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Jean-Baptiste Del Amo avait fait en 2008 une entrée fracassante en littérature avec cette "éducation libertine". Son roman débute par une hallucinante description, crue, violente et détaillée, du Paris du XVIIIe siècle, qui restera gravée dans les mémoires ("La chose avançait avec indolence, semblable à une limace marine... Puis ... cela vint se poser au creux de la paume. C'était la tête d'un nourrisson".)
Le coeur au bord des lèvres, le lecteur suivra le héros, Gaspard, de son apprentissage chez un perruquier à une éducation particulière dispensée par un don juan "tourné vers les deux sexes".
Ne dévoilons pas la chute de ce livre très noir, qui fait peu de place au bonheur. Roman étouffant et abouti, "Une éducation libertine" témoigne, pour une première oeuvre, d'une étonnante maîtrise. L'auteur publiera en août son second roman, "Le sel".
-> "Une éducation libertine" Jean-Baptiste Del Amo (Folio, 455 pages, 7,70 euros)
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L'essentiel du roman, au titre menteusement enchanteur ("La pluie, avant qu'elle tombe") tient dans le récit d’une femme, Rosamond.
Celle-ci conte, dans un récit enregistré sur cassettes peu avant sa mort, l'histoire d'une malédiction mère-fille, reproduite sur trois générations. Celle de son amie Beatrix, haïe par sa mère. Beatrix enfantera Théa, et la haïra à son tour.
Sur ce thème pourtant rebattu en littérature, Jonathan Coe signe un chef d’œuvre, en rendant à chacune de ses héroïnes sa part d'humanité. Difficile de ne pas finir en larmes ce livre bouleversant, quasi-exempt des notations sociales qui avaient contribué au succès de "Bienvenue au club" et du "Cercle fermé". Un roman intimiste très pur, parfait et absolument sombre.
-> La pluie avant qu'elle tombe Jonathan Coe (Folio, 267 pages, 6,60 euros)
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"Syngué sabour", le Goncourt 2008 ? Cent cinquante pages, deux heures de lecture et bien plus pour se remettre de ce roman coup de poing.
L'histoire ? En "Afghanistan ou ailleurs ", une femme veille un homme blessé, dans le coma, sous perfusion : son époux. Au chevet de ce mari immobile, elle déroule sa vie et ses peurs – comment va-t-elle survivre sans homme, dans ce pays en guerre, où tout est interdit aux femmes ? Et la narratrice parle, parle, parle et dévoile l’inimaginable.
Conte cruel, "Syngué sabour " a la force dévastatrice et cathartique qu’il prête à cette "pierre de patience" qui lui donne son titre. Non nommée, l’héroïne reste une figure inoubliable.
-> "Syngué Sabour Pierre de patience" Atiq Rahimi (Folio, 5,60 euros, 144 pages)
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Un polar sans concession pour le régime des mollahs, et plein d 'affection pour les Iraniens, qui ont depuis longtemps choisi l'arme de l'humour contre un régime religieux et parfois délirant.
L'énigme est dans le titre : qui a tué l'ayatollah Kanuni, sanguinaire bourreau du régime? Enquête dans la jet-set iranienne (robe lamé or sous le tchador...) mais aussi chez des opposants au profil inattendu, comme cette féministe islamique (non ce n'est pas un oxymore) qui est une des héroïnes du roman.
-> Qui a tué l'ayatollah Kanuni ? Naïri Nahapétian (Liana Levi piccolo, 10 euros, 250 pages).
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"Rends moi le Pausilippe et la mer d'Italie" (Gérard de Nerval)
S'il y a un roman à emmener au bord du golfe de Naples c'est cette "Nuit à Pompéi" érudite et libertine où un trio (un homme et deux femmes) se livre à des jeux interdits dans la cité romaine figée par la lave pour l'éternité. Et nous fait découvrir, par des chemins de traverse, maintes curiosités méconnues à l'ombre du Vésuve.
Un livre de soleil et de culture qui plaira aux amoureux de la Méditerranée, de la côte amalfitaine et des vers nervaliens.
-> Une nuit à Pompéi Alain Jaubert (Folio, 6,60 euros, 336 pages) (Autre beau roman sur l'Italie, qui se passe plutôt à Rome, malgré son titre : "La dormeuse de Naples", d'Adrien Goetz).
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Un flic à la dérive, Alexandre Astrid, reçoit un jour par la poste un manuscrit troublant qui lui raconte sa propre vie et le renvoie à ses démons.
Entre folie et réalité, passé et présent, Marcus Malte porte, comme toujours, l'art du suspense et de l'émotion à incandescence.
Chef d'oeuvre de l'auteur, "Garden of love", a recueilli dix prix littéraires, dont "Le grand Prix littéraire des Lectrices de Elle 2008". Si vous l'avez raté alors, ce roman saisissant est désormais disponible en poche.
-> "Garden of love" Marcus Malte (Folio, 352 pages 6,60 euros)
-> Du même, lire absolument "Toute la nuit devant nous"
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Que retient-on, au cours d'une existence, de l'histoire contemporaine, celle qu'on a vécu ? Dans "Les années", Annie Ernaux se livre à ce délicat exercice: l'aller retour entre ce qui appartient à tous et ce qui n'appartient qu'à soi.
Le livre débute avec les réminiscences d'une France rurale des années 50, qui s'émerveillait du progrès : "On grimpait à la file dans un camion de la radio pour la tuberculose en gardant manteau et cache-nez... Les discours disaient qu'on représentait l'avenir". Il se poursuit avec les années 60, trop vite symbolisées par 1968. Sous la poussée d'une jeunesse lassée des blocages d'une société ultra-conformiste, le monde bascule.
La vraie force des "Années" est de transformer chacun de ses lecteurs en écrivain virtuel, rêvant au livre qu'il pourrait écrire sur sa mémoire collective à lui : celle de sa génération ...
-> "Les années" Annie Ernaux (Folio, 256 pages, 6,60 euros)
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Savez-vous qu'il y a dans la tapisserie de Bayeux de quoi faire sauter la monarchie anglaise ? Pénélope, la jeune conservatrice de musée, et son ami Wandrille, fringant journaliste parisien, mènent l'enquête pour savoir où est passé le dernier morceau de l'oeuvre.
Ludique et érudit, passant à vive allure des moeurs rudes de l'ère viking aux débauches des derniers Windsor, "Intrigue à l'anglaise" se déguste comme une tasse de thé à 5h tapantes : sucré, corsé, surprenant, un vrai remontant pour le moral.
Last but not least, les trois dernières pages de précisions historiques viennent confirmer ce que le lecteur sent dès la première page : ce livre léger conte comme une épopée l’existence millénaire et agitée de la « Telle du conquest » (le vrai nom de la tapisserie. Un roman pédagogique qui prend, suprême délicatesse, les apparences du polar.
->" Intrigue à l'anglaise" Adrien Goetz (Livre de poche, 6,50 euros)
-> Du même auteur, emmener à Saint-Malo "Le coiffeur de Chateaubriand". A lire sur la plage du Grand Bé, face à la tombe de l'orgueilleux romantique.
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Dans "La porte des enfers", Laurent Gaudé s'attaque à un thème périlleux : la réécriture du mythe d'Orphée. Le roman se situe dans l'Italie du Sud chère à l'auteur, à Naples, précisément et débute sur une fusillade : emmené par son père à l'école, un enfant est fauché par une rafale qui ne le concerne pas. La mafia règle ses comptes, en aveugle.
La douleur du père lui fera accomplir l'impossible. A la lisière du fantastique, "La porte des enfers" fait appel aux profondeurs des mythes et au tragique d'un Mezzogiorno trop souvent endeuillé par la violence. Pas de psychologie : des sentiments et des émotions à vif, à nu. La mère refermée sur sa douleur. L'érudit qui aime trop la jeune chair. Et le serveur qui "sait faire les cafés pour chaque désir, chaque humeur", avant d'accomplir le devoir de sa vie. Une oeuvre coup de poing, brutale et douloureuse
-> "La porte des Enfers" Laurent Gaudé (Babel, 194 pages, 7,50 euros) |
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Le premier tome d'une haletante trilogie (plus de 2000 pages) qui démarre à la veille de la première guerre mondiale et s'achève en 2010.
De superbes héroïnes s''attaquant à de maléfiques personnages, une intrigue menée tambour battant, avec en toile de fond, un luxe de détails historiques.
Une vraie saga de vacances, avec près de 1300 pages. Et deux tomes supplémentaires qui vous attendent, si vous avez aimé le premier !
-> Dans la main du diable Anne-Marie Garat (Babel poche? (12,50 euros, 1287 pages). Pour en savoir plus, lire ici Signée Garat une fabuleuse trilogie du XXe siècle
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