Josephus Thimister

Josephus Thimister

AFP. T.Coex
Il est invité à défiler pendant la semaine de la haute couture, le dimanche 24 janvier 2010

"Le Comité de direction de la Chambre syndicale de la Haute Couture, réuni le 17 novembre 2009, a élu la maison Josephus Thimister comme nouvel invité dans le calendrier haute couture de janvier 2010", avait annoncé la Fédération française de la couture.

Tous les six mois, les maisons qui bénéficient de l'appellation haute couture se réunissent pour décider, sur dossier, d'autoriser un styliste à défiler comme invité pendant une saison. Les deux  derniers stylistes ayant bénéficié de ce privilège ont été Alexandre Matthieu et la maison Rabih Kayrouz, lors des défilés couture de juillet 2009.

Formé à l'Académie des Beaux Arts d'Anvers (Belgique), Josephus Melchior Thimister, né à Maastricht en 1962, est nommé directeur artistique de la ligne prêt-à-porter de luxe de Balenciaga en 1991. Selon le Dictionnaire international de la mode, il "contribue par son style minimaliste et sa grande maîtrise de la coupe à moderniser l'image de la maison" qu'il quitte en 1997. Il fonde ensuite sa propre maison et a été invité à trois reprises déjà à défiler en haute couture, avant de se recentrer sur le prêt-à-porter. De 1998 à 2001, il prend aussi la direction artistique de la marque italienne Genny, ainsi que celle de Charles Jourdan (2005-2007). Il a aussi travaillé pour de nombreuses marques de prêt-à-porter en tant que consultant.

 

Le thème militaire permet de redescendre un peu de la couture, de la rendre plus humaine, plus accessible", explique Josephus Thimister, créateur qui renoue avec la  haute couture après plus de dix ans d'absence. "J'ai voulu un mélange d'ultra-sophistication et d'ultra-brut", ajoute ce Néerlandais parisien qui parle cinq langues, dans un atelier qu'il a loué pour la circonstance sur les bords de Seine. Il présente une trentaine de modèles féminins. Une collection unisexe en rouge, kaki et écru, inspirée de la Première guerre mondiale mais qui évoque aussi les campagnes napoléoniennes, notamment certaines vestes aux épaules étroites et col haut. Josephus Thimister montre un manteau en drap militaire serré, doublé en soie, avec une capuche. "On pourra le décliner en trench ou caban" dit-il, prévoyant de vendre le gros de sa collection dans de grands magasins multi-marques "à  l'exception de certaines pièces faites sur mesure". Il présente aussi des pulls tricotés en biais sans coutures, une robe en mousseline rouge avec cape intégrée qui peut se transformer en traîne ou encore deux robes qu'il qualifie de "tartes". Ayant nécessité respectivement 300 et 500 heures de travail, ce sont des pièces fragiles "qu'on ne peut pas porter dans le quotidien", en moustiquaire militaire tissée de rubans argentés travaillés à l'acide, chauffés puis patinés au spray.

Pourquoi ce retour à la couture ? Pourquoi maintenant ? "L'an dernier, dans un esprit art contemporain, j'ai travaillé sur une installation avec des vêtements. Au fur et à mesure, c'est devenu presque une collection",  explique-t-il. "Je me suis laissé convaincre, j'ai rajouté quelques pièces pour compléter. C'est très excitant", ajoute M. Thimister, qui travaillait depuis dix ans en "freelance", notamment pour la diffusion, tout en continuant à produire ponctuellement des pièces couture pour une clientèle privée. "La mode m'a bien eu, j'ai encore claqué tout mon argent", plaisante-t-il, affirmant être à la recherche d'un financier pour la suite. "Là, je ne présente rien de nouveau, c'est du Thimister retravaillé. Mais quand on me dit ça, c'est le plus grand compliment que l'on puisse me faire: ça veut dire que ça a une identité et une âme".

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