Bienvenue sur le portail de France2.fr

EDITION

19/06/2009 | 10:00 par Anne BRIGAUDEAU

D'aimables lectures pour mai-juin

- "Un don" de Toni Morrison, "Intrigue à Versailles", d'Adrien Goetz, "Le prédicateur" de Camilla Läckberg -

"Un don" de Toni Morrison, "Intrigue à Versailles", d'Adrien Goetz, "Le prédicateur" de Camilla Läckberg

© France 2

Em mai (et juin), lis ce qu'il te plaît : petite sélection livresque pour week-ends farniente

Des plages de Suède au château de Versailles, des marches de Cannes à l'Amérique des premiers colons européens,  cinq belles promesses de dépaysement, dans ces romans fraîchement parus.

 
"Intrigue à Versailles", d'Adrien Goetz

Lecture idéale pour les ponts de mai, ce roman signe le retour des héros d'"Intrigue à l'anglaise", Wandrille et Pénélope.

On avait découvert la jeune conservatrice de musée et son amoureux,  journaliste rieur, mondain et un brin cynique, traquant à Bayeux la fin méconnue de la tapisserie de la reine Mathilde.

On les retrouve en décembre 1999, en pleine tempête,  à Versailles où l’on vient de découvrir un cadavre dans un des bassins.

Qui a commis le crime ? La mafia chinoise ? Les descendants des jansénistes, qui, trois siècles après l'exhumation du cimetière de Port-Royal , n’ont rien pardonné à Louis XIV ? Ou ces "activistes" qui viennent restaurer en douce la nuit des chefs d'oeuvre en perdition ?

Toujours étourdissant d’érudition, Adrien Goetz nous entraîne sur la piste des grandeurs et misères de Versailles, et nous éclaire sur les batailles méconnues entre conservateurs arc-boutés sur leur vision du métier.

Le saviez-vous ? Si le roman dit vrai, dans la Chambre de la Reine, tout est faux ! "Pas un lustre qui ne soit antérieur à 1950" !  « Aucun visiteur de Versailles ne comprend que ce qu’il voit est le résultat d’une lutte fratricide, un concentré de haines et de règlements de comptes entre conservateurs depuis cinquante ans» : d'un côté les puristes refusant toute copie, quitte à présenter des salles désertes. De l'autre, les partisans de la reconstitution, moins à cheval sur l’authenticité.

Adrien Goetz © Baltel / SipaEn quête de coupables,  Wandrille et Pénélope quittent Versailles pour traquer les héritiers des jansénistes, ces orgueilleux solitaires qui défiaient le Roi-Soleil par leur austérité et leur vertu. L’auteur entraîne le lecteur dans  un Paris méconnu et ressuscite les illuminés et  convulsionnistes de Saint-Médard, qui avaient tant irrité, au XVIIIe siècle, l’archevêque de Paris. Au point que l'écriteau suivant fut posé sur la porte de l'église : "De par le Roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu".

Cette éblouissante sarabande pleine d’humour (nous avons cru percevoir plus d’une moquerie sur quelques personnages contemporains ... ) connaît parfois quelques pannes de rythme. La faute aux jansénistes ? S’ils avaient souvent la grâce, ils manquaient parfois de cette légèreté qui sied si bien à Adrien Goetz, à son style  et à ses héros. Ce n’est là que reproche minime pour un livre dont on sort fort instruit et tout émerveillé. En attendant de retrouver Wandrille et Pénélope pour le troisième tome de leurs aventures, comme promis.

-> "Intrigue à Versailles" Adrien Goetz (Grasset, 18 euros)

 
"Le don" de Toni Morrison

Toni Morrison (AFP)Le dernier roman du prix Nobel de littérature 1993, s'inscrit dans l'Amérique d'avant les Etats-Unis. Une Amérique des vastes étendues, fleuves, lacs et forêts peu défrichées, splendidement évoquée par l’écriture lyrique de la romancière noire américaine.

Une Amérique violente des débuts de la colonisation, mais où Blancs et Noirs subissaient encore, souvent, les mêmes oppressions.

A la fin du XVIIe siècle, sur ces territoires prétendus vierges affluent, d’Angleterre ou de Hollande, puritains persécutés, mais aussi voleurs, truands, prostituées ou enfants des rues qui avaient préféré (peut-on parler de choix ?) des années de servage dans les colonies à la prison, ou à la mort.

L’histoire débute en 1682 en Virginie, un des premiers états esclavagistes, lorsque l'Anglais Jacob Vaark vient exiger du Senhor D’Ortega  qu’il paie ses dettes à son égard. Le Portugais lui propose alors une de ses esclaves noires, qui allaite encore son dernier-né. Celle-ci le supplie de prendre plutôt sa fille, Florens, une enfant de huit ans. Pour la sauver. Parce que l'Anglais regarde la fillette "comme un enfant, pas comme des pièces d’or espagnoles ".

La vie alors était ténue ... 
Florens va rejoindre la famille de "Sir", comme elle l’appellera désormais : Jacob et sa femme Rebekka, venue de Londres en bateau avec des filles de rien qui riaient de tout. Une famille qui voit mourir ses enfants, les uns après les autres. La vie alors était ténue, et plus encore celle des nourrissons.  Florens rejoint surtout les filles déjà employées comme domestiques. Elle formera avec Lina, seule survivante de sa tribu indienne et Sorrow, adolescente blanche quasi-inapte à tout travail, un étrange trio.

Tour à tour, ce court roman -190 pages- s’empare chapitre par chapitre, de chaque personnage. Entre dans sa vie, son histoire, sa douleur, son récit – parmi les plus percutants peut-être celui qui est consacré à Lina dont les ancêtres sont nés sur cette terre, depuis des générations. La jeune fille indigène, dont le village a été décimé par une épidémie, a d'abord été recueillie par des presbytériens. Sauvée, mais asservie : « craignant de perdre son abri une fois de plus ...Lina accepta son statut de païenne et se laissa purifier par ces bonnes âmes. Elle apprit ainsi que se baigner nue dans la rivière était un péché, que cueillir des cerises à un arbre ployant sous le poids des fruits était un vol, que manger de la bouillie de maïs avec les doigts était pervers ». 

Les débuts du racisme institutionnalisé
Qui peut se considérer comme libre à cette époque, à part les propriétaires terriens ? Le servage était alors une condition partagée par les Noirs et de nombreux Blancs : dans le roman, deux d'entre eux, Scully et Willard, doivent travailler pendant des années comme serfs pour payer une dette rallongée à plaisir par leurs maîtres.

Mais en Virginie, déjà, les prémisses de la ségrégation étaient inscrites dans la loi autorisant un Blanc "à tuer tout Noir pour n’importe quelle raison".  Les législateurs, écrit la romancière, "séparèrent et protégèrent" alors "les Blancs de tous les autres et pour toujours". Dans une interview à L'Express, Toni Morrison se fait plus explicite encore : "On a institutionnalisé la race pour des raisons de profit et de pouvoir, au point d'en faire un élément de la loi, et non plus de la coutume, afin de rompre tous liens entre les Blancs pauvres et les Noirs pauvres".

Dans une langue poétique au rythme singulier, qui se glisse dans la peau de chacun de ses personnages, blancs, noirs, indigènes, esclaves ou maîtres, serfs ou gens de peu, "Un don" brasse et embrasse l’histoire, rappelle le puritanisme –non éteint - des premiers âges – et la beauté des matins du monde de ces espaces peu peuplés. Il dit le malheur de tous et la présence au monde de chacun.  A 78 ans, cinq ans après la parution de "Love", Toni Morrison nous ravit et nous enchante, une fois encore.

-> "Un don" de Toni Morrison (Christian Bourgois, 15 euros)

-> A voir, à écouter
Revoir en vidéo Toni Morrison, invitée de "La grande librairie" sur France 5 le 16 avril
Ecouter sur France Inter l'émission de Paula Jacques du 26 avril, Cosmopolitaine, en compagnie de Toni Morrison

 
"La vie passera comme un rêve" Gilles Jacob

Délicieux mémoires que ceux de Gilles Jacob, qui  a dirigé pendant 30 ans le Festival de Cannes, avant de le présider.

Difficile de bouder son plaisir à la lecture de "La Vie passera comme un rêve", livre enchanteur qui alterne chapitres personnels –souvenirs d’un enfant juif réfugié pendant la guerre dans un séminaire …- et  scènes cocasses, aventureuses ou flamboyantes, qui se sont déroulées pendant plus de trois décennies avant l'ouverture du Festival.

Certes, l’auteur ne nous révèle pas le quart du dixième des tractations qu’il a fallu mener, année après année, pour réunir sur les marches cannoises stars hollywoodiennes, réalisateurs venus de Californie ou de Russie, divas de Cineccitta ou de Shanghaï. Mais ce qu'il raconte est déjà croustillant: voir l'instructif récit de la négociation pour obtenir "Apocalypse Now" au Festival de Cannes 1979 ! 

La bataille d'"Apocalypse Now"
A l’arraché, Gilles Jacob obtient que le film puisse être présenté, comme demandé, hors compétition…et apprend que Francis Ford Coppola exige désormais d’être en compétition. Peut-on lui refuser la palme d’or ? On saura ramener  la présidente du jury, l'indocile Françoise Sagan, qui préfère "Le Tambour" de Völker Schlondorff, à la raison, ou du moins aux concessions : cette année-là, l'Américain et l'Allemand obtiendront tous deux la récompense suprême …ce qui fera dire à Coppola, boudeur : "Je n’ai eu qu’une demi-palme".

Des histoires comme celles-ci, il y en a à foison: un ravissement pour  tous les amoureux du 7e art. Quand Gilles Jacob prend la direction du festival de Cannes, à la fin des années 70, il n’était pas aisé d’arracher à l’URSS ses meilleurs films, souvent interdits sur le territoire soviétique. Il relate comment on tente de lui  cacher "Pastorale", d’Otar Iosseliani. Des Russes le préviennent : "Ils ne vous le donneront pas". "Pourquoi ?" "Il y a une séquence où l’on aperçoit au fond d’un plan un paysan qui fauche son pré. Vous ferez attention, ça ne dure qu’une seconde …". "Et alors ?" – "Réfléchissez un type avec une faux pour le comité central, c’est comme si on niait que l’Union soviétique soit entrée dans l’ère du machinisme agricole ! » 

Quand la terre a tremblé sous les pieds de Clint Eastwood
Telle une Shéhérazade du cinéma, Gilles Jacob raconte en courts chapitres les stars du grand écran.  Comment il a déjeuné à Los Angeles avec un Clint Eastwood impassible, alors que la terre tremblait sous leurs pieds. Comment il a su avant les gazettes spécialisées que Truffaut avait succombé aux charmes de sa "Sirène du Mississipi," Catherine Deneuve. Comment Michael Cimino a ruiné les Artistes Associés avec ses (sublimes)  "Portes du Paradis". Il se souvient que Gérard Depardieu, dans les palaces cannois, prenait ses breakfasts "tricolores" ("un verre de rosé, un verre de blanc, un verre de rouge ») et que Roman Polanski renâcla à attribuer une Palme d’Or . A 78 ans, l’ancien critique de cinéma délivre ici portraits, croquis, dialogues sur le vif dans une langue allègre, en scènes joyeuses ou nerveuses  qui nous donnent l’illusion de côtoyer Rosselini (père et fille), Binoche, Pialat, Kubrick ou Kusturica, pendant 400 pages qui passent comme un rêve, et comme un bonheur. A quand le prochain tome ?

-> "La vie passera comme un rêve" Gilles Jacob (Robert Laffont, 21 euros)

 
"Sur le sable" de Michèle Lesbre

Michèle Lesbre (DR)La romancière nous avait ravi(e) avec "Le Canapé rouge", qui fut en lice pour le Goncourt 2007. Toujours chez Sabine Wespieser, elle revient avec "Sur le sable", court roman de 160 pages.

Comme dans ses œuvres précédentes, le présent ramène un flot de souvenirs, de rêveries. Ce qui a été, ce qui aurait pu être : longeant des dunes, la narratrice aperçoit une maison en flammes. A proximité, elle noue connaissance avec un homme prostré, qui regarde disparaître cette demeure où il y a tant de son passé. Dans son enfance, sa mère, qu’il est venu enterrer, venait y rejoindre son amant, un ancien de l’OAS. Sur la plage toute proche, alors qu'il avait dix ans à peine, il a vu se noyer une jeune femme qui venait de le prendre pour confident. Adulte, il était tombé amoureux, ici-même, de Sandra, qui fut plus tard extradée vers l’Italie pour y être emprisonnée.

L’Italie, terre d'élection, aussi, de la narratrice, qui se souvient avoir vécu à Bologne un amour fou. Se remémore l'attentat perpétré par l’extrême droite dans la gare de la ville, où elle aurait pu périr, le 2 août 1980. D'un amour l'autre et de Bologne à Paris, ses pensées la ramènent dans la capitale française, où elle vient de rompre avec son amant . Et les lieux parisiens l’emmènent dans une autre quête, celle des rues, des places, de la géographie chère à l'univers de Patrick Modiano.

"Sur le sable" est aussi, surtout, un hommage à la poésie propre à l'auteur de "Villa triste", au risque, parfois, de frôler la parodie : " Nous étions de passage dans cet espace clos qui semblait être le nôtre sans l’être vraiment, quatre murs défraichis, des meubles bancals, une vue en couleur de la tour Eiffel…j’avais l’étrange impression d’être moi-même une de ces silhouettes évanescentes qui glissent dans les romans de Modiano. ». A Livres Hebdo Michèle Lesbre confiait avoir préféré cette sortie, en mai, à la foire d'empoigne de septembre. Elle a bien fait : la quiétude du printemps sied mieux à son livre nostalgique, chant d’amour à la littérature des songes, des contours flous et du réel qui se dérobe.

-> "Sur le sable",  Michèle Lesbre (Sabine Wespieser, 160 pages, 17 euros).

 

Le canapé rouge, Michèle Lesbre (Folio)-> Signalons aussi que "Le canapé rouge", qui reçut le Prix Pierre-Mac-Orlan 2007 et fut en lice pour le Goncourt, a été publié en Folio.

On ne se lasse pas de relire le poème de Nâzim Hikmet, qui clôt le roman et lui ressemble  ("Nous sommes au bord de l'eau/le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie./L'eau est fraîche,/ le platane est immense/moi j'écris des vers/, le chat somnole, nous vivons Dieu merci,/le reflet de l'eau nous effleure/le platane, moi, le chat, le soleil et puis notre vie").

 
"1978" de Santiago Amigorena

© John Foley/P.O.LQui s'en souvient ? Dans les années 70, les lycéens s'accrochaient aux flippers et aux utopies. Dans "1978", Santiago H.Amigorena ressuscite ces ados dont la conversation au café tournait quasi-exclusivement (et dans cet ordre) autour des "pétards", de la politique, du cinéma et des filles.

Et cette année-là arriva dans la classe de première du narrateur un étranger, dont la famille avait fui l'Argentine de la dictature.

Un Sud-Américain beau comme un prince, tantôt poète et tantôt taciturne, parfois timide et souvent prétentieux, impressionnant les profs ou se les aliénant définitivement, séduisant toutes les filles et devenant rapidement chef d'une bande où les garçons s'appellaient Pierre, Fred ou Jean-François.

Sauf à la toute fin, le héros n'est pas nommé, mais il ressemble comme un frère à l'auteur du livre. Un auteur qui se raconte, comme dans ses romans précédents ("Le premier amour"). Notable nuance , il se raconte cette fois à la troisième personne, vu par les yeux admiratifs d'un condisciple (qui dit "je"). La langue est celle des ados d'alors, qui abusaient de locutions vagues ( "c'est marrant", "c'est bizarre", "des trucs"). Tout ce qui signifiait, avant l'âge adulte, une proximité de sensations qui se passait de précisions.

Egotiste, narcissique, autocentré, Santiago H.Amigorena ne parle jamais que de lui-même, personnage insupportable et attachant qu'il rend à son décor et son époque : ces années 70 où le "commerce de la culture" n'avait pas encore été chassé par la "culture du commerce", où "être jeune, c'était être de gauche" et où l'on pouvait hésiter des heures avant de décider si l'on irait voir  "L'âge d'or" ou '"Le cuirassé Potemkine", Tarkovski ou Orson Welles. S'il n'atteint pas le large public, "1978" enthousiasmera par sa singulière sensibilité le cercle croissant des fans des seventies et ceux d'Amigorena, dont nous sommes.

-> "1978" Santiago H.Amigorena (P.O.L., 16 euros)

 
"Le prédicateur" Camilla Läckberg

Actes Sud poursuit son filon suédois en publiant un 2e livre noir signé Camilla Läckberg, "Le prédicateur". Ceux qui ont aimé "La princesse des glaces" retrouveront dans "Le prédicateur" la même héroïne, Erica Falck.

L'allègre et jolie trentenaire délaisse ici ses problèmes de ligne et pour cause: elle est enceinte de Patrick Hedtsröm, le policier dont elle était tombée amoureuse au précédent épisode.

Difficile de mener l'enquête quand on est sur le point d'accoucher : elle laisse donc la vedette à son compagnon. Il aura du fil à retordre avec une  énigme particulièrement ignoble : un enfant retrouve une femme morte, dont tous les membres sont multifracturés. Et sous son corps, deux squelettes de femmes, tuées vingt-quatre ans plus tôt. La police s'oriente rapidement vers l'étrange famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, prétendait soigner les malades grâce aux dons de guérisseur de ses enfants, Gabriel et Johannes. Bienvenue dans le monde merveilleux des puritains illuminés, des haines fratricides et des secrets de famille enfouis.

On ne dévoilera pas ici le coupable (qu'on a deviné assez tôt) de ce roman qui se laisse lire aisément. Pour relancer l'intérêt,  la romancière abuse du même procédé facile que dans le précédent : de très courts chapitres en italique, où les victimes s'expriment à la première personne, faisant courir un frisson d'horreur dans la moëlle épinière du lecteur.

Pas un chef d'oeuvre donc (malgré une couverture très similaire, les oeuvres de Camilla Läckberg ne sont pas du même tonneau que le "Millenium" de Stieg Larsson), mais un polar scandinave bien glacé, pour rafraîchir vacances de Pâques ou ponts de mai ensoleillés. Et  le plaisir de suivre une héroïne attachante, qui aura accouché dans le troisième tome à paraître en novembre, "Le tailleur de pierre".

-> "Le prédicateur" Camilla Läckberg (Actes Sud, 22 euros)

Commentaires - passer au bloc suivant
   

Publicité

   
   

Liens publicitaires

   
   

Voir aussi

Roland-Garros

Gagnez vos places VIP pour Roland-Garros

Slam

Jouez maintenant en ligne avec la célèbre émission télé !

Tout Le Monde Veut Prendre Sa Place!

Jouez au jeu culte sur internet! Gratuit!

NOUVEAU Questions Pour Un Champion On Line !

Découvrez la nouvelle version du célèbre jeu en ligne !

   
Informations légales
Logo France Télévisions Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2012 France Télévisions
Devenir annonceur sur nos sites | Mentions légales et crédits | Conditions générales d'achat
France 2.fr, adhérent du Geste, est un site du groupe France Télévisions
Les sites du groupe France Télévisions :