Marc Tessier

Marc Tessier

AFP/PIERRE-PHILIPPE MARCOU
L'ancien président de France Télévisions a rendu ce mardi son rapport très attendu sur la numérisation des livres

Marc Tessier propose la mise en place d'une grande plate-forme de consultation commune, basée sur un partenariat public-privé.

Cette plate-forme (sans doute, amélioré, le  site Gallica créé par la Bibliothèque nationale de France) permettrait aux internautes d'accéder à l'ensemble du patrimoine écrit francophone numérisé.



L'essentiel, écrivent les rapporteurs de la mission Tessier, "est la mise en place d'une entité coopérative réunissant les bibliothèques publiques patrimoniales et les éditeurs, dans la logique de partenariat public-privé"

Une montée en puissance de Gallica, pour la transformer en plate-forme commune
Cette nouvelle entité "aurait la responsabilité de concevoir, mettre en place et exploiter une plate-forme commune où l'ensemble des ouvrages pourraient être accessibles aux recherches des internautes". Elle serait mise en place grâce à une "montée en puissance" de Gallica - la bibliothèque numérique de la BNF -, qui compte déjà quelque 140.000 ouvrages numérisés.

La plate-forme serait alimentée avec les livres numérisés par la BNF et les institutions publiques, et ceux numérisés par les éditeurs. L'accès au financement public pour la numérisation serait subordonné à l'adhésion à la nouvelle entité commune. L'idée est clairement de créer une alternative à Google livres pour le patrimoine éditorial francophone.

Passer avec Google des accords "paritaires"
La mission suggère par ailleurs d'éventuels accords avec le géant de l'internet américain, mais sur "une base paritaire". Marc Tessier estime qu'il faut passer avec Google "une autre forme de partenariat, fondé sur l'échange équilibré de fichiers numérisés, sans clause d'exclusivité". Un accord "pourrait viser non pas à faire prendre en charge l'effort de numérisation, mais à le partager, en échangeant des fichiers de qualité équivalente et des formats compatibles". "Nous disons: nous sommes intéressés par les fichiers francophones que vous avez. Vous êtes intéressés par les nôtres, nous vous proposons un accord un fichier pour un fichier", a expliqué l'ancien président de France-Télévision à la presse.

Le rapport critique les modalités d'accord passées entre Google et  la ville de Lyon (qui a offert 25 ans d'exclusivité au géant américain). Un élément a toutefois fondamentalement changé la donne depuis l'accord passé par la Bibliothèque municipale de Lyon en 2008 : les 750 millions alloués à la numérisation du patrimoine, qui seront répartis entre la BnF, la Réunion des Musées Nationaux, le Centre national du cinéma et l'Institut national de l'Audiovisuel.

>>  Le rapport Tessier, à télécharger sur le site du Ministère de la Culture

Frédéric Mitterrand veut négocier "un autre dialogue"avec Google
Dans une interview au Monde daté du mercredi 13 janvier, prenant acte du rapport Tessier qui lui a été remis mardi, le ministre de la Culture déclare :  "Je n'ai pas envie de me passer de Google. Nous allons leur proposer ... un tout autre dialogue: un échange de fichiers sans confidentialité ni exclusivité, dans la transparence et le respect des auteurs."

Frédéric Mitterrand  précise qu'il rencontrera les dirigeants de la firme de Moutain View en mars, aux Etats-Unis. En cas de désaccord, il souligne qu'"il existe d'autres opérateurs privés potentiels".

Par ailleurs, le ministre de la Culture a demandé que le rapport soit traduit dans plusieurs langues de l'Union Européenne, afin de pouvoir en discuter le mois prochain avec son homologue espagnole, "dont la sensibilité sera forcément déterminante dans le cadre de la présidence espagnole de l'Union".

Lire aussi :
>> Le contrat Google / Ville de Lyon rendu public (avec les documents en intégralité)

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