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La musique de film fait désormais partie intégrante de la mise en scène, elle est considérée comme partie prenante de l’œuvre dans son ensemble, du film, totalement intégrée à elle par le réalisateur depuis les années 30-40. Il faut passer à autre chose.
Nous sommes à l’aube des années 60, 1962 : l’usage et l’art des cordes par Bernard Herrmann va avoir une influence directe sur un jeune compositeur britannique auquel font appel les détenteurs de la franchise devenue la plus longue depuis - James Bond, - qui lui demande d’écrire la partition de James Bond contre Dr. No. Contrairement à une idée largement répandue John Barry n’est pas l’auteur du célèbre James Bond Theme, on le doit à l’oublié Monty Norman. La confusion provient de la totale identification par le public de Barry à la série - comme Sean Connery le fut au personnage qu’il incarne -, par son écriture, ses thèmes et orchestrations qui lui valent un vedettariat jusqu’alors inédit pour un compositeur de musique de film.
Le thème de Monty Norman figure dans tous les films de la série et charpente nombre de ses musiques. Il est sans doute le thème le plus connu de la musique de film, avec celui d’Autant en emporte de vent, de Max Steiner. Un juste retour des choses, d’autant que Steiner est le prince des cuivres, mais Barry celui des cordes, même s’il utilise fort bien le cor et les trombones, sous l’influence d’Herrmann. Barry écrira les partitions d’une bonne dizaine de films de la série, enchaînant des compositions marquantes comme Macadam Cow-boy, La Vallée perdue, Frances, Out of Africa, ou Danse avec les loups...
Contemporain de Barry, Lalo Schifrin s’immisce dans la vogue avec des orchestrations moins symphoniques et des arrangements plus jazzy, ayant travaillé avec Dizzy Gillespie, comme pianiste et arrangeur. Ses compositions restent des chefs-d’œuvre du genre que cela soit pour la télévision ou le cinéma : Mission Impossible, Mannix, Bullit (peut-être son chef-d’œuvre), Opération Dragon, la série des Inspecteur Harry... Schifrin est un génie qui a introduit et creusé l’influence jazz, ainsi que des instruments exotiques, ou une écriture funky dans la musique de film. Quincy Jones, qui a signé quelques partitions pour le cinéma, dont le superbe De sang froid, se situe dans sa lignée.
Balbutiant dans les années 50, le marché de la musique de film
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100 B O Cultes
A l’occasion du centenaire de la musique de film, cent d’entre elles passées au crible, dans un ouvrage à la superbe édition
Du Chanteur de Jazz (1927) à There Will Be Blood (2008), une rétrospective de choix, subjective, traitée par deux musicologues des musiques actuelles : un passage en revue des classiques et écoles buissonnières de la musique de film.
100 B. O. pour Bande original du film (Original Soundtrack en anglais). L’érudition d’Olivier Cassin et Christophe Sedon donne lieu à un panégyrique de la musique de film sur 80 ans, à partir de 1927, jusqu’à aujourd’hui. A chaque film, sa double page, avec texte et illustration, reproduisant la pochette du disque : simple, didactique et efficace.
C’est sûr, les deux compères ne peuvent aller que vers le modernisme, mais ils passent par les classiques Herrmann, Rosza, Rota, Morricone, Barry, Schifrin, pour mieux dénicher les perles, d’Isaac Hayes, de Curtis Mensfield, ou James Brown et Jimmy Cliff, en passant par Tangerine Dream ou Vangelis, avec d’autres clés en tête de partition (Delerue, Corbucci, Carlos, Williams, Goblins...) . Si le choix ne peut être que subjectif, il n’en reflète pas moins la constellation que compose la musique de film et son évolution. Chaque titre est replacé dans son contexte cinématographique et musical, avec tact et savoir.
Une exploration du « genre », parfaitement mise en scène, qui se laisse prendre par ses choix, préfacés par une interview des deux membres de Air (Virgin Suicide), phare de la French touch, et connaisseurs en la matière. De la belle ouvrage.
100 B O Cultes
Olivier Cassin et Christophe Sedon
Editions Tournon
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devient exponentiel dans les années 60, notamment aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Au fil des années de nouveaux publics découvrent ses richesses. Si Barry y est pour beaucoup, que dire d’un Ennio Morricone qui, même avant Schifrin, introduit des instruments jusqu’alors inusités, comme la guimbarde, ou l’harmonica (la trilogie des dollars de Leonne), John, Williams, dont le thème de Star Wars est dans toutes les mémoires, en même tant compositeurs attitré de Steven Spielbeg depuis Les Dents de la mer (1975). Immense compositeur, dont il faut découvrir les partitions plus intimistes comme Stepmom, où il excelle à côté de ses innombrables compositions plus spectaculaires, comme La Tour infernale, Rencontre du 3e type, E. T....
Nino Rota est imparable. Complice de Fellini depuis ses débuts, il créé parmi les plus grandes musiques de films, comme le thème de La Strada, dont la seule trompette est à pleurer, la fanfare de 8.1\2 est un standard, il fait résonner les flûtes et cymbales de Satyricon, ou l’orgue de cristal de Casanova, revenant aux instruments de l’époque. Toutes ses compositions font encore vibrer.
Aux côtés de ces maîtres figure Jerry Goldsmith, inoubliable compositeur de La Planète des singes, La Malédiction, Alien, Poltergeist; Outland, de tous les films de Joe Dante, ou de ceux que signe Paul Verhoven aux États-Unis, et de tant d’autres.... Goldsmith se démarque dans sa maîtrise des dissonances, créant des atmosphères anxiogènes, dérivées de Stravinsky, Penderecki, ou Bartok, raison pour laquelle il oeuvra beaucoup dans le fantastique et la science-fiction. Des influences qu’il a communiqué à d’autres, comme Elliot Goldenthal qui ne fait plus rien aujourd’hui, alors qu’il a signé les sublimes Alien 3 et Entretien avec un vampire, composé en 15 jours (!) et nommé à l’Oscar en 1994.
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