Google books : des livres sur Rome
© France 2Objectif : Google est invité par Bruxelles à s'expliquer sur l'accord qu'il a passé l'an dernier avec l'association des éditeurs et le syndicat des auteurs américains, qui doit encore être validée par la justice américaine.
Après des mois des batailles juridiques, Google et les détenteurs de droits d'auteurs ont décidé de se partager les revenus créés aux Etats-Unis par la mise en ligne d'ouvrages aujourd'hui épuisés en librairie mais qui pourraient connaître une seconde vie grâce aux livres électroniques, aux "smartphones", aux ordinateurs ... ou à l'impression à la demande.
Selon Google , ces ouvrages représentent environ 70% de l'ensemble des livres, contre une vingtaine de pourcents pour ceux, plus anciens, déjà tombés dans le domaine public et 5% pour les livres disponibles en librairies.
L'accord, qui doit encore être validé par la justice américaine, prévoit que Google percevra 37% des bénéfices liés à cette exploitation, les auteurs et éditeurs en recevant 63%. Un "registre des droits d'auteurs" sera créé afin de procéder à ce partage.
Le système est cependant contesté par d'autres grands noms d'Internet comme Amazon, Microsoft et Yahoo, qui craignent que Google n'abuse de sa position dominante.
En Europe, où des millions de livres épuisés représentent également un énorme marché potentiel, tout reste encore à faire. La firme américaine ne vient cependant théoriquement à Bruxelles que pour "répondre aux questions" sur la situation aux Etats-Unis, et non négocier la création, par exemple, d'un "registre" des auteurs européens, a dit à l'AFP un porte-parole de Google , Bill Echikson.
Pour le numéro un des moteurs de recherche, la bataille de l'opinion en Europe se joue peut-être encore aussi sur la question des ouvrages libres de droits, comme ceux, appartenant à sept bibliothèques européennes, que Google a commencé à numériser à ses frais, les bibliothèques n'ayant généralement pas le budget nécessaire pour le faire.
La BNF tombera-t-elle dans les bras de Google ?
La Tribune avait révélé fin août que la Bibliothèque nationale de France (BNF) avait commencé à discuter avec le géant américain de la numérisation de son gigantesque fonds. Un total revirement alors que l'ancien patron de la BNF, Jean-Noël Geanneney, avait souligné les risques encourus par une telle opération : Google, déjà leader des moteurs de recherche, sera en position de quasi-monopole pour exploiter un gigantesque contenu comme il l'entend. Le génat américain va en outre se lancer sur l'activité de librairie en ligne.
Les Européens divisés dans la bataille
Les Européens partent divisés dans la bataille contre Google, qui a décidé de se lancer sans leur accord et sans tenir compte des législations européennes dans la numérisation de millions de livres. Allemands, Français et Italiens sont opposés à cette politique du fait accompli, qui risque d'anéantir le droit d'auteur et menace l'activité économique des libraires comme celle des éditeurs. De son côté, la Commission européenne souhaite que cessent les "querelles idéologiques". Une manière d'approuver qu'une entreprise privée comme Google se substitue aux fonds publics pour la numérisation du patrimoine et qu'une entreprise américaine décide des moyens d'accéder à la culture européenne.
Lire aussi :
-> Le non des éditeurs français à Google Books
-> Les éditeurs italiens disent non à Google
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