"L'Apprenti Père Noël"

"L'Apprenti Père Noël"

© Gaumont Distribution
Les fêtes de fin d'année déversent une hotte de films festifs propices au divertissement familiale et plus si affinité

Il y en aura pour tout le monde, avec bien sûr une prépondérance de films pour les enfants et la jeunesse, vacances oblige.

Films d’animation, blockbusters fantastiques et de science-fiction, action et comédies tiennent le haut du pavé.

 Vidéo

Les sorciers de Noël
Le film phare de ces fêtes est sans conteste Harry Potter et les reliques de la mort (1re partie), premier opus du diptyque qui doit conclure la saga du célèbre sorcier en herbe. C’est dire s’il était attendu par les fans qui se sentiront peut-être un peu frustrés de devoir attendre juillet 2001 pour assister à la fin du cycle. Le succès est toutefois d’ores et déjà assuré, le film ayant engrangé lors de son premier week-end d’exploitation aux États-Unis plus de trois millions de dollars !

Dans les salles dès le 24 novembre, il bénéficie également d’une sortie dans les salles du réseau IMAX, dont la technologie apporte une netteté et un champ de vision optimales, avec un son numérique bénéficiant d’une technique laser inédite. De quoi en prendre plein la vue et les oreilles.

Face à cette vague magique, Walt Disney a décidé de positionner le troisième film de sa franchise Le monde de Narnia, titré L’odyssée du passeur d’aurore. Il voit les trois jeunes protagonistes replonger dans cet univers de fantasy en péril, à bord d’un splendide vaisseau, accompagnés du roi Caspian et de la souris bretteuse Riptchip, à destination d’une île mystérieuse, peuplée de créatures fantastiques, le tout en 3D relief. Sortie : 8 décembre.

Des fêtes très animées
Comme le veut la tradition depuis des années, Disney sort en cette période son film d’animation annuel, en l’occurrence Raiponce, qui renoue avec un récit féerique adapté d’un conte des frères Grimm (Rapunzel) situé dans un monde médiéval, avec des numéros musicaux, ce qui ne s’était pas vu depuis des lustres. Raiponce est une princesse dotée d’une chevelure d’une vingtaine de mètres, qu’elle a dompté avec dextérité, protégée du monde extérieur par ses parents et sauvée de l’emprisonnement par un fringuant bandit. Elle va découvrir le monde à ses côtés, avec un humour dévastateur et quelques coups de poêle à frire à la clé...

Raiponce Projeté en relief dans les salles équipées, Raiponce a été particulièrement bien accueilli par la critique qui y a vu un discours féministe, sinon libertaire, sur un ton décapant ; une gageure pour le studio de la souris aux grandes oreilles. Dans les salles, le 1er décembre.

La concurrence va être rude pour les autres films d’animation qui sont pléthore en ce mois de décembre. Ainsi le principal challenger de Disney sur ce terrain, Dreamworks, sort également en relief Megamind le 15 décembre. Parodie des films de super héros, avec moult clins d’œil à Superman et Batman, le film est dans la lignée de Monstres contre Aliens, sorti l’an dernier. Deux extraterrestres munis de super pouvoirs grandissent sur Terre, l’un se consacrant au bien, l’autre au mal. Mais le second s’ennuie ferme une fois son ennemi vaincu et tente une reconversion qui ne se fera pas sans... mal.

Les productions plus modestes vont particulièrement avoir du fil à retorde pour s’imposer. Ainsi L’apprenti père Noël a pris les devants en sortant le 27 novembre. Dessin animé français à la facture traditionnel, il s’adresse aux plus petits, où un père Noël bientôt à la retraite doit trouver son successeur, le prétendant s’avérant des plus malhabiles. Les voix sont un atout de taille pour le film, puisque Line Renaud, Julie Gayet, Isabelle Mergault, Jean-Pierre Marielle et Lorant Deutsch se sont prêtés au jeu.

Plus modeste, mais avec la qualité à laquelle nous ont habitué Les Films du préau, Perdu ? Retrouvé ! sort la même semaine que Raiponce, le 1er décembre, et s’adresse comme L’Apprenti père Noël aux plus jeunes, avec un message écologique à la clé, un petit garçon rencontrant un pingouin qu’il décide de ramener chez lui. Ce film moyen métrage français est précédé de deux courts.

On ne pourra pas non plus passer à côté le 22 décembre des Chimpanzés de l’espace 2 qui se convertissent au relief, le contraire aurait étonné.  Enfin prêts pour partir en mission, la fusée de cette gent simièsque part toute seule dans l’espace, pas tout à fait seul quand même puisque le plus jeune d’entre eux a décollé dans le vaisseau. Comment faire pour le sauver ? Animation toujours, le 15 décembre, mais plus traditionnel, à la française, avec Une vie de chat, où un félin a une double vie, vivant le jour avec Zoé, la fille d’un policier, et la nuit avec un voleur qu’il guide sur les toits, jusqu’à ce que les choses s'enveniment…

Les martiens de Noël
La science-fiction n’est pas en reste pour ces fêtes, avec depuis le 1er décembre Monsters où des créatures extraterrestres monstrueuses débarquées accidentellement sur Terre sont confinés dans une zone géographique que doivent traverser un photographe et la fille de son patron. Marchant sur les traces de District 9, le film, réalisé avec un budget limité, prend comme prétexte la présence d’aliens pour évoquer le rapprochement dans l’adversité entre un homme et une femme qui ne se connaissent pas et qui vont se découvrir.

Plus classique, toujours dans le registre extraterrestre, Skyline voit le 15 décembre arriver sur Terre d’immenses vaisseaux au-dessus des grandes villes de la planète. De puissants rayons lumineux aspirent alors des milliers d’êtres humains à leur bord, provoquant la panique générale mais aussi l’organisation de la résistance. Un sujet qui n'est pas sans rappeler le roman Le Péril bleu de Maurice Renard. L’humanité est-elle condamnée à l’asservissement, voire à disparaitre ? Un thème classique mais dont la mise en images semble des plus spectaculaires grâce à des effets spéciaux des plus sophistiqués.

Action !
Johnny Depp et Angelina Jolie : 'The Tourist"Les thrillers seront également bel et bien sur les écrans pour les fêtes. Avec en premier lieu la belle affiche de The Tourist, le 15 décembre, où sont réunis Angelina Jolie, Johnny Depp, Paul Betamy et Timothy Dalton, le plus beau casting de cette fin d’année. Sans parler de Venise, cadre de l’action, où un touriste américain se voit manipulé par une belle agent d’Interpol qui le pousse à gruger un criminel avec lequel elle a eu une relation.

Toujours en provenance des Etats-Unis, Les trois prochains jours, de Paul Haggis (Collision), avec Russell Crowe qui voit son épouse accusée de meurtre. Convaincu de son innocence et après l’échec de plusieurs procès pour la faire sortir de prison, il décide d’organiser son évasion, le 8 décembre.

Hollywood est décidemment très présent sur les écrans en ce mois de décembre avec, encore, Machete, sans doute le film le plus déjanté de ces fêtes. Les spectateurs de Planète terreur se souviennent sans doute de la fausse bande-annonce qui précédait le film, où un mexicain dopé à l’adrénaline zigouillait tout sur son passage. Eh bien, c’est fait, le film est sur les écrans depuis le 1er décembre, avec aux commandes le pote de Quentin Tarantino, Robert Rodriguez assisté d’Ethan Maniquis. Machete est un ancien agent fédéral qui a raccroché les gants et qui se voit accusé d’un attentat politique. Décidé à retrouver son honneur et à dénoncer la corruption généralisée, l’incroyable Danny Trejo (jusqu’ici cantonné dans les seconds couteaux) prend le maquis, notamment face à Steven Seagal et Robert de Niro. On peut compter sur Rodriguez pour rondement mener l’affaire en débordant sur le politiquement incorrect et la parodie.

Face à cette  vague, la France fait de la résistance depuis le 1er décembre avec A bout portant, un polar qu’interprètent Gilles Lellouche, Roshdy Zem et Gérard Lanvin. Un infirmier voit sa femme enlevée avec comme ultimatum de faire sortir de l’hôpital où il travaille un repris de justice placé sous surveillance policière. Pris entre le grand banditisme et les forces de l’ordre, il n’a que trois heures pour sauver celle qu’il aime…

…et plus si affinité
Une soixantaine de films sortent en ce seul mois de décembre, c’est dire si la concurrence est rude, ce qui pousse notamment les Américains à ne pas présenter leurs productions à la presse (Skyline), ou de limiter les projections (Machete, The Tourist) par crainte de fuites ou de mauvaises critiques. C’est tout de même leur prêter beaucoup de pouvoir, alors que la critique n’a jamais fait le succès ou l’échec d’un film. Mais c’est une autre histoire.

Heureusement la tendance reste minoritaire, même si elle progresse et touche des films attendus.

Ce débat ne touche pas des films encore non cités mais parce qu’ils n’entrent pas dans des genres propices aux sorties cinéma de fin d’année. La France est particulièrement présente dans cette catégorie, puisque le film de genre n’est pas son fort.

Le premier d’entre eux, qui sort le 15 décembre, est sans doute Un balcon sur la mer, de Nicole Garcia, avec  Sandrine Kiberlain, Tony Servillo, Claudia Cardinale et Michel Aumont, un casting qui vaut le coup d’être cité quasi in extenso pour un sujet grave. Un homme marié à une liaison extraconjugale dans laquelle il croit reconnaître un amour préadolescent du temps où il habitait Alger, au moment des « événements ». Mais la jeune femme disparaît et d’aucuns disent qu’elle est morte. L’enquête commence…

Plus léger, Mon pote, où Marc Esposito creuse encore un peu plus, le 1er décembre, son sujet de prédilection, l’amitié, avec Edouard Baer et Benoît Magimel, où le patron d’un magazine automobile embauche un ex-braqueur qui purge une peine de prison, fan de son journal, avec à la clé un rapprochement inattendu entre les deux hommes.

Plus léger encore, une comédie à part entière, De vrais mensonges, avec Audrey Tautou, Nathalie Baye et Sami Bouajila qui conte, le 8 décembre, un imbroglio où une jeune femme manipule sa mère isolée et triste, à partir d’une lettre d’amour anonyme. Une suite de quiproquos s’ensuit qui vont dépasser les objectifs de chacun.

Les sentiments sont encore à l’ordre du jour, le 22 décembre, dans Les Emotifs anonymes, avec Benoît Poelvoorde et Isabelle Carré, où deux chocolatiers hyper émotifs voient leur timidité maladive entraver leur amour, jusqu’à ce qu’ils subliment leur handicap.

Le cinéma hors frontières n’est pas étranger dans ces films qui n’entrent pas foncièrement dans le cadre des films de fêtes. Ainsi Alamar, sorti le 1er décembre, magnifique docu-fiction, où le père d’une famille éclatée fait découvrir son pays d’origine, au bord d’une des plus grandes barrières de corail au Mexique, en lui faisant prendre conscience l’implication de l’environnement naturel sur le mode de vie. Magnifique.

Enfin, le 22 décembre, la cerise sur la gâteau, An another Year, de Mike Leigh (Secrets et mensonges), projeté en compétition à Cannes cette année et malheureusement ignoré du palmarès, notamment pour ses interprètes, Jim Broadbent, Lesley Manville et Ruth Sheen. Une chronique anglaise, où un vieux couple, au fil des quatre saisons, déploie amour et réconfort autour de lui, mais aussi joie et peine, constate la solitude autour de lui, une naissance et la mort. Un message d’humanité et d’humanisme absolument incontournable. Peut-être le meilleur film de son auteur : bonnes fêtes !

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