Grands prix de la ville de Paris 2009
Ils sont destinés à distinguer et à couronner 3 créateurs majeurs débutants et 3 créateurs majeurs confirmés.
Design : Alexandre Moronnoz (confirmé) et Felipe Ribon (débutant)
Mode : Julien Fournié (confirmé) et Yiqing Yin (débutant)
Métiers d’art : Tzuri Gueta (confirmé) et Marie Charpentier (confirmé).
Dotés chacun de 8.000 euros, ils sont destinés à distinguer 3 créateurs majeurs débutants (en activité depuis moins de trois ans) et 3 créateurs majeurs confirmés (en activité depuis plus de trois ans), travaillant en France depuis au moins trois ans. Les travaux peuvent être collectifs ou individuels : si les travaux sont collectifs, c’est l’équipe qui est primée. Les jurys, présidés par Lyne Cohen-Solal étaient composés de membres du Conseil de Paris et de personnalités qualifiées sollicitées en raison de la pertinence de leur jugement et de leur notoriété.
Design confirmé: Alexandre Moronnoz
D’abord séduit par les arts plastiques, Alexandre Moronnoz opte pour une formation en arts appliqués. Diplômé en 2003 de l’ENSCI-Les Ateliers, il collabore avec des agences telles que Plan Créatif Delo Lindo ou Radi Designers. Indépendant depuis 2005, il allie des travaux de commande et de recherches. De 2005 à 2006, il mène un projet d’étude pluridisciplinaire pour Autoroutes du Sud de la France, autour de la mobilité durable. Dans le même temps, il réalise, pour cette même société, le design du dispositif de tri sélectif pour les aires d'autoroutes. Deux projets de mobilier urbain, Y en 2006 développé avec le VIA, et Interférences en 2007 pour Bruxelles environnement, marquent un lien fort entre l'objet et l'espace, dans ses recherches personnelles et sa manière d'aborder les projets. Son activité est tournée vers le design de produit et le design d'espace, motivée par l’intégration au projet des questions de contexte et d'environnement.
Design débutant: Felipe Ribon
Récemment diplômé de l’ENSCI-Les Ateliers, Felipe Ribon a développé son intéreêt pour le rapport entre l’hygiène, le design et l’environnement. Son travail part d’un questionnement sur l’importance de l’hygiène au sein d’un espace privé ou public. Les comportements obsessionnels liés à la propreté démesurée constituent le point de départ de sa réflexion sur la place privilégiée qu’occupe l’hygiène dans la société moderne. Le défi consiste à associer dans un même projet hygiéniste la fonctionnalité et son adaptation aux enjeux environnementaux. En utilisant des tissus techniques, Felipe Ribon redessine les classiques éviers et baignoires et propose une approche innovante.
Mode Confirmé: Julien Fournié
Diplômé de l’Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne en 2000, Julien Fournié décide, après dix années au service d’autres maisons, de fonder celle qui porte son nom. Après avoir succédé à Madame Torrente-Mett en tant que D.A de Torrente haute couture jusqu’en 2004, Julien Fournié a multiplié ses expériences, notamment sur les marchés du prêt-à-porter asiatique, puis en France, dans le domaine des accessoires de luxe. Après avoir été D.A de Ramosport, il se résout à voler de ses propres ailes, convaincu qu’un créateur doit se poser au coeur des choix stratégiques de sa société. Autour de ce laboratoire, de son exigence, de son besoin d’esthétique nouvelle, il peaufine des développements déclinables en prêt-à-porter. C’est dans ce but qu’il a proposé en juillet 2009 ses « Premiers Modèles », un « work in progress » dans lequel le designer cherche à définir ses codes. Vulnérabilité, lignes sereines, dogmes auto-imposés se devinent dans ses silhouettes épurées qui sertissent une féminité à fleur de peau. Il présentera, en janvier 2010, son « Premier Eté » visant à allier tradition d’un savoir-faire parisien et nonchalance des postures d’aujourd’hui.
Mode débutant: Yiqing Yin
Diplômée en septembre 2009 des Arts Décoratifs de Paris en section vêtement, Yiqing Yin a construit sa collection Exils autour des capacités dynamiques du pli, de volumes en mutation. Comme une façon de sculpter le vide autour du corps. Notre société actuelle demande aux femmes d’avancer avec une volonté toute masculine sans rien perdre de leur féminité. Les vêtements imaginés par Yiqing Yin protègent et renforcent l’aura de celle qui les porte. Une armure « molle » où l’on trouve son exil. A 24 ans, cette styliste franco-australienne d’origine chinoise bénéficie d’une solide formation dans toutes les étapes de la mode et des expériences professionnelles qui révèlent une personnalité affirmée et marquante.
Métiers d’art confirmé: Tzuri Gueta
A la fois scientifique, aventurier et designer textile, la démarche de Tzuri Gueta se situe aux frontières du tissu technique. Ses recherches ayant donné naissance à un brevet d’injection de polymères dans les matières ajourées, allient constamment les nouvelles potentialités de la silicone aux connaissances des techniques du textile et à sa sensibilité des formes et des proportions. L’aspect expérimental de son travail l’a orienté vers un toucher et une esthétique naturelle inspirés de l’univers macroscopique sous-marin rappelant éponge de mer et corail et faisant appel à notre mémoire presque reptilienne. Si la recherche textile est au cœur de la dynamique de création, la poésie enveloppe avec sensibilité chacune des pièces.
Métiers d’art débutant: Marie Charpentier
Les créations de Marie Charpentier mettent en scène l’entente spontanée, la rencontre sensuelle du corps et de l’objet: l’accord parfait entre un bijou et la forme qu’il vient épouser, là où souvent, on ne l’attend pas. Formée à l’ENSAAMA, en BTS Textile puis en DMA Métal, et titulaire d’un CAP Art du Bijou et du Joyau préparé auprès d’une bijoutière pendant un an, dans le cadre de la Bourse métiers d’art de la Ville de Paris, Marie Charpentier développe sa première collection de bijoux et d’accessoires autour de la thématique du champignon. Inattendues et délicates, ses « Parures Parasites » semblent intégrer le corps et ce qui l’habille. Inspirés des caractéristiques plastiques et formelles des champignons, des notions et de l’imaginaire étroitement liés à ce végétal, les objets témoignent d’un intérêt pour la relation corps/objets, les espaces occupés, et l’interaction textile/métal. Ancrés sur l’épaule, nichés dans le creux d’un pli, ou posés sur la main, ces bijoux nous questionnent sur la « géographie de notre corps ». Marie Charpentier vient de débuter sa résidence aux Ateliers de Paris.


