Pour la première fois de leur histoire, 5 maisons de la place Vendôme avaient présenté, en janvier 2010, leurs collections. Une opération visant à donner un coup de projecteur au secteur alors que la presse mondiale est présente dans la capitale. Elles sont 6 à poursuivre encore l'opération le 7 juillet 2011.
Vidéo
La collection Dolce Riviera de Boucheron nous entraîne sur les rivages ensoleillés de la Méditerranée. Elle puise ses couleurs intenses et sa lumière dans des lieux mythiques: Isola Bella, Capriccioli, Aiguebelle… Au fil de dégradés saphirs, rubis, émeraudes et diamants se mêlent aux rubellites, turquoises et perles fines. Cabochons ronds ou ovales, billes ou briolettes, s'enchassent dans des sautoirs, bagues ou bracelets qui parfois se plient au jeu des métamorphoses : un collier se faisant bracelet, une manchette dévoilant une montre.
|
Boucheron |
Réunissant depuis ses débuts la force du noir et la pureté du blanc, Chanel ose l'impact visuel des associations insolites avec la collection Contrastes. Astres emblématiques "L'Etoile du Nord" illumine cette collection. A partir d’un diamant central, rayonnent baguettes et poires, briolettes de pierres de lune, nacre et opale blanche. La parure « Pluie de Cristal », aux facettes irrégulières, marie diamants et cristal de roche. Les diamants noirs et l’onyx des parures « Lueur d'un Soir » et « Nuage de Glace » s’unissent à des rangs nacrés, dans un jeu de symétrie et d’asymétrie, et les spinelles noirs, comme autant de « Perles de Rosée ». Les motifs floraux de la parure « Ombre de Charme » sont des étincelles de diamants posées sur l’onyx. Enfin, des tonalités végétales et solaires s’invitent pour souligner de teintes vives la blancheur des perles. Les volutes d’un « Jardin d’Hiver » tourbillonnent autour des sphères irisées, tandis qu’un face-à-face entre diamants blancs et diamants jaunes structure une parure « Soleil d’Automne ».
|
Chanel Joaillerie |
|
La collection Le Bal des Roses pour Dior est composée de 12 pièces uniques, traitées comme si la fleur fétiche du couturier, la Rose, était la personnification des premières clientes couture de la maison. Elles portent chacune le nom d’une robe de bal des années 50. C'est la rencontre entre haute couture et la haute joaillerie. Les pétales de ces roses Dior sont des étoffes qui ont la douceur du satin. Les pierres qui les sertissent sont les broderies qui les magnifient. J’ai voulu apporter un soin extrême aux détails des doublures révélant des dessous ultra-raffinés, des pierres cachées. J’ai imaginé une joaillerie fastueuse où les pierres sertissent d’autres pierres jusqu’à évoquer de luxueuses étoffes brodées. » Victoire de Castellane.
|
Dior Joaillerie |
Van Cleef & Arpels renouvèle une tradition française et parisienne celle du Bal. La collection de haute joaillerie « Bals de Légende » présente 5 ensembles de joyaux inspirés de 5 bals mythiques du XXème siècle: "Le bal du Palais d'hiver" à Saint Pétersbourg, 1903 ; "Le bal du siècle à Venise", 1951 ; "Le bal Black and White" à New York, 1966 ; "Le bal oriental" à Paris, 1969 et "Le Bal Proust" à Ferrrières, 1971. Chacune de ces parures raconte une soirée d’exception dont le guide est une danseuse... ainsi 5 broches évoquant la danse ont été créées. Cette collection permet de découvrir un assemblage de pierres rares (émeraude de Colombie de 20,12 carats, saphir du Sri Lanka de 25,15 carats, diamant de couleur D et de pureté IF de 15,54 carats, saphir jaune de 30,76 carats et perle fine de 17,92 carats) serties sur 5 bagues mais aussi des colliers et clips.
|
Van Cleef & Arpels |
|
La collection Monte Rosa de Mellerio mixte tradition et modernité. La maison rend hommage à la Reine Margherita d'Italie (1851-1926). Si le massif des Alpes Monte Rosa est celui de la famille de joaillier, c'est aussi le nom d'un diadème porté par cette reine pour son mariage, incarnation du style végétal des années 1860. La vibrante rose sauvage est reprise et anime cette collection de haute joaillerie avec un collier avec broche amovible, mais aussi des bagues et des broches.
|
Mellerio |
|
Depuis plus de 200 ans, la maison Chaumet s'appuie sur le savoir-faire des meilleures manufactures horlogères suisses. Depuis ses premières montres-bracelets réalisées sous l'Empire, cette maison associe les innovations - montre à remontoir, chronographe, pendule mystérieuse, métronome....- à l'art de la joaillerie. Ainsi jusqu'au 29 juillet, la boutique de la place Vendôme célèbre cet événement. Une exposition qui retrace le parcours des premiers modèles aux plus récentes créations. 30 pièces historiques du Premier Empire aux années 1990 sont exposées. 300 dessins les accompagnent.
|
Chaumet |
|
La joaillerie en chiffres La joaillerie représente un marché estimé entre 7 et 10 milliards de dollars (5 à 7 milliards d'euros). Mais, selon Thierry Fritsch, PDG de Chaumet (né en 1780, groupe LVMH), "les marques représentent moins de 20% des ventes, voire pour certains moins de 10%". Dans un secteur où il y a encore peu d'acteurs mondiaux, les grands noms de la joaillerie se sentent en situation de "conquête plutôt que de concurrents". "Quand Chanel ou Vuitton fait de la publicité pour vendre sa joaillerie, cela aide aussi Chaumet", assure Thierry Fritsch.
L'exportation représente entre 50% et 80% de leurs ventes. Les pays émergents et notamment la Chine font l'objet de toutes leurs attentions, avec une clientèle "attirée par le savoir-faire unique de la place Vendôme", souligne M. Mellerio. "Les nouveaux clients sont autant de passionnés des pierres, des hommes notamment, et pour beaucoup des collectionneurs", assure-t-il.
|
Sous-traitants et joaillers resserrent leurs liens
Touchés de plein fouet par la crise, sous-traitants et joailliers de la place Vendôme ont décidé de resserrer leurs liens pour mieux travailler ensemble afin de relancer une filière concurrencée mais au savoir-faire reconnu à l'international.
"Depuis une dizaine d'années, la croissance des grands joailliers à l'international et l'arrivée de nouveaux entrants comme Dior, Louis Vuitton, Gucci.. tirait l'activité", expliquait en 2010 Daniel Cambour, un des sous-traitants de la place Vendôme qui emploie 95 salariés. "Et puis la crise est arrivée et les commandes ont été bloquées ou, pour certaines, annulées", raconte-t-il.
Les fabricants représentent 3.500 entreprises essentiellement des PME et emploient 11.260 salariés: une baisse de C.A. de 17% à 1,8 milliard d'euros en 2009 par rapport à 2008. Et encore, pour certains travaillant dans le haut de gamme, plus affecté par la crise, "la baisse de chiffre d'affaires a pu atteindre -50% à -60%", souligne Frédéric Mathon, président de l'Union française de la Bijouterie, Joaillerie, orfèvrerie, des pierres et des perles (UFBJOP).
Cet organisme, qui rassemble artisans, PME et grands groupes de luxe, a fait réaliser une enquête-diagnostic sur la filière face à l"urgence" de la situation. L'un de ses principaux enseignements est de souligner des "faiblesses structurelles" ainsi que des liens distendus entre donneurs d'ordre et fabricants depuis trente ans, quand les groupes ont commencé à remplacer les maisons familiales. "Certains donneurs d'ordre, explique un autre fabricant sous couvert d'anonymat, préfèrent traiter avec des ateliers en Italie ou en Espagne, par manque de confiance dans des structures françaises pas assez réactives et aux moyens de production insuffisants". Pour M. Mathon, la crise a provoqué "beaucoup de frustration chez les fabricants alors que les donneurs d'ordre étaient dans l'impossibilité de prévoir l'avenir".
Un comité de pilotage associant chaque partie a été mis en place. Un plan d'action a vu le jour dont l'un des points concerne la rédaction d'une charte de bonnes pratiques, à l'instar de celle signée dans l'habillement. "La crise a fait prendre conscience aux donneurs d'ordre que la France, leader mondial de haute joaillerie, devait conserver des sous-traitants de haute qualité, pointus, qui soient capables de répondre aux enjeux de demain, rester leader face à la concurrence de plus en plus étendue", dit Olivier Mellerio, héritier de la 14e génération de joailliers "Mellerio dits Meller". "Il faut aussi arriver à des regroupements d'entreprises comme dans l'automobile afin que les groupes aient des sous-traitants à la mesure de leur importance", prévient-il. Si des sous-traitants ont pu investir dans la technologie et le personnel pour satisfaire les nouvelles demandes des griffes, "les petites structures ont du mal à suivre le rythme", reconnaît Daniel Cambour qui parle parle d'un secteur "atomisé".
L'unanimité elle s'est déjà faite sur la qualité du made in France. L'UFBJOP souhaite que le label "Joaillerie de France", créé en 2006, garant de très haute qualité de fabrication, s'étende à une démarche développement durable notamment concernant la traçabilité des pierres précieuses ou de l'or. "Une demande incontournable", pour M. Mathon.














