Première en Chine : la justice a examiné mardi la plainte de la romancière à succès Mian Mian contre Google

Mian Mian, connue pour ses romans qui mettent en scène une jeunesse chinoise s'adonnant au sexe, à l'alcool et la drogue, a intenté une action  pour violation des droits d'auteur contre le moteur de recherches américain pour  sa bibliothèque en ligne.

"L'audience a duré deux heures", a indiqué à l'AFP l'avocat, Me Sun Jingwei,  qui a simplement ajouté que la procédure ne rentrerait pas vraiment dans le vif  du sujet avant mars prochain. Le porte-parole de Google en Chine n'était pas joignable.

L'auteur des "Bonbons chinois" réclame 6100 euros de dommages et intérêts
Mian Mian, 39 ans, qui a connu la célébrité avec "Les Bonbons chinois" en  2000, réclame 61.000 yuan (environ 6.100 euros) de dommages et intérêts. Elle  accuse Google d'avoir numérisé illégalement son troisième roman "Acid Lovers", a  expliqué Me Sun.

Les livres de Mian ont été traduits dans de nombreuses langues mais restent  interdits en Chine, où ils circulent sous le manteau.

En novembre, Pékin avait accusé Google d'avoir violé les droits d'auteurs  des livres chinois numérisés et appelé les auteurs à "défendre leurs droits".

Deux organisations d'écrivains chinois ont accusé Google de numériser leurs  oeuvres sans autorisation et réclamé des dommages et intérêts "le plus vite  possible".

Au moins 80.000 livres d'auteurs chinois dans Google Books
Au moins 80.000 livres d'auteurs chinois, selon la presse, se trouvent dans  Google Books. Le géant de l'Internet américain affirme avoir numérisé dix millions de livres, formant ainsi la plus grande bibliothèque en ligne du monde. Pour mener à bien son projet, la firme de Mountain View a numérisé à tour de bras les livres fournis notamment par de grandes bibliothèques américaines, sans se soucier du droit d'auteur. D'où de fortes oppositions en Europe,  mais aussi aux Etats-Unis où Google inquiète sérieusement non seulement ses éditeurs, mais aussi ses rivaux sur Internet (Amazon, Apple, Microsoft...).

Aux Etats-Unis, Google, la Guilde des auteurs et l'Association des éditeurs  américains étaient parvenus à un accord en octobre 2008 à la suite de l'action  intentée en 2005 par les auteurs et éditeurs contre la firme californienne. L'accord, qui doit être révisé, prévoit que Google verse 125  millions de dollars pour rémunérer les auteurs dont les oeuvres auraient été  numérisées sans autorisation. Léger hic: cet accord ne concerne que les oeuvres de droit anglo-saxon (donc ni l'Europe, ni la Chine, entre autres).

En France, la justice a interdit ce mois-ci à Google de poursuivre la  numérisation d'ouvrages sans l'autorisation des éditeurs.

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