ouvre sur les jambes, annonçant le thème du défilé mais aussi une dominante de tenues noires: bombers ou mini perfectos brodés, pantalons larges ou jupe scintillante recouverte de boutons pressions. Les "petites mains" des ateliers n'ont pas chômé. Indécelable pour les non-initiés, la mariée est un homme, coiffé d'une traîne noire. C'est le mannequin bosniaque Andrej Pejic, au physique androgyne. Puis voici une danseuse de cancan, dont la jupe inversée place les froufrous dessus, et non dessous, qui lève haut la jambe avant de se jeter sur le podium dans un grand écart. www.jeanpaulgaultier.com


Les membres invités

Alexis Mabille s'est fait connaître par sa manie de placer des noeuds papillon sur ses robes. Il a présenté 20 modèles dont 9 en blancs. On retrouve son goût pour les losanges de couleur, fondus dans des harmonies, bordeaux et corail ou bronze et vert de gris mais pour le blanc, juxtaposant losanges mats et brillants. Il ajoute des traînes en transparence à des robes courtes et crée des pièces modulables "pour s'approprier le mode de vie de notre époque", comme ces grandes jupes longues en satin qu'on peut enlever, révélant une robe courte en dessous, et transformer ensuite en cape. En blanc ou en bleu nuit, des robes longues sont taillées dans des vestes de smoking dont les poches démesurées se prolongent en pans sur le côté. Elles sont portées sur une combinaison en organza ou en dentelle effilochée sur le décolleté. www.alexismabille.com

Deuxième présentation en tant que membre invité pour Bouchra Jarrar qui a été Directrice de studio chez Balenciaga entre 1996 et 2006 auprès de Nicolas Ghesquière puis directrice du studio couture auprès de Christian Lacroix. La styliste, qui a quitté Lacroix fin 2009, a fondé sa marque en janvier 2010, date à laquelle, elle avait présenté son premier défilé en marge du calendrier officiel. La créatrice continue sur la lancée de sa précédente collection avec 17 looks ultra-féminins cette fois-ci encore. Pour sa collection N°3, une simplicité qui est cependant très étudiée comme ce manteau sans manche en fourrure rasée, à encolure asymétrique (que l'on voudrait immédiatement) ou ce blouson en cuir marine au revers de fourrure ivoire, ceinturé à la taille. C'est sans fioritures mais très très efficace. On attend la prochaine collection avec impatience.

Les épaules restent carrées, sans être exagérées et les décolletés redeviennent plongeants en V chez Alexandre Vauthier, nouvel invité à défiler dans le calendrier de la couture. Clin d'oeil à ses clientes chanteuses de R&B, une mannequin black porte un simple maillot blanc ultra-échancré, réchauffé d'une veste courte en fourrure. Une combi-pantalon noire fendue haut sur chaque cuisse précède des robes longues parfois asymétriques dévoilant une épaule ou le dos, dans des cuivres ou des ors roses.

Après avoir exploré la vulnérabilité épidermique (Premiers Modèles), puis celle d’un vague à l’âme de fin d’été (Premier Eté), puis la fragilité en s'interrogeant sur une esthétique de la souffrance ("Premier Hiver"), Julien Fournié a décidé pour cette saison estivale de donner la part belle aux couleurs avec "Premières couleurs". Une palette chromatique qui tranche avec ses collections précédentes. L'humeur est joyeuse et colorée est loin de l'univers développé jusqu'àlors par le créateur. Détonnant !

A seulement 26 ans, Maxime Simoëns, qui présentait sa
première collection dans le calendrier de la haute couture,
s'est inspiré de la Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Ambiance rock assurée par un groupe de musique, les modèles ont dévoilé des petites épaules carrées et des mille-feuilles de soie. Le couturier a imaginé des robes fluides et architecturées, dans des imprimés orageux ou marbrés. "Ce qui m'interpelle chez Maxime c'est sa vision et toutes les particularités qui font un style, il a des codes, il y a un travail d'épaules et d'architectures. Il y a pour moi toutes les composantes d'une marque qui est en train de naître", a déclaré à Reuters le styliste Jean-Charles de Castelbajac, qui a accepté de parrainer le jeune Lillois pour la haute couture.

Pour la Maison Rabih Kayrouz, la collection s'offre une approche épurée: un vêtement, une fonction, un volume, une couleur. C'est aussi une évocation de la noblesse et de la force du vêtement de travail: envie d’uniforme, de tablier, de plastron, d’habit. On note des contrastes entre cuir, gazar, cachemire, organza et satin, mousseline lamée et maille fine. Le tout avec légèreté et massivité dans des couleurs monochromes (bleu nuit, rouge écarlate, blanc neige, sable doré, vert, ardoise, pivoine). Les coupes proposent des rondeurs, elles sont enveloppantes et protectrices et les tailles sont soulignées.
www.maisonrabihkayrouz.com

Les créateurs mode-accessoires

Livia Stoianova et Yassen Samouilov pour On Aura Tout Vu ont proposé une collection "Flying Dreams" à la créativité incontestablement débridée, cette fois-ci encore. Ici pas de diktat, traditionnelles robes de jour, de cocktail et du soir cédent la place à une imagination entièrement dévolue à la création pour notre plus grand bonheur. Ces belles "mortelles" sont à l'image d'Icare dévorées par l'envie de voler, toujours plus haut, toujours plus loin... elles enfilent alors leurs plus belles plumes pour réaliser leurs rêves. Des parures légères, aériennes, brillantes, étincelantes, scintillantes - toutes en plumes, cristaux et fourrure - telles les constellations divines. Elles s'habillent pour plaire et séduire les coeurs qu'elles courtisent.

On a adoré la robe en dentelle au buste en forme de nid d'oiseau qui abrite des oeufs précieux

en cristaux et permet aux blanches colombes de se poser. Ici pas de fausses notes, une créativité débridée mais inconstestablement couture !

www.onauratoutvu.com


Les membres correspondants

Soucoupes argentées sur la tête, robes bustier brillantes et tailleurs aux coques rigides arrondies dessinant des volumes... c'est le défilé Armani Privé. Au premier rang, une brochette de people, dont le cinéaste Pedro Almodovar, l'actrice Sophia Loren ou l'Américaine Jodie Foster. "C'est mon premier défilé", a-t-elle dit. "Je connais M. Armani depuis longtemps et j'ai souvent porté ses vêtements mais je ne peux pas dire que la mode occupe une grande place dans ma vie, ce n'est pas une obsession", a-t-elle ajouté, disant se trouver à Paris pour tourner dans le prochain film de Roman Polanski. www.giorgioarmani.com

Entre force de caractère et fragilité, la femme Elie Saab scintille, et s’affirme. A fleur de peau, dentelles et broderies rivalisent et se superposent dans une palette rose thé, parme, framboise, vert anis et blanc craie. Tulle, organza et mousseline imprimés s’entremêlent. Marquées, les tailles affinent et se ceinturent d’un ruban de gros-grain ton sur ton. Affleurant à la base du cou, les coupes couvrent le buste: comme embrassées, les épaules s’enveloppent de tulle blanc craie, de dentelle nervurée de noir ou rebrodée de pétales rose thé. Avec une pointe d’insolence, des volumes courts s’ouvrent en corolle, s’évasent depuis la taille. Des fonds de mousseline ajourés de rubans de dentelle alternent avec des décolletés croisés. Des borderies fleuries, apposées en couches semi-transparentes, coulent vers le sol."J'ai travaillé sur une femme très fragile qui a un caractère très fort", a expliqué le couturier libanais à Reuters.

www.eliesaab.com

Maria Grazia Chiuri et Pier Paolo Piccioli pour Valentino a présenté une collection toute en finesse, où les plissés s'acoquinent de dentelles. Les deux stylistes italiens révèlent le corps féminin dans des longues jupes plissées et des blouses vaporeuses, richement brodées le soir. Ces tenues, aussi fines que la lingerie, se fondent dans des
tons chair, rose pâle, vert d'eau, comme des aquarelles.

www.valentino.com

Depuis ses débuts en 1988, la Maison Martin Margiela récupère des vêtements, des accessoires, des objets neufs ou usagés afin de les transformer en vêtements. Ce procédé artisanal rend ces pièces uniques et est l’un des fondements de l’expression créative de la Maison. Chaque pièce est travaillée à la main dans l’atelier situé à Paris. Le temps nécessaire dédié à chaque pièce et la difficulté de trouver la matière première utilisée étant très importantes, les quantités produites sont limitées. Chaque assemblage est unique de par la diversité des matières qui le composent. La collection ‘Artisanal’ s’inspire cette saison des fleurs, qu’elles soient motif d’une robe, couleurs, forme, ou bien contour. Le devant des silhouettes très travaillé s’oppose au dos épuré. Coup de coeur pour cette robe rebrodée de paillettes plastiques: des paillettes découpées dans des sacs en plastique colorés reproduisent et prolongent le motif d'une robe de cocktail vintage afin de la transformer en robe du soir.

Robe : 71 heures. Polyester, lurex, satin stretch, plastique.

www.maisonmartinmargiela.com


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