Christian Estrosi, ministre de l'Industrie et Elisabeth Quin, chargée de mission pour la haute couture et le pap

Christian Estrosi, ministre de l'Industrie et Elisabeth Quin, chargée de mission pour la haute couture et le pap

© MINEFE - Dominique HENRI-SIMON
Le ministre de l'Industrie a déclaré qu'il souhaitait plus de souplesse pour les entreprises de la mode

Il a indiqué qu'en matière de temps de travail, il ne veut pas les pénaliser par rapport à la concurrence internationale. "Les 35 heures, on peut considérer que c'est formidable mais à un mois des collections quand il peut y avoir un double ou un triple d'activité, se conformer à une réglementation sur le travail très stricte, c'est pénalisant".
  

M. Estrosi a indiqué qu'il allait oeuvrer auprès du ministre du Travail Xavier Darcos "pour que nous puissions accorder quand il y a un métier qui a sa spécificité qu'il y ait une certaine souplesse dans le temps de travail annuel  (...) que nous ne soyons pas dans une comptabilité de temps horaire trop restrictive et leur donner une marge de performance qui leur fait défaut".

Le ministre de l'Industrie a fait cette déclaration à l'issue d'un entretien avec la rédactrice en chef de l'édition américaine de Vogue Anna Wintour, qui  n'assistait pas à la conférence de presse. M. Estrosi a évoqué avec elle, a-t-il dit, les différentes initiatives pour soutenir la création et les façonniers en France, à l'image de ce qui se fait aux Etats-Unis. Il a réaffirmé sa volonté de voir naître une "grande école de la création" en France mais aussi une "banque de la mode" pour aider les jeunes pousses. La finalisation de ce dernier projet figurera dans les conclusions des états généraux de l'industrie. Il s'agira d'un pôle public qui rassemblera "différents guichets" afin de faire du capital risque et faciliter pour les jeunes créateurs l'obtention de prêts auprès des banques.

 

Estrosi et Anna Wintour - Photo AFP : Dominique-Henri Simon



Aider l'industrie de la mode

Christian Estrosi avait annoncé le 14 octobre 2009 qu'il allait réunir les grandes maisons de luxe. Il avait annoncé qu'il allait réunir les "donneurs d'ordre des façonniers français de l'habillement", afin de sauvegarder le savoir-faire et les emplois de toute une filière. Pour le ministre de l'Industrie il s'agit de "mieux connaître leurs attentes et leurs besoins, de les aider à améliorer leur compétitivité et la performance globale de la filière". "Nous avons à apporter des réponses précises au plan fiscal, au plan social, au plan de la structuration d'une filière pour permettre à toute cette chaîne du donneur d'ordre au sous-traitant de pouvoir être consolidée, avec tous les emplois induits qui nous permettront de préserver ce savoir-faire français", a-t-il dit. Le ministre recevra les représentants des sous-traitants afin d'aboutir au premier trimestre 2010 à une "refondation de leurs relations",  a-t-on souligné au ministère.


Le ministre avait également fait le point sur l'avancée des travaux en cours, destinés à soutenir et dynamiser l'industrie de la mode en France. Après avoir fait signer aux grandes maisons une charte de bonne conduite visant à soutenir les façonniers du luxe mis à mal par la crise. Christian Estrosi a aussi évoqué la possibilité, pour des créateurs, d'accéder au crédit bancaire via des garanties apportées par des établissements publics, comme Oséo ou la Caisse des dépôts et consignations. "Nous sommes en train de finaliser le projet pour la fin mars", a-t-il ajouté, indiquant que de grandes compagnies d'assurance pouraient y être associées via les ressources considérables de l'assurance vie.

Une chargée de mission pour les industries de haute couture
Lors de sa visite le 5 septembre 2009 du salon prêt-à-porter Paris (à la porte de Versailles), Christian Estrosi avait présenté Elisabeth Quin, journaliste et auteure, chargée de mission pour les industries de haute couture et de prêt-à-porter. Son rôle: faire des propositions afin de protéger la création et le savoir-faire français des industries de haute couture et du prêt-à-porter et elle devra exercer un rôle de veille en créant notamment un lien permanent entre les professionnels et le Ministre.

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Christian Estrosi souhaite mettre œuvre dès 2010 les mesures suivantes:
- mise en place d’une banque de la mode afin de mettre des outils de financement adaptés au secteur du luxe, et en particulier aux jeunes créateurs. L’objectif est de faire d’un établissement bancaire, la banque de référence pour le financement de ces entreprises ; - rendre plus lisible, plus performant et plus cohérent le réseau d’écoles de création existant en coordination avec le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, et que soit étudiée la création d’une grande école de la création d’envergure internationale à l’instar de ce qui existe dans d’autres pays européens ; - un plan d’action en faveur des façonniers.

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