Marc Tessier
© AFP/PIERRE-PHILIPPE MARCOULe ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a choisi ce polytechnicien, inspecteur des Finances et ancien président de France Télévisions pour remplacer l'ex-patron de Fayard, Claude Durand, qui s'est désisté.
Selon Livres Hebdo, Claude Durand n'aurait pas apprécié qu'on dicte à la commission des orientations clairement pro-Google.
"“Des déclarations préliminaires de François Fillon laissant entendre qu’il fallait continuer les pourparlers avec Google, et de Frédéric Mitterrand disant que l’opposition à Google ne devait pas passer pour de l’antiaméricanisme, m’ont incité à attendre" un "cadrage" ("une lettre de mission du cabinet du ministre pour cadrer la réflexion") qui n'est pas venu, selon l'ancien patron de Fayard.
"Faut-il oui ou non négocier avec Google" ? Question apparemment tranchée
Dans Livres Hebdo , Claude Durand pose crûment la question: "Allait-on réfléchir aux modalités de négociation avec Google, ou bien se poser la question : faut-il, oui ou non, négocier avec Google ?” Bercy prône depuis janvier l'accélération des négociations entre Google et la Bibliothèque nationale de France, et a rendu au début de l'année un rapport en ce sens.
Selon un communiqué du ministère de la Culture, la commission présidée par Marc Tessier, qui doit rendre ses conclusions mi-décembre, sera composée de :
- Emmanuel Hoog, président de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) qui vient de publier chez Seuil "mémoire année zéro",
- Olivier Bosc, conservateur en chef des bibliothèques,
- Alban Cerisier, directeur des fonds patrimoniaux et du développement numérique
des éditions Gallimard,
. François-Xavier Labarraque, directeur du développement et de la stratégie de Radio-France.
Mission : étudier "l'opportunité et les modalités d'un éventuel accord avec un opérateur privé
La mission de la commission sera d'étudier "l'opportunité et les modalités d'un éventuel accord avec un opérateur privé, pour numériser ou mettre en ligne les fonds des bibliothèques", notamment les gigantesques fonds patrimoniaux de la Bibliothèque nationale de France (plus de 14 millions de livres et imprimés). Elle devra "prendre en compte les points suivants:
- "la libre disposition du patrimoine numérisé national".
- "la parfaite conservation, sur le long terme, des fichiers numérisés".
- "la visibilité de la culture et l'accès aux contenus français sur internet".
- "l'intérêt économique et financier pour l'Etat et le contribuable".
- "le message politique à adresser à la communauté internationale".
L'"opérateur privé" le plus évident semble Google, qui a déjà passé des accords avec les plus grandes bibliothèques américaines (notamment celle de Harvard ou du Congrès) et, en France, avec la Bibliothèque municipale de Lyon.
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