Dans une librairie parisienne, août 2009
AFP/LOIC VENANCESelon Livres Hebdo, qui publie ces chiffres, cette production , en baisse de 12% par rapport à la rentrée hivernale 2009, rejoint le plus bas niveau enregistré depuis 2001 (date à laquelle le magazine a commencé à établir ses statistiques).
Les éditeurs interviewés entonnent un même choeur : moins de livres pour s'en occuper mieux.
"La révolution technologique nous invite à être davantage éditeurs, c'est à dire à "remonter" dans la matière grise : les auteurs, les échanges, le travail sur les textes - tout ce que la machine ne fera pas et que seul un rapport humain de confiance et de qualité peut offrir", déclare Olivier Nora, qui dirige désormais Grasset et Fayard (toutes deux filiales de Hachette Livres).
De moins en moins d'amateurs de littérature ...
Moins lyrique et plus direct, le sociologue Bernard Lahire explique, dans le même journal, pourquoi la tendance semble irréversible : grands amateurs d'essais et de littérature, les gros lecteurs (25 livres et plus), sont de moins en nombreux : leur part "chez les cadres et professions intellectuelles supérieures est équivalente aujourd'hui à celle des ouvriers non qualifiés dans les années 1970". "La sélection des élites", ajoute-t-il, "se fait de plus en plus en plus par les mathématiques et de moins en moins par les lettres".
Toujours de beaux romans
Ce qui n'empêche pas des maisons comme Gallimard ou Actes Sud de continuer à creuser un sillon exigeant. Parmi les beaux romans annoncés en janvier, citons entre autres chez Actes Sud "Les femmes du braconnier", de Claude Pujade-Renaud en janvier, consacré la fascinante figure de Sylvia Plath, poètesse américaine qui se suicida à trente ans et dont le seul roman ("La cloche de détresse") est devenu une oeuvre-culte. Beaucoup aimé aussi "Le Londres-Louxor", de Jakuta Alikavazovic, hanté par la guerre de Bosnie (éditions de l'Olivier), et le virtuose "Enigma" de l'Espagnol Antoni Casas Ros (Gallimard). Nous y reviendrons bientôt.
>> Sur la rentrée littéraire de janvier-février 2010, lire aussi :
Florence Aubenas dans la France des invisibles


